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19 oktober 2016 | CATHERINE DE WOLF

L'Analyse de Cycle de Vie

Exemple de facteurs influençant l'ACV – comparaison entre FRP (Fiber Reinforced Plastic) et béton Illustratie | http://www.kreysler.com/sustainability/
Les 4 phases de l'ACV selon les standards ISO Illustratie | http://eplca.jrc.ec.europa.eu/?page_id=43

Les ingénieurs et architectes recherchent de plus en plus l’impact environnemental des matériaux de construction. En plus de leur emprunte carbone et de la consommation de combustibles fossiles, une série d’autres impacts sont importants tels que la pollution, la diminution de la couche d’ozone, la pollution ou l’acidification de l’eau, la création de particules fines et les effets néfastes sur la santé de l’homme. Concernant la production des matériaux de construction, il est donc également utile d’établir l’inventaire des quantités d’eau et d’énergie ainsi que des quantités de déchets et d’émissions. « L’Analyse de Cycle de Vie (ACV) » est un outil qui peut être utilisé pour estimer ces impacts.

Un avantage de l’ACV est la quantification de ces impacts (Simonen, 2013). Cela nous permet de comparer différents matériaux l’un à l’autre. Un fabricant peut même comparer différentes options ou regarder quelle partie de la production pourrait bénéficier de modifications. Cette méthode quantitative permet de prévenir également un certain type d’éco-blanchissement, c’est-à-dire l’affirmation non-fondée qu’un produit soit « écologique ».

Néanmoins, la quantification de la méthode ACV en est aussi l’inconvénient : la fausse impression de précision des résultats et les nombreuses hypothèses requises pour les calculs peuvent au contraire masquer un éco-blanchissement.  En effet, il y a de nombreuses incertitudes sur le cycle de vie complet (cradle-to-grave) d’un matériau. Un aspect important du calcul est la définition des conditions limites du processus ou du produit évalué.

Tout est lié l’un à l’autre, ce qui pousse à définir clairement l’ampleur de l’étude menée. La production d’acier nécessite des haut-fourneaux, etcetera. En plus des émissions de CO2 liées à l’énergie nécessaire pour ces haut-fourneaux, on pourrait également tenir compte des émissions liées au transport des employés vers l’usine ou à la production des haut-fourneaux eux-mêmes. Néanmoins, ces aspects sont souvent exclus de l’ACV.

Cette définition des conditions de l’étude rend la comparaison entre différents matériaux difficile. Par exemple, l’industrie de l’acier tient à inclure le recyclage des matériaux. L’industrie du bois souhaite justement inclure le stockage de carbone dans les arbres durant leur phase de croissance. L’industrie du béton se consacre à quantifier l’avantage de remplacer du ciment par des sous-produits de l’industrie de l’acier, alors que cette dernière doit payer les conséquences de ces déchets.

Etant donné que l’ACV est utilisée pour comparer des produits, une méthode standardisée est requise. Les standards ISO 14040 et 14044 sont appropriés à cet égard. Une ACV doit remplir certains critères comme la mention claire du but et de l’audience de l’étude. Certaines questions spécifiques, telles que la comparaison entre acier, béton et bois ou la différence entre un matériau local ou importé, peuvent être posées grâce à l’ACV.