Le gouvernement bruxellois a donné le coup d'envoi d'une alliance publique-privée destinée à accélérer la rénovation énergétique du bâti dans la capitale. D'ici 2024, plus de 350 millions d'euros publics seront investis dans la stratégie à mettre en œuvre pour approcher la neutralité carbone à l'horizon 2050. Baptisée « RENOLUTION », cette stratégie vise un niveau moyen de performance énergétique de 100 kWh/m²/an pour les logements bruxellois et la neutralité énergétique des bâtiments tertiaires en 2050, soit une consommation moyenne divisée par 3 ou 4 par rapport à la situation actuelle.
Le bâti bruxellois est en grande partie obsolète et énergivore. 56% des émissions bruxelloises de gaz à effet de serre proviennent des bâtiments, soit deux fois plus que les transports. La Région a donc adopté sous la précédente législature une ambitieuse stratégie de rénovation, mobilisant désormais l’ensemble des outils publics, mais aussi privés : secteur de la construction, secteur financier, secteur associatif et interlocuteurs sociaux s’allient pour mettre en œuvre, ensemble, des solutions efficaces.
Un chantier d’envergure et une révolution globale
Il s’agit d’un défi gigantesque et, en même temps, d’une fabuleuse opportunité pour Bruxelles. Tous les enjeux de la rénovation seront abordés : financement et fiscalité, simplification administrative et urbanistique, accompagnement, durabilité et économie circulaire, patrimoine et qualité architecturale, qualification des corps de métier, innovation, transition solidaire. La mise en œuvre de la nouvelle stratégie sera soigneusement étudiée de manière à ne laisser personne sur le carreau. Par exemple, les primes à la rénovation de l’habitat, les primes à l’embellissement des façades et les primes Énergie seront refondues dans un nouveau système global de primes, afin d’en faciliter l’accès dès le 1er janvier 2022. Un guichet unique sera mis en place pour toutes les démarches de rénovation. De nombreuses formes d’accompagnement sont prévues.
Résidentiel : propriétaires, locataires, copropriétés… tous concernés
Chaque public-cible – y compris les locataires qui voudraient entreprendre des démarches – aura accès à un accompagnement sur mesure et un soutien financier. Les travaux à entreprendre dans les logements collectifs seront identifiés tant au niveau de l’appartement que de l’immeuble. Toiture, façade et autres parties communes feront l’objet d’une certification spécifique préalable et la copropriété sera chargée de la mise en œuvre de ces travaux. Comme 40% des logements bruxellois sont gérés en copropriété et que les travaux y sont plus complexes, les copropriétés bénéficieront d’un dispositif spécifique d’accompagnement.
Tertiaire : neutralité énergétique d’ici 2050
L’ambition sera encore plus grande pour le secteur tertiaire, en visant des bâtiments neutres en énergie d’ici 2050. Les bâtiments publics, comme les bureaux, les centres sportifs, les écoles ou encore les crèches, devront même être exemplaires en tendant vers la neutralité carbone avant 2040. Le programme RENOClick sera mis en œuvre dès 2021 par Sibelga avec Bruxelles Environnement pour accompagner les pouvoirs publics dans cette transition.
Formation et emploi
Face à l’amplification de la demande de rénovation, il est essentiel qu’il y ait une offre suffisante et de qualité. La collaboration entre le secteur public et le secteur de la construction pour stimuler la formation et l’emploi est l’un des enjeux prioritaires de RENOLUTION. Construcity.Brussels, le Pôle Formation Emploi Construction sera officiellement créé avant l’été. Rappelons que le programme Build Circular.Brussels a quant à lui été lancé fin 2020. Son objectif est d’accompagner les entreprises et de former les entrepreneurs actifs sur le territoire aux principes de la construction circulaire. Une étude menée par Bruxelles Environnement estime d’ailleurs que les budgets prévus par cette RENOLUTION devraient mener à la création d’environ 8000 emplois non-délocalisable à terme.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.renolution.brussels