Entre coulisses et chambre : une garçonnière comme décor de film au Salone del Mobile

Lors de la Milan Design Week 2026, le designer belge Elias Van Orshaegen et l’architecte d’intérieur Maarten Van Meerbeeck présentent GARÇONNIÈRE, une installation à dimension cinématographique qui prend place dans un bâtiment historique situé Via San Maurilio 14. Le projet explore la manière dont mobilier, architecture et scénographie peuvent fusionner en une expérience continue. Ce n’est pas l’objet en tant que tel qui prime, mais l’espace dans sa globalité.

L’installation s’inspire de la garçonnière historique, un pied-à-terre discret où la bourgeoisie échappait à la logique formelle de la résidence principale. Ce contexte de liberté et d’intimité constitue le point de départ d’une interprétation contemporaine. Elias Van Orshaegen et Maarten Van Meerbeeck ne traduisent pas ce type de manière littérale, mais l’utilisent comme cadre pour concevoir un espace où l’expérimentation et la personnalité dominent.

UN INTÉRIEUR COMME SCÈNE

Le visiteur pénètre d’abord dans une sorte de coulisses, où la construction de l’installation reste visible. Matériaux bruts, parois inachevées et éléments structurels dévoilent le squelette de l’espace. Dans cette zone de transition, les meubles apparaissent comme des entités autonomes, oscillant entre prototype et objet abouti.

À partir de ce cadre brut, l’intérieur proprement dit se déploie progressivement. La transition ne constitue pas une rupture, mais un processus continu dans lequel l’espace se construit. Ce qui semblait fragmenté acquiert progressivement cohérence et direction. Le visiteur devient ainsi à la fois spectateur et participant à l’émergence de l’espace.

UNE ARCHITECTURE SOUPLE ET RYTHMÉE

Le cœur de l’installation est constitué d’une garçonnière entièrement mise en scène. Les lignes rigides y cèdent la place à une architecture souple faite de textiles tendus qui modifient la géométrie de l’espace. L’atmosphère devient prépondérante : diffuse, stratifiée et légèrement théâtrale.

La référence à Les Palmiers de Jean Dunand se ressent dans le rythme et le caractère enveloppant de l’espace, sans verser dans une reconstitution historique. Il en résulte une interprétation contemporaine où textile, lumière et matérialité tactile définissent l’ambiance. L’espace se lit davantage comme une atmosphère que comme une pièce.

LE MOBILIER COMME ACTEUR

Dans cet environnement, le mobilier n’apparaît pas comme une série d’objets isolés, mais comme des éléments actifs au sein d’une composition. Un bureau, une console, des luminaires, des éléments muraux, une méridienne et un tapis participent à l’organisation de l’espace. Leur position et leurs relations mutuelles sont aussi déterminantes que leur forme.

Les nouvelles créations de Van Orshaegen, complétées par des pièces conçues avec Van Meerbeeck, mettent en avant la matérialité et le savoir-faire. Chêne massif, acajou, aluminium coulé, soie et laine sont utilisés pour créer contrastes et nuances. Chaque élément contribue à l’atmosphère sans s’imposer.

UNE PREMIÈRE COLLABORATION

GARÇONNIÈRE marque la première collaboration d’envergure entre les deux créateurs. L’approche sculpturale du mobilier de Van Orshaegen et la pratique narrative de l’architecture intérieure de Van Meerbeeck convergent dans un projet difficile à catégoriser. Il se situe entre exposition, installation et intérieur.

En structurant l’espace comme une succession d’« actions », l’attention se déplace de l’objet vers l’expérience. Le mobilier n’est pas présenté de manière isolée, mais intégré dans un ensemble cohérent. L’installation propose ainsi une autre manière de regarder, davantage centrée sur les relations entre les éléments et leur interaction.

Source Club Paradis

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