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11 mei 2016 | SYLVIE REVERSEZ

Le Mundaneum se révèle autour d’un vide architecturé

Le Mundaneum, ou Centre d'archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles, s'articule désormais autour de son intérieur d'îlot composé par les architectes Coton, Lelion et Nottebaert. Illustratie | Maud Faivre
La mission d'architecture consistait à la rénovation légère des espaces d’accueil de l’édifice principal, la restructuration et la mise en conformité du bâtiment arrière ainsi que la construction d’une nouvelle annexe. Illustratie | Maud Faivre
L'élément principal du projet est un socle qui accueille les archives de l'institution. Il se développe sur toute la longueur de la parcelle depuis le sous-sol de l'édifice existant principal. Illustratie | Coton_Lelion_Nottebaert
En surface, les architectes ont conçu une extension abritant une salle polyvalente et une salle pédagogique. Un patio est quant à lui creusé dans le socle enterré. Il participe au dialogue instauré entre les différentes parties du projet. Illustratie | Coton_Lelion_Nottebaert
Les locaux administratifs associés au centre d'archives se disposent autour du patio. Le reste du socle est enterré et occupé par les archives dans des conditions de conservation optimales. Illustratie | Maud Faivre
L'intervention artistique de Richard Venlet se situe au centre de la cour. Il est le point de convergence naturel des visiteurs du Mundaneum. L'"oculus" vitré crée une perspective visuelle vers les activités du centre d'archives. Illustratie | Maud Faivre

Dans le sillage de Mons 2015, le Mundaneum, ou Centre d'archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a fait l’objet de transformations. Il s’appuie désormais, au sens propre comme au figuré, sur le projet structurant des architectes Coton, Lelion et Nottebaert.

Le « Google de papier »

A la fin du XIXe siècle, Paul Otlet (père des principes de la documentation) et Henri La Fontaine (prix Nobel de la Paix, 1913) mettent sur pied un projet titanesque : celui de rassembler tous les savoirs du monde et de les classer de façon scientifique. Une démarche unique, bien en amont d’internet, et que le journal Le Monde surnommera plus tard le « Google de papier ». Finalement dépassé par l’abondance des documents à traiter, le projet prend fin vers 1930. A la fin des années 1990, après plusieurs déménagements, les archives de l’entreprise élisent finalement domicile dans un ancien grand magasin de la rue de Nimy, à Mons. 

 

La dynamique de l’architecture

Mons 2015 a misé sur l’architecture pour insuffler une énergie durable dans la ville. Autour du théâtre Le Manège (atelier d’architecture Hebbelinck-de Wit), plusieurs projets d’architecture ont ainsi vu le jour comme l’îlot de la Caserne Léopold (Matador) ou la salle de concert Arsonic (Holoffe & Vermeersch architecture). La rénovation et l’extension du Mundaneum a pris place dans ce contexte de renouveau architectural à l’initiative de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a confié ce marché public au bureau d’architecture Coton-Lelion-Nottebaert. 

 

Une situation existante mal orchestrée

Le Mundaneum dispose d’une grande parcelle traversant l’îlot urbain de part en part. De chaque côté, le front de voirie est entièrement bâti, emprisonnant un vaste espace intérieur. Les deux constructions présentent une différence de niveau de deux mètres en raison de la déclivité du terrain. La mission confiée aux architectes consiste en la rénovation légère des espaces d’accueil de l’édifice principal, la restructuration et la mise en conformité du bâtiment arrière ainsi que la construction d’une nouvelle annexe. 

 

Relier et instaurer le dialogue

Les architectes ont traduit la mission en un projet global qui a la volonté de donner de la cohérence et de la personnalité à la situation initiale. L’élément principal du projet est un grand socle qui se développe à partir du sous-sol du bâtiment principal, sur toute la longueur de la parcelle. Le socle abrite les archives de l’institution et plusieurs locaux administratifs disposés autour d’un patio. En grande partie enterré, le socle crée les conditions optimales pour la conservation des documents. A l’air libre, sa toiture se présente sous les traits d’une grande cour aménagée. Le vide qu’elle représente est le véritable coeur du projet autour duquel s’articulent les différents bâtiments.

 

Dessiner le vide

L’intérieur d’îlot est travaillé à l’aide des « outils » de l’architecte : les formes, la lumière, les perspectives et les matières. Le sol de la cour est revêtu de briques, ce qui lui donne une présence particulière. Il se déroule d’un édifice à l’autre et est ponctué d’interventions architecturales : l’extension accrochée au bâtiment principal, le patio creusé dans le socle et donnant vue sur le centre d’archives et, enfin, l’oculus, intervention artistique de Richard Venlet, situé au centre de la cour. Ces intentions multiplient les liens visuels entre les différentes parties du projet et donnent conscience des activités qui se déroulent sous les pieds des visiteurs.

 

S’affirmer et s’abstraire

La nouvelle extension prolonge le bâtiment des expositions. Elle abrite une salle polyvalente et une salle pédagogique. Dans sa partie supérieure, une terrasse offre des vues sur la ville. Le  caractère de l’extension est affirmé mais, paradoxalement, elle montre aussi une certaine retenue. Son gabarit se conforme aux constructions qui l’entourent. Au niveau des matériaux, le sol en briques extérieur se prolonge dans son rez-de-chaussée et semble marquer sa subordination à la cour. De même, si sa structure en béton est marquée, le retrait des vitrages a tendance à abstraire le bâtiment. L’extension ainsi composée paraît s’inviter dans l’intérieur d’îlot, installant à la fois des espaces confortables et fonctionnels sans perturber le rôle fédérateur de l’aménagement extérieur.

GERELATEERDE DOSSIERS