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25 november 2015 | ARCHITECTURA.BE

Table ronde : "Il manque aux architectes une conscience spatiale" (part III)

Kristine Verachtert (Ruimtelijk Beleid stad Leuven) s’adresse à Paul Vermeulen (De Smet Vermeulen architecten) et au modérateur Rik Neven.
Lieven Achtergael (Architecten Achtergael): “La densification doit surtout être faite d’une bonne manière. La plupart du temps on accorde trop peu d’importance à l’espace public ».
Anne Malliet (Team Vlaams Bouwmeester): “Nous devons essayer de montrer que la poursuite de la fragmentation et de l’extension de de l’agglomération est une forme de suicide économique. »
Leo Van Broeck (BOGDAN & VAN BROECK): "L’architecte a un double visage. Il a été durant deux siècles complice d’une fragmentation excessive. »
Dans le débat autour d’une utilisation durable et efficace de l’espace, on a analysé entre autres choses l’aménagement du territoire et le rôle que les architectes peuvent ou doivent y jouer.

À l’occasion de la Journée de l’Architecture 2015, le VAI (Institut flamand pour l’architecture) et Architectura ont organisé ensemble une série de tables rondes autour de quelques thèmes d’actualité. Lors du débat autour de l’utilisation durable et efficace de l’espace, Leo Van Broeck (BOGDAN & VAN BROECK), Lieven Achtergael (Architecten Achtergael), Paul Vermeulen (De Smet Vermeulen architecten), Anne Malliet (Team Vlaams Bouwmeester) et Kristine Verachtert (Ruimtelijk Beleid stad Leuven) ont analysé entre autres choses l’aménagement du territoire en Flandre et le rôle que les architectes peuvent ou doivent y jouer. Voici le dernier des trois épisodes.

Tout le monde dans une maison en rangée alors ?

Leo Van Broeck : Avec les logements en rangée, vous pourriez en principe tout résoudre – vous pouvez en construire soixante à quatre-vingt par hectare. Et à soixante logements par hectare, toute notre planète est contenue dans l’état du Texas. Cela donne matière à réflexion… Regardez, on prétend souvent que la Belgique a une haute densité de population. Et quand vous regardez la superficie totale de la Belgique (habitants par hectare), c’est en effet le cas. Mais regardez la densité dans les zones construites, nous sommes alors à la 32ème place en Europe. En bref :  Nous utilisons notre espace de manière très inefficace et devons apprendre de pays exemplaires tels que le Royaume-Uni (des villages denses avec des ceintures vertes alentour qui font fonction de villes micro-urbaines dans la campagne). Si vous transposez la densité de l’Angleterre à la zone construite de Belgique, il y aurait de la place pour 17 millions d’habitants dans notre pays. Nous devrions donc pouvoir loger six millions de belges supplémentaires sans utiliser un mètre carré de plus. Puisque les pronostics font mention de 900.000 habitants supplémentaires, nous pouvons affirmer que nous avons de l’espace à profusion et que cela ne devrait pas du tout être difficile de nettoyer ce qui doit l’être et de densifier dans les villes rurales et (moyennement) grandes.

Paul Vermeulen : Les logements en rangée sont en soi un instrument précieux mais ne sont pas la seule solution. Ma principale préoccupation est que les villes soient diverses et qu’elle sachent réunir une offre très hétéroclite de formes de logement. C’est pourquoi cela me dérange parfois que la petite famille avec deux enfants soit la mesure de toute chose pour les régies de développement urbain. Beaucoup de familles sont plus petites, donc l’art consiste ici à mélanger différentes typologies (grandes, petites, collectives, privées…). Les villes doivent poursuivre un mix idéal entre des unités de plus petite taille et des logements en rangée avec jardins, entre autres. Les villas doivent aussi être possibles.

Kristine Verachtert : À Louvain, le principe est soit des logements en rangée, soit des logements superposés. Mais parfois nous obligeons à de plus grandes parcelles là où nous ne voulons pas que trop de gens viennent s’installer. La juste solution dépend donc beaucoup du site en question. Attirer des investisseurs dans la construction de logements n’est pas un problème à Louvain, contrairement à certaines autres villes régionales ; nous devons surtout corriger le marché pour préserver une qualité et un mélange suffisant. En fait, notre principal problème est surtout la disparition des fonctions autres que l’habitat et des équipements communautaires en dehors de la ville. Le marché des logements est tellement surchauffé que nous nous faisons sérieusement du souci pour les locaux destinés aux organisations de jeunesse ou les hangars abandonnés où les troupes de théâtre peuvent aller répéter, qui plus que jamais menacent de devoir laisser place à un énième projet immobilier.