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30 januari 2017 | PHILIPPE SELKE

Et si vous vous mettiez au vert à Tour & Taxis ?

Sur cette vue, on distingue à peine le bâtiment de Bruxelles Environnement entre le nouveau centre de l'Administration flamande et les Sky villas de Vincent Callebaut Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
On distingue quelques-unes des 88 éoliennes axiales à sustentation magnétique implantée sur les corniches de la Gare maritime. Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
Pour montrer la transformation de la Gare maritime, les toitures ont ici été enlevées. Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
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Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris
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Façades solaires rue Picard. Illustratie | Vincent Callebaut Architectures, Paris

Si l'idée est actuellement saugrenue étant donné la minéralité du site et son côté chantier permanent, elle pourrait l'être beaucoup moins dans quelques années, du moins si Extensa et T&T Project suivent le projet que leur a remis l'architecte Vincent Callebaut : un écoquartier multifonctionnel à énergie positive. Chez Architectura, nous sommes curieux de voir comment une vile européenne comme Bruxelles relèvera le défi pour s'engager résolument vers une urbanité définitivement post-carbone, circulaire et solidaire.

 

Construit entre 1902 et 1907, Tour & Taxis était au 20ème siècle un gigantesque complexe de dédouanement et d’entreposage aux portes fluviales, routières et ferroviaires de Bruxelles, désormais Capitale de l’Europe. L’objectif à terme de la métamorphose imaginée par Vincent Callebaut, est la naissance d’un écoquartier réellement multifonctionnel où il fait bon vivre, travailler, habiter et se divertir; un écoquartier bordant le canal de Bruxelles et articulé autour de trois axes : le patrimoine redynamisé, les communautés durables et l’eau.

Ce développement s’accompagne par la création d’une passerelle pour les transports publics et le trafic doux qui reliera la Rue Picard au sud du site à la Gare du Nord.

Le projet ici présenté porte sur la métamorphose de la Gare Maritime en 50 000 M² d’espaces multifonctionnels avec un mélange d’activités économiques (bureaux, ateliers…), commerciales (marché, showrooms, magasins…) ainsi que des équipements collectifs. Face au fronton nord de la Gare Maritime, le projet porte également sur l’écoconception de trois « forêts verticales » résidentielles de 85 000 M² et sur le développement d’un vaste étang bordé d’une piscine naturelle biologique reliant le Parc de Tour & Taxis au Canal de Bruxelles.

 

La métamorphose de la Gare maritime

Immense et incroyable, la Gare Maritime est divisée en cinq vaisseaux parallèles de fer, de fonte et de verre. Actuellement vide, elle présente une superficie au sol de de 40 000 M² (4 ha) et est l’une des plus grandes gares d’Europe. Le concept de l'architecte est de faire rentrer le nouveau parc public et le canal dans la Gare Maritime tout au long des 280 mètres de ses nefs pour créer un véritable Biocampus où il fait bon travailler et se divertir.

Les deux nefs intermédiaires sont ainsi innervées par des coulées végétales et aquatiques. Ces jardins intérieurs, tropical à l’Est et continental à l’Ouest, grimpent sur les façades des entités fonctionnelles formant ainsi de véritables cascades de plantes exotiques et endémiques.

Le Biocampus développe une identité architecturale spécifique pour chacune des cinq nefs magnifiant le patrimoine industriel tout en assurant une perméabilité visuelle entre les trois grandes nefs principales :

  • Les « Vagues » dans la nef occidentale : développent du retail en rez-de-chaussée et des bureaux en open-space aux étages.
  • Les « Containers » dans la nef orientale : proposent des espaces de loisirs en rez-de-chaussée et des bureaux modulaires aux étages ainsi qu’un hôtel.
  • Les « Coques de bateau » dans la nef centrale : sont de véritables incubateurs d’idées destinés aux meetings et aux séances de brainstorming.
  • Les « Géodes » dans les deux nefs intermédiaires : intègrent les restaurants, les bars ainsi que les espaces de détentes et de sports.
  • Les « Serres » le long de la Mainstreet : rapatrient l’agriculture au cœur de la ville sous forme de fermes urbaines dédiées au maraichage biologique.

Enveloppé de façades étanches à l’eau et à l’air et à haute inertie thermique, l’immense vaisseau forme un espace microclimatique réduisant les besoins à la source. Il intègre ensuite les règles du bioclimatisme passif et les énergies renouvelables de pointe.  Auto-suffisante, la Gare Maritime présente une plus-value énergétique de 86 % à redistribuer en temps réel à ses bâtiments voisins historiques ou aux futurs logements durables lui faisant face.

 

Habiter des forêts verticales

La « Zone B » fait face au fronton Nord de la Gare Maritime et est dédiée à la construction de 85 000 M² de logements d’échelles diverses et de commerces de proximité. Le concept des Forêts Verticales est de construire des Sky-Villas, c’est-à-dire des maisons individuelles avec potagers privatifs et vergers communautaires dans le ciel de Bruxelles, bref tous les avantages de la vie à la campagne et en ville enfin réunis.

Le projet tire profit du gabarit trapézoïdal délimitant la zone constructible. En effet, de grandes toitures aux courbes élégantes dessinent des terrasses maraîchères en encorbellements avec vues imprenables vers le centre historique de Bruxelles et la Basilique de Koekelberg. Inclinées plein sud, ces toitures sont tapissées de panneaux solaires (12 500 M²) fournissant en partie l’énergie dont les logements ont besoin.

Les trois Forêts Verticales (d’une superficie  globale de  85 000 M² répartie respectivement d’Est en Ouest en trois lots de  32 500 M², 28 000  M² et 24 500 M²) sont alignées sur la largeur de la Gare Maritime et largement espacées entre-elles par des jardins de 35 mètres de large. Les façades traduisent la mixité sociale de l’ensemble tel un Tétris géant emboîtant à la verticale toutes les sky villas de la plus petite à la plus grande.  Par des rampes obliques, recouvrant de vergers les parties communes situées en rez-de-chaussée, le Parc de Tour & Taxis s’étire ainsi sur des toitures végétales proposant des promenades bucoliques en surplomb du grand étang central.

Au Sud, la hauteur des tours ne dépasse pas 24 mètres afin de s’aligner aux faîtages des trois grandes nefs de la Gare Maritime. Au Nord, le long de la future Avenue Tour & Taxis, elles atteignent 100 mètres de hauteur sur plus de 30 étages avec vue panoramique vers Molenbeek, Laeken et l’Atomium au loin.

Entre ces villages verticaux et la Gare Maritime vient s’articuler une rotule urbaine composée par trois entités distinctes : 1. un grand étang marécageux attirant la biodiversité bruxelloise ; 2. l’ancienne Halle aux Poissons et Huiles reconvertie en bar et restaurant ; 3. un nénuphar géant accueillant un espace d’exposition évènementiel et un auditorium en plein air sur son toit.

Cette composition urbaine permet de faire le lien entre le grand parvis situé au Nord-Est de l’Entrepôt Royal et le Parc aménagé au Nord-Ouest sur les traces des anciennes fourches de rails. Le nénuphar fixe un double point de fuite : pour la perspective depuis la nef centrale de la Gare Maritime d’une part et pour la perspective depuis le pont provenant de la Gare du Nord d’autre part.