Dans ce deuxième article de notre dossier sur l'impression 3D, nous verrons qu'imprimer en 3D est utile et parfois nécessaire. Quels concepteurs utilisent déjà cette technologie et pour quoi faire ? Quels en sont les avantages et les possibilités ? Est-ce vraiment l'avenir ? En suivant des utilisateurs et des experts, nous comprendrons pourquoi l'impression 3D est en train de conquérir le monde.
Comme nous l'évoquions dans la première partie de ce dossier, les imprimantes 3D connaissent une multitude d'applications. Pas étonnant donc que les architectes tirent également parti de cette technologie. Fini de jouer avec de la colle et du carton pour bricoler une maquette, celle-ci est désormais imprimée en une fois.
De grands bureaux internationaux d'architecture possèdent leur propre imprimante 3D. Les plus petits bureaux peuvent s'adresser à des sociétés spécialisées. Goedhart Repro en est une. Elle imprime les projets d'architectes, d'ingénieurs et d'entreprises de construction sur son imprimante 3D industrielle Z650. « Le secteur de la construction peut profiter de cette technologie, » explique Bart Vilain, 3D Production Manager chez Goedhart Repro. « Avec un modèle en 3D, les clients se rendent mieux compte du projet : un grand avantage pour les architectes et l'équipe de construction, mais aussi pour les promoteurs et les acheteurs potentiels. »
Approche pratique
« Les impressions 3D offrent une nouvelle manière de présenter, » affirme Geerten Vester, Manager commercial de Goedhart Repro. « Nos clients peuvent ainsi expliquer des problèmes ou des constructions complexes à leurs collègues, mais sont aussi en mesure de présenter agréablement le projet à leurs propres clients. »
L'impression 3D est un mélange d'artisanat et de production industrielle. Le projet, la préparation et la finition sont menés de façon spécialisée et manuelle, tandis que le processus de production se déroule avec la précision de la technologie la plus moderne. L'impression en elle-même est une succession de couches grâce à laquelle un objet est construit en poudre céramique. Ensuite, la poudre est durcie au moyen d'une sorte de colle forte.
« Les possibilités de notre technologie céramique sont vastes, mais pas infinies, » explique Bart Vilain. « Nous ne pouvons pas toujours réaliser les plus petits détails d'un projet. Trop petits, ils cassent. Trop gros, ce n'est pas beau. Il faut chaque fois rechercher un équilibre entre les souhaits du concepteur et les possibilités de la technologie.»
Pour trouver cet équilibre, la société consulte abondamment le client. Lors d'un entretien de démarrage, Goedhart Repro pose différentes questions au client afin d'obtenir une idée complète du projet. Ensuite, un modèle 3D est réalisé, qui est finalement imprimé. « Avant de pouvoir imprimer, nous devons le plus souvent modifier fortement le projet original. Il s'agit d'adapter l'épaisseur et donc la rigidité des pièces, » précise Geerten Vester.
Nombreuses possibilités
Comme l'impression 3D n'est pas liée à un seul type d'imprimante, la technologie est flexible. Cette souplesse porte ses fruits. Différentes sociétés - pas uniquement dans le secteur de la construction - utilisent la technologie pour améliorer leurs produits. Ainsi, des bijoutiers réalisent les plus folles créations, tandis que des entreprises du secteur des loisirs s'y mettent également.
Par exemple NextReef, une société qui produit du matériel d'aquariophilie, utilise désormais une imprimante 3D comme aide au processus de création. Le blogueur Mad Scientist Coral a pu ainsi imprimer son propre écumeur, un appareil qui élimine les protéines et autres déchets pour purifier l'eau de l'aquarium.
Constructeurs automobiles et aéronautiques mènent différentes expérimentations avec la technologie. Selon Lockheed Martin, les éléments constituant un satellite pourraient être rendus plus petits et légers grâce aux imprimantes 3D, ce qui engendrerait des économies à la fois pour la société et les pouvoirs publics.
Même les créateurs de mode peuvent profiter de cette technologie. On a ainsi vu la danseuse burlesque Ditta Von Teese dans une robe noire, faite d'une trame de morceaux de plastique. Les créateurs Michael Schmidt et Francis Bitonti ont présenté au monde cette impression en février 2014.
Nécessité
Il semblerait presque qu'il soit devenu nécessaire d'utiliser une imprimante 3D dans tout processus de production. Et c'est peut-être bien le cas. Bien qu'il existe plusieurs technologies capables de fournir un résultat similaire, il n'y en a qu'une qui peut le faire avec un tel rapport coût-efficacité. "L'impression 3D représente assurément l'avenir, mais pour le moment cela reste encore relativement limité", nuance Peter Leroy, architecte associé chez Stramien. "Le concept est pratique et reproductible, mais le prix est encore un peu élevé." Pourtant, le prix de revient de l'impression 3D est plusieurs fois inférieur à celui des moulages par injection.
Les alternatives telles que la construction classique d'une maquette sont en effet moins coûteuses, mais restent limitées quant à leur complexité. « Une impression 3D peut par contre être aussi complexe que souhaité, » affirme Bart Vilain. « Avec la technologie dont nous disposons aujourd'hui, on peut réaliser des choses qu'il était impossible de faire aupararant. L'impression 3D est la prochaine grande étape dans la création et le processus de production. »
Le fait que les coûts sont encore relativement élevés est selon Goedhart Repro une question de temps : « Il est vrai que les imprimantes et les matières premières sont encore trop chères pour le particulier et les plus petites entreprises, mais au plus la technologie fera d'adeptes, au plus vite les coûts baisseront. »
Ce qui lèvera les dernières barrières pour l'impression 3D.
Goedhart Repro est présent au salon I Am Architect le 19 juin à Gand. L'impression 3D y sera visible en démonstration continue.