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22 februari 2017 | PHILIPPE SELKE

L’avenir de nos communes : celui de la « Smart City Attitude » ?

Lors du salon des mandataires du 16 février 2017, l’équipe du Smart City Institute a présenté une étude scientifique proposant un état des lieux des Smart Cities en Belgique. La recherche, véritable baromètre de nos communes, est une première belge, voire même internationale. En effet, elle observe de manière quantitative le phénomène des villes intelligentes - de la perception à l’exécution en passant par l’initiation - en plongeant très précisément au coeur de la cible.

 

Comment les acteurs de nos villes appréhendent-ils le phénomène ? Que représente pour eux la Smart City - avant même de s’y frotter ? Qui est le moteur de ce bouleversement ? Quels sont les acteurs qui entourent les communes et comment s’organisent-elles pour mener à bien ces projets qu’elles considèrent comme une opportunité et qu’elles décrivent en majorité comme leur avenir ?
L’enquête, menée auprès des 589 communes belges, est considérée comme statistiquement représentative des réalités territoriales et institutionnelles belges.

 

Comment nos communes percçoivent-elles le concept ?

Globalement, les communes belges perçoivent la Smart City, en priorité, comme un challenge technologique, ensuite une opportunité et, finalement, comme le futur des villes.
66% d’entre elles se sentent concernées par la problématique, mais le degré de pertinence du concept varie en fonction du caractère rural et du territoire concerné : communes rurales (34%), communes urbaines (77%) / communes flamandes (84%) et bruxelloises (88%), wallonnes (45%). Idéalement, toutes les communes belges mentionnent que l’aspect humain (capital social, infrastructure humaine, créativité́, diversité́, éducation, connaissance...) devrait être une priorité dans la Smart City au-delà des perspectives technologiques et institutionnelles.

Nathalie Crutzen, Professeur et Directrice du Smart City Institute, ajoute : « L’évolution du concept va également dans ce sens. Initialement, poussé par certaines multinationales et certains industriels, le phénomène Smart City se focalisait principalement sur l’utilisation des technologies (numériques) dans les villes. Cependant, le concept a évolué en associant une réflexion sur la gouvernance et la créativité, tout en mettant au centre l’humain et l’amélioration de la qualité de vie sur le territoire. L’objectif ultime est de créer des territoires durables (développement économique, performance écologique et bien-être social). Une vraie Smart City se basera donc sur un mélange complexe de nouvelles technologies, de facteurs sociaux, humains, économiques, environnementaux et institutionnels. L’humain (via le mieux vivre ensemble, la gouvernance, la créativité) fait donc partie intégrante de la dynamique. Il est même un élément central puisque l’un des objectifs de la Smart City est d’améliorer sa qualité de vie ».

 

Domaines d'application et difficultés

Quand elles se lancent dans l’aventure de la Smart City, les communes initient, en priorité, des projets dans les domaines suivants :

  1. Smart Environnement (28%) : éclairage intelligent, efficience énergétique, diminution de la pollution, …
  2. Smart Gouvernance (22%) : administration 2.0, ouvertures des données, décision participative, …
  3. Smart Living (17%) : logement, santé, culture, tourisme, …
  4. Smart Mobility (12%) : système de transport durable, multimodal et interconnecté, informations en temps réel, …

Les principales difficultés mises en avant par les communes interrogées sont :

  1. La disponibilité des moyens financiers
  2. Le manque d’expertise de l’administration ;
  3. La complexité de mobiliser et de coordonner l’ensemble des acteurs.

Dans le but d’améliorer la mise en oeuvre des projets Smart City, les communes belges interrogées proposent de mettre en place des outils (séances d’informations, workshops, formation, guide pratique, …) à destination des pouvoirs publics locaux, des organismes parastataux (agences, intercommunales, …) et des citoyens.

 

Simple tendance ou lame de fond ?

17% des communes interrogées ont  l’intention d’écrire un plan stratégique dédié à l’élaboration de la Smart City. Nathalie Crutzen rassure : « Je suis convaincue que le phénomène Smart City n’est pas une simple tendance, mais bien une véritable lame de fond qui va fondamentalement changer la vie sur nos territoires. Ce baromètre a permis de prendre le « pouls » des dynamiques Smart City en Belgique. Cette étape était très importante car, alors qu’on parle beaucoup de ce phénomène qui concerne toutes nos communes, nous n’avions jusqu’ici pas de statistiques généralisables permettant de faire le point sur la situation. Sur base des résultats de cette étude, je ne peux qu’encourager les acteurs à se parler davantage et à se mobiliser pour, ensemble, créer les « territoires du futur » tout en laissant l’humain au centre des préoccupations. »

 

Les résultats de la recherche peuvent être consultés ici.