Réemploi à fort impact : des cloisons amovibles circulaires mises en œuvre à grande échelle dans The Nucleus
Au Tech Lane Ghent Science Park, sur le campus Eiland Zwijnaarde, The Nucleus se développe comme un bâtiment d’entreprises et de rencontre résolument tourné vers l’avenir, d’une superficie d’environ 13.000 m². Porté par une SPV réunissant la POM Oost-Vlaanderen, l’Université de Gand, PMV et Sogent, le projet conjugue flexibilité, durabilité et conception orientée vers l’adaptabilité, avec une ambition BREEAM « Very Good ».
Pour la réalisation des cloisons amovibles, une collaboration a été engagée avec Beddeleem, qui a privilégié, via son programme circulaire, un recours maximal au réemploi des systèmes de cloisons. L’entreprise a été impliquée dès les premières phases, la circularité étant intégrée comme principe structurant du processus de construction. Le temps consacré à l’identification d’une correspondance optimale entre l’offre disponible et les besoins spécifiques du projet a constitué un levier déterminant.
70 % DE RÉEMPLOI
Au total, 1.033 m² de cloisons JB 2000 Full issues de l’offre REuse ont été installés dans The Nucleus, complétés par 86,71 m² de JB 2000 Frame et environ 900 m² de planchers surélevés. Près de 70 % des cloisons mises en œuvre sont ainsi constituées de composants réemployés. Les portes, en revanche, ont été fabriquées neuves afin de satisfaire aux normes de passage applicables aux environnements de laboratoire. L’ensemble s’intègre de manière homogène, illustrant la modularité du système JB 2000.
Les cloisons récupérées ont connu une première vie dans quatre autres projets, dont le projet bruxellois Waterside, où un immeuble de bureaux a été transformé en école. Les éléments qui n’ont pas pu y être réutilisés ont été soigneusement démontés, transportés vers le site de production de Beddeleem à Nazareth-De Pinte, contrôlés, nettoyés et, si nécessaire, adaptés aux nouvelles exigences techniques.
Le réemploi ne s’est pas limité aux panneaux pleins. Des modules vitrés ainsi qu’une grande partie de l’isolation ont également été récupérés. Même le plancher surélevé du premier étage a été réalisé à partir de dalles réemployées, fournies par l’entrepreneur général Algemene Bouw Maes.
CONCEVOIR EN FONCTION DU RÉEMPLOI
La construction durable commence dès la phase de conception, et ce projet ne fait pas exception. Le concept architectural développé par EVR-architecten, en collaboration avec VK architects+engineers et Exilab, repose sur une trame flexible de 7,2 x 7,2 mètres et sur une structure démontable organisée en couches successives.
« Pour les cloisons amovibles, nous avons opté pour des modules superposés d’environ 2,30 mètres de hauteur. La largeur modulaire standard de 1,20 mètre a été adaptée à 1,07 mètre afin d’intégrer au mieux les matériaux de réemploi disponibles. Grâce à cette largeur standardisée et au maintien du module inférieur à une hauteur constante, les éléments restent interchangeables entre différents niveaux et zones », explique Anne De Coninck, Sustainability Officer chez Beddeleem.
L’environnement de laboratoire imposait des exigences spécifiques, notamment une largeur de porte de 1,08 mètre, ce qui rendait impossible le réemploi des portes existantes. Les nouvelles portes ont toutefois été conçues de manière modulaire, en anticipant un futur réemploi.
UN IMPACT MESURABLE
Le choix du réemploi a permis de réduire significativement l’impact environnemental. « Pour une cloison pleine standard, le réemploi des panneaux en bois et de l’isolation entraîne une diminution de 57 % de l’impact environnemental. Pour les modules vitrés, cette réduction peut atteindre 88 % », indique Miguel Deroo, Sustainability Specialist chez Beddeleem. Ces données démontrent que les cloisons amovibles circulaires contribuent de manière substantielle à la performance écologique globale du bâtiment.
LOGISTIQUE ET COLLABORATION COMME FACTEURS DE RÉUSSITE
La construction circulaire dépasse la seule dimension technique et implique également une organisation logistique rigoureuse. « Les matériaux issus de différents sites ont dû être inventoriés, démontés, transportés puis réassemblés dans une nouvelle configuration. Une difficulté supplémentaire est apparue lorsque les exigences acoustiques ont été renforcées tardivement dans le processus. Nous avons alors optimisé l’isolation acoustique de certaines cloisons au sein de notre système modulaire », précise Anne De Coninck. « L’isolation de réemploi déjà livrée a heureusement pu être valorisée dans un autre projet intégrant lui aussi des exigences de réemploi. »
L’implication précoce de l’ensemble des parties prenantes, maître d’ouvrage, équipe de conception, entrepreneur et sous-traitants, a permis d’aligner ambitions circulaires, contraintes budgétaires et planning. The Nucleus démontre ainsi que le réemploi à grande échelle peut parfaitement s’articuler avec des exigences techniques élevées.
Pour les architectes et les professionnels de la construction, l’enseignement est clair : intégrer les principes circulaires dès la conception et la coordination permet de réaliser des bâtiments performants aujourd’hui, tout en les préparant à un cycle de vie ultérieur.