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13 mei 2015 | TIM JANSSENS

Nouveau siège de Bruxelles Environnement : Icône passive sur structure ouverte

Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel
Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel
Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel
Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel
Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel
Photos : Bernard Boccara / CSM / Hafkon / Infosteel

On peut qualifier les nouveaux bureaux de Bruxelles Environnement (anciennement IBGE) de perle architecturale. Le projet traduit de nombreuses contraintes et exigences – climatisation intelligente, accessibilité, compacité, fonctionnalité, valeur d’icône, …– en un bâtiment transparent qui demande à être découvert plus en profondeur. A l’intérieur, une structure mixte acier et béton est synonyme d’ouverture sans égale.

Bruxelles Environnement se devait de montrer l’exemple en matière d’écologie et de durabilité. L’ancien bâtiment de l’IBGE laissant à désirer tant en terme de localisation que de performance énergétique, il fut décidé de construire un tout nouveau complexe passif qui profiterait de la situation idéale du site de Tour & Taxis. Le projet fut confié au bureau  hollandais cepezed, dont la première tâche fut de développer un concept écologique de qualité. Ce qui fut fait avec succès, en témoigne le certificat BREEAM Excellent attribué par la suite. La construction passive étant devenu la norme depuis cette année en région bruxelloise, Bruxelles Environnement montre avec ce projet l’exemple à suivre.

 

Façades et toiture hors du commun

Le nouveau bâtiment de Bruxelles Environnement est le plus grand immeuble de bureaux passif en Belgique. Pour pouvoir répondre aux normes strictes du passif, le bâtiment a été conçu extrêmement compact. La surface de façade est relativement restreinte, ce qui génère moins de pertes thermiques. La toiture bombée vient rejoindre la façade largement vitrée de façon quasi invisible. « Les exigences de durabilité auxquelles nous devions satisfaire ont en grande partie déterminé le projet », raconte l’architecte Jan Houtekamer (cepezed). « Bien qu’elles contiennent beaucoup de verre, les façades contribuent de façon importante à l’isolation et l’étanchéité à l’air de l’ensemble. Les bandes de triple vitrage alternent en effet avec des bandes de panneaux sandwichs noirs super isolants. Ceux-ci sont faits d’une enveloppe extérieure et intérieure en acier enfermant un cœur de laine de roche. Ils sont ancrés dans des profilés en aluminium extrudé. Sur les façades avant et arrière, les plaques d’acier alternent avec des panneaux photovoltaïques et une large bande de verre au-dessus de l’atrium. »

L’intégration de la toiture avec les façades donne au bâtiment de Bruxelles Environnement une apparence unique. Le montage est également assez particulier, explique Ed Muris, du spécialiste en toiture Hafkon: « Généralement, le toit se limite à un système à joint debout mais, dans ce cas, des tôles d’acier galvanisé émaillé (RAL 9005) ou des panneaux photovoltaïques ont été fixés par-dessus. L’intervalle bien ventilé qui en découle protège le bâtiment et les panneaux photovoltaïques contre la surchauffe estivale. Sur les bords de la couverture à joint debout, nous avons placé une structure de soutien qui fait office de structure portante pour la construction supérieure. D’un point de vue esthétique, cela donne très bien : les tôles d’acier noires sont dans la même ligne que les façades rideaux. Par ailleurs, plusieurs gouttières cachées ont été intégrées à la couverture à joint debout. »

 

Transparence et ouverture

Le bâtiment est aussi très spécial à l’intérieur. Comme le complexe de Bruxelles Environnement doit être une vitrine de l’innovation écologique, il était important qu’il devienne une icône, un volume attirant non seulement très reconnaissable mais aussi puissant. « Bruxelles Environnement place très haut les valeurs de transparence et d’ouverture », explique Jan Houtekamer. « L’institution souhaite impliquer les Bruxellois de façon maximale dans ses activités. Son bâtiment invite et impressionne à la fois. Cela se marque également à l’intérieur du bâtiment. Dès l’entrée, on arrive dans un vaste atrium entouré de verre. La partie publique du bâtiment comprend les deux premiers niveaux, avec, de part et d’autre de l’imposant hall d’entrée, notamment un auditorium, un centre d’accueil des visiteurs, une médiathèque, des salles de réunions, un restaurant et un espace d’exposition avec de grandes cloisons transparentes. Par-dessus, les ailes de bureaux sont reliées entre elles du côté nord du bâtiment, décrivant un U pour enlacer l’atrium. Les planchers des ailes du côté droit se déploient en cascade jusqu’au niveau supérieur, reliés par des escaliers créant un parcours attrayant. »

