BridgeCity transforme un site ferroviaire en quartier mixte à Bruxelles (DDS+ & Silhouet architects)
Le projet BridgeCity prévoit la reconversion d’un site d’environ 74 ares situé entre la rue François-Joseph Navez et les infrastructures ferroviaires, à Bruxelles-Ville, en limite de Schaerbeek. Porté par citydev.brussels en tant que maître d’ouvrage délégué, il vise la création d’un quartier mixte associant logements, activités économiques, équipements publics et commerce. Attribué à l’issue d’une procédure Design & Build, le projet est développé par le consortium Kairos S.A. et Belfius Immo S.A., en tant que promoteurs, sur une conception des bureaux DDS+ et Silhouet architects. Le lancement du chantier est actuellement envisagé pour janvier 2027.
Implanté à la jonction d’un tissu urbain dense et d’une plaine ferroviaire, le projet s’inscrit dans la requalification d’un site hétérogène marqué par un passé industriel. Il constitue un point d’articulation entre la rue Navez, le boulevard Lambermont et les voies ferrées, et bénéficie d’une bonne accessibilité, notamment grâce à la proximité de la gare de Schaerbeek et à un réseau de transports en commun développé.
UN PROGRAMME MIXTE STRUCTURÉ PAR LA SUPERPOSITION DES USAGES
Le projet développe un programme de densité intermédiaire articulé autour de plusieurs fonctions. Il comprend 42 logements acquisitifs réalisés par citydev.brussels, 40 logements sociaux portés par la SLRB et le Logement Bruxellois, environ 4 000 m² dédiés aux activités économiques, 385 m² d’équipements publics pour la SISP Logement Bruxellois ainsi qu’un commerce ALDI d’environ 2 000 m². Des espaces extérieurs complètent l’ensemble.
La composition du projet repose sur une organisation verticale des fonctions. Les logements acquisitifs sont implantés au-dessus de la surface commerciale, tandis que les logements sociaux prennent place au-dessus des équipements publics. Les aménagements extérieurs sont différenciés selon les programmes, avec un jardin sur la toiture du commerce pour les logements acquisitifs et un jardin de plain-pied pour les logements sociaux. Une placette verdurisée relie les différentes entités du site. Deux parkings souterrains distincts sont également prévus.
En accueillant plusieurs fonctions, superposées de manière stratégique, ce nouveau lieu génère des espaces de cohésion sociale tout en permettant une interconnectivité optimale et une gestion fluide des flux.
UNE APPROCHE CENTRÉE SUR LA CIRCULARITÉ
Le projet intègre des principes d’économie circulaire, notamment à travers la valorisation des matériaux issus de la déconstruction dans des filières de réemploi ou d’upcycling. Le recours au réemploi in situ est privilégié lorsque les conditions techniques le permettent.
L’ancienne station électrique située au 110 rue François-Joseph Navez est conservée et transformée pour accueillir des activités économiques et des équipements. Les bâtiments sont conçus selon des principes de réversibilité, afin de permettre leur adaptation dans le temps. Les choix constructifs privilégient la préfabrication, l’utilisation de matériaux standardisés et le recours à des filières locales.
La démarche vise à limiter les impacts environnementaux liés aux déchets, aux émissions et aux transports. Une attention particulière est portée à la gestion des ressources, le choix des techniques constructives et à l’organisation du chantier.
UNE INSERTION URBAINE ENTRE CONTINUITÉ ET TRANSFORMATION
Le projet s’appuie sur une composition volumétrique qui assure une transition entre le tissu urbain existant et l’ouverture du paysage ferroviaire. Les variations de gabarits et l’intégration du végétal contribuent à une perméabilité visuelle à l’échelle de l’îlot.
La conception valorise plusieurs éléments hérités du site, notamment les bâtiments de l’ancienne station électrique et la silhouette des sheds industriels. Le projet prévoit également la réutilisation d’un graffiti de l’artiste Sozyone. Les façades, traitées en différentes déclinaisons de la brique, participent à l’identité architecturale de l’ensemble.
Un espace végétalisé central structure les usages collectifs et participe à la régulation microclimatique. Les ouvertures visuelles vers le Domaine Royal, l’église de Laeken et le skyline du quartier Nord renforcent l’ancrage du projet dans son environnement.
DES OCCUPATIONS TEMPORAIRES COMME PHASE DE TRANSITION
Avant sa reconversion, le site a accueilli plusieurs occupations temporaires visant à activer les lieux et à limiter les effets de la vacance. Cette démarche s’inscrit dans un quartier en transformation, marqué par l’arrivée récente de logements et de commerces de proximité.
Une première occupation a consisté en l’installation de deux logements modulaires en bois dans le cadre de la campagne « 400 Toits ». Porté par Infirmiers de Rue et la Fondation Habitat et Humanisme, ce dispositif a permis d’héberger des personnes sans-abris pendant plus de deux ans.
Par la suite, un bâtiment adjacent a été occupé par l’ASBL Underground, qui héberge et accompagne entre 15 et 20 personnes migrantes. Le site a également été utilisé comme espace extérieur et lieu de rencontre, notamment à travers des activités sportives ponctuelles.