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18 november 2015 | ARCHITECTURA.BE

Table ronde : "Il manque aux architectes une conscience spatiale" (part II)

Kristine Verachtert (Ruimtelijk Beleid stad Leuven) s’adresse à Paul Vermeulen (De Smet Vermeulen architecten) et au modérateur Rik Neven.
Anne Malliet (Team Vlaams Bouwmeester): “Nous devons essayer de montrer que la poursuite de la fragmentation et de l’extension de de l’agglomération est une forme de suicide économique. »
Dans le débat autour d’une utilisation durable et efficace de l’espace, on a analysé entre autres choses l’aménagement du territoire et le rôle que les architectes peuvent ou doivent y jouer.
Leo Van Broeck (BOGDAN & VAN BROECK): "L’architecte a un double visage. Il a été durant deux siècles complice d’une fragmentation excessive. »
Lieven Achtergael (Architecten Achtergael): “La densification doit surtout être faite d’une bonne manière. La plupart du temps on accorde trop peu d’importance à l’espace public ».

À l’occasion de la Journée de l’Architecture 2015, le VAI (Institut flamand pour l’architecture) et Architectura ont organisé ensemble une série de tables rondes autour de quelques thèmes d’actualité. Lors du débat autour de l’utilisation durable et efficace de l’espace, Leo Van Broeck (BOGDAN & VAN BROECK), Lieven Achtergael (Architecten Achtergael), Paul Vermeulen (De Smet Vermeulen architecten), Anne Malliet (Team Vlaams Bouwmeester) et Kristine Verachtert (Ruimtelijk Beleid stad Leuven) ont analysé entre autres choses l’aménagement du territoire en Flandre et le rôle que les architectes peuvent ou doivent y jouer. Voici la deuxième partie du reportage sur cette intéressante table ronde.

Comment évaluez-vous l’aménagement du territoire en Flandre ? Une architecture de qualité peut-elle encore offrir une solution ?

Leo Van Broeck : Certainement, et de plus beaucoup plus facilement que nous le pensons. Tous les problèmes écologiques et climatologiques que nous avons maintenant sont une conséquence d’une utilisation du sol fautive et anthropocentrée. La bonne biodiversité est introuvable. Rétrécir et rendre les sols libres est essentiel pour la survie de notre planète. Donc si vous densifiez quelque part, vous devez immédiatement prévoir une surface équivalente qui est uniquement destinée à la nature. En Flandre, c’est actuellement le cas pour 2% de notre espace, et cela devrait l’être pour 25 à 30 pour cent. Cela paraît une utopie, mais en fait cela exige seulement un petit changement de mentalité. Nous rendons à la nature les parcelles sans plus-value et nous utilisons tout simplement beaucoup mieux les parcelles intéressantes qui se situent par exemple près des nœuds multimodaux de transports publics. Détruisez les villas des années 70 et prévoyez sur ces surfaces dix logements en rangée et une jolie tour de logements avec vingt appartements – un petit Mont-Saint-Michel, pour ainsi dire. La valeur du sol des parcelles intéressantes va se situer trente fois plus haut, et cela est largement suffisant pour exproprier les propriétaires des sols utilisés inefficacement.

 

Kristine Verachtert : C’est une piste de réflexion intéressante. Le problème se situe surtout sur le plan des outils : Les droits de développement négociables sont contraires au droit de propriété qui est inhérent à notre culture, ce n’est donc pas simplement transposable. Densifier autour des gares n’est pour le moment absolument pas un problème – vous pouvez le régler via l’établissement d’un RUP (ruimtelijk uitvoeringsplan = plan d’exécution spatial). Mais exproprier un terrain ‘inutile’ et le rendre non-développable est dans notre système actuel quasiment impossible. Des opérations d’échange pourraient peut-être encore se faire, mais si nous voulons appliquer les mêmes corrections dans toute la Flandre, nous avons besoin d’instruments pour filtrer ces parcelles fautives en masse. Et il n’y en a pas pour le moment.

 

Leo Van Broeck : Le gouvernement devrait pourtant prendre des mesures d’urgence, parce que ce modèle peut aussi être intéressant pour lui. La fragmentation spatiale progressive rend l’entretien de l’infrastructure existante toujours plus intensive – pensez au nombre de kilomètres d’égouts qui attendent réparation ou rénovation. Si vous densifiez et réduisez en même temps intelligemment, vous avez besoin de beaucoup moins d’infrastructure pour beaucoup plus de surface de logement (voiries, égouts,  impétrants…). Le gouvernement pourrait en d’autres termes économiser beaucoup sur les coûts récurrents. Un réagencement intégral de notre espace public prendrait approximativement trente à quarante ans à réaliser (période d’amortissement des immeubles, dosage des bonus habitation, dosages des subsides en fonction de la localisation…), mais cela signifierait une énorme amélioration sur tous les plans.

 

Anne Malliet : Nous devons en effet essayer de montrer que continuer à fragmenter et étendre l’agglomération est une forme de suicide économique. Est-ce que nous voulons en tant que société continuer à investir dans des égouts supplémentaires, ou voulons-nous mettre nos budgets limités dans des choses qui favorisent la qualité de vie, comme l’accueil des enfants, les écoles et les soins aux personnes âgées ? Nous consommons dans nos maisons individuelles 72 pour cent d’énergie de plus que dans les pays autour de nous parce que nous voulons tous absolument nos maisons individuelles sur nos propres parcelles. Des logements passifs avec un double garage ne sont pas un remède adéquat, nous avons besoin d’une solution beaucoup plus large.

 

À suivre dès la semaine prochaine...