Tout cela rend la structure du bâtiment de Bruxelles Environnement très ouverte. Toutes les composantes du bâtiment sont en contact visuel entre elles et baignées de lumière naturelle. Cela est en grande partie dû au système constructif du bâtiment. « La structure combine l’acier et le béton : une ossature métallique (colonnes et poutres en acier) remplie d’éléments de plancher préfabriqués en béton et de murs en béton coulé sur place », poursuit Jan Houtekamer. « L’acier assure la portance, tandis que le béton stabilise l’ensemble. L’ossature métallique a été laissée apparente en grande partie et contribue, avec sa couleur blanche, à la transparente et à la légèreté de la construction. Il s’agit là d’une donnée importante de notre architecture : les éléments que nous utilisons doivent remplir autant de fonctions que possible. Le choix de l’acier découle du caractère durable du bâtiment. D’une part, l’acier se prête très bien à la construction préfabriquée, avec tous les avantages de cette dernière. De très nombreux éléments de construction ont pu être fabriqués en atelier pour être ensuite montés sur le chantier rapidement, avec précision et sans craindre les intempéries. D’autre part, la construction métallique est entièrement réutilisable au cas où le bâtiment devrait être démoli. »

 

Tempérament d’acier

L’impressionnante structure métallique du bâtiment de Bruxelles Environnement mérite quelques explications supplémentaires. Au total, ce ne sont pas moins de 900 tonnes d’acier S355 qui ont été utilisées. Joost Coolen, du constructeur métallique CSM, explique en détail la composition de la structure : « Il s’agit d’un mélange de toutes sortes d’éléments de différentes longueurs et épaisseurs. La construction principale pour les planchers et les ailes latérales est faite de colonnes tubulaires (diamètres 219, 273, 355 et 457 mm, épaisseur de paroi 10 mm). Celles-ci soutiennent principalement des poutres SFB, soit des profilés en H en dessous desquels une tôle de 15 ou 25 mm est soudée. En outre, un certain nombre de poutres tubulaires (apparentes) ont été utilisées pour les façades latérales. Les poutres SFB comprennent les profilés suivants : HEB 260, HEM 240 et HEM 280. Nous avons soudé des coquilles dans les poutres pour prolonger la forme ronde des colonnes, de telle sorte que la structure métallique ne forme qu’un ensemble dans lequel les forces sont transmises de manière optimale. Le plateau supérieur et la semelle des colonnes ont été fraisés après fabrication pour garantir un parallélisme parfait et un contact entier avec les poutres. »

Tous les éléments sont traités contre l’incendie avec Steelguard 562 (résistance au feu 1 heure, construction hors-sol) et Steelguard 564 (résistance au feu 2 heures, uniquement pour les colonnes, les poutres et l’ascenseur dans les caves). Cela s’est fait en partie en atelier en en partie sur chantier. Le système de peinture complet satisfait aux exigences BREEAM (limitation des Composés Organiques Volatiles).

Le toit de l’atrium rend ce projet vraiment particulier. Il est pratiquement entièrement composé de poutres creuses pliées qui viennent rejoindre les poutres creuses verticales des façades nord et sud. « A certains endroits, elles sont d’assez grande taille (500x200 mm pour la façade sud ou 400x300 mm pour la couverture de l’atrium), ce qui n’est pas si évident », insiste Joost Coolen. « De plus, le verre plié à froid est fixé directement sur notre structure en acier, sans l’aide d’une structure porteuse en aluminium. Avec les poutres creuses pliées, c’était vraiment un défi, parce qu’il n’y avait pas vraiment de marges de tolérance. Autrement dit, nous devions travailler avec une grande précision. Le montage de la structure a pris environ sept mois. Mais le résultat est là : l’acier joue un rôle majeur dans le bâtiment, le style en prime.”