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22 mei 2017 | PHILIPPE SELKE

Le nouveau siège de l'OTAN sous le feu des projecteurs

Illustratie | COMOPSAIR Michael Moors – SOM+ASSAR
Illustratie | SOM+ASSAR

Alors que le bâtiment se prépare à la venue de Donald Trump et de nombreux autres chefs d’Etat, l'occasion était belle de s'intérerrer à sa conception architecturale, menée en concertation permanente entre le bureau américain SOM et ASSAR ARCHITECTS du début du concours à la réception des travaux.

 

Au nord-est de Bruxelles, le site d’une ancienne caserne du Ministère de la Défense belge accueille depuis 2016 le nouveau siège permanent de l’OTAN. C’est à la suite d’un concours international d’architecture que sa réalisation est confiée au bureau d’architecture ASSAR ARCHITECTS. Il est associé pour l’occasion à la prestigieuse agence américaine SOM, basée aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ainsi qu’au bureau d’ingénierie bruxellois VK Engineering. L’édifice achevé depuis peu est imposant, de par sa taille et sa fonction. En effet, il accueillera vingt-huit délégations ainsi que le personnel civil et militaire de l’OTAN sur plus de 250.000 m2. Les exigences sont très élevées : l’immeuble a pour vocation d’accueillir les diplomates dans des infrastructures contemporaines, ultra-fonctionnelles, flexibles et assurant un degré de sécurité maximal.

 

Doigts entrelacés

Le projet compte trois bâtiments distincts, alignés sur l’axe donné par l’édifice principal, occupé par le quartier général. Les deux autres constructions, situées à l’arrière, abritent les infrastructures techniques et le centre du personnel, dédié à la détente. Le quartier général a été conçu pour être une icône, un symbole fort qui traduit la volonté de communication entre les différents pays. L’image de doigts entrelacés est à l’origine du projet. Ainsi, la construction se compose d’un grand atrium central, espace emblématique, à partir duquel se développent huit ailes. Chacune d’elles compte plusieurs étages de bureaux. Des volumes de plus petite taille complètent l’édifice en venant s’insérer entre ses ailes principales. Outre les plateaux de bureaux, d’autres fonctions spécifiques sont prévues dont un centre de conférences et un espace d’infrastructures communes. Avec son impressionnant atrium, le projet met l’accent sur la rencontre. Cet espace est la colonne vertébrale du projet, nœud de circulation propice aux discussions informelles, porteuses d’idées et d’échanges en dehors des réunions protocolaires.

 

Façades vitrées

Une des difficultés à relever a été de concilier le programme et ses contraintes dans une proposition architecturale à visage humain. Au niveau formel, la solution se traduit par un bâtiment relativement bas, compte tenu de sa superficie totale. Les ailes se développent de part et d’autre de l’atrium, avec des toitures courbes qui tendent vers le sol à leurs extrémités. Le travail de conception des façades joue également un rôle fondamental. A la fois techniques et esthétiques, elles répondent à différentes demandes : sécurité, énergie et esthétique. En effet, le quartier général présente des façades entièrement vitrées. Elles habillent la structure du bâtiment, lourdement renforcée pour des raisons sécuritaires. Des modules rectangulaires de différentes tailles sont disposés avec un décalage régulier qui rythme l’ensemble. Cela donne une vision unifiée de la volumétrie en en effaçant la lecture étage par étage. Les façades vitrées permettent un apport de lumière naturelle optimal. Cependant, pour éviter les surchauffes, un vitrage au facteur solaire spécifique est choisi. Il est accompagné de protections solaires qui contribuent à animer la façade.

 

Construction durable

La recherche de durabilité liée au bâtiment a été systématique. Ainsi, toutes les techniques éprouvées ont été utilisées quand elles s’y prêtaient : Dalles actives, toitures vertes, panneaux solaires, géothermie, cogénération,… Soulignons particulièrement le réemploi des déchets de démolition issus des anciens bâtiments présents sur le site. Ceux-ci ont été utilisés pour les travaux de remblais entre autres, économisant l’apport de nouveaux matériaux et les transports liés à l’évacuation de déchets.

 

Le projet en chiffres

  • Terrain mis à disposition par l’Etat Belge : 40 ha.
  • Surface hors-sol : 224.440 m² dont quelque 120.000 m² de bureaux 
  • Surface totale : 254.000 m²
  • Centre de conférence : 1 grande salle plénière (Salle du Conseil) + diverses salles de capacités diverses
  • Centre de presse, commerces, centre de fitness et services
  • Parkings en surface : 3.311 emplacements pour voitures et 5 emplacements pour bus
  • Nombre de niveaux hors-sol : rez-de-chaussée  + 6 étages
  • Hauteur du bâtiment : 33,5 m.

 

Ligne du temps

  • 1967 : Installation à Bruxelles de l’OTAN dans des bâtiments « provisoires » après avoir quitté Paris à la suite du retrait de la France des structure militaires de l’OTAN.
  • 1999 : Décision de construire un nouveau siège définitif (lors du  sommet OTAN de  Washington)
  • 2002 : Décision d’installer le nouvel immeuble à Bruxelles (Haren) sur le site « QRA » Quartier Roi Albert 1er comptant quelque 40 ha situés de l’autre côté du boulevard Léopold III, face à l’ancien siège de l’OTAN datant de 1967 (lors du sommet de Prague)
  • 2002 : Organisation d’un Concours international d’architecture
  • 2003 : Résultat du Concours international d’architecture sous la Présidence du Jury de l’architecte allemand de réputation mondiale Meinhard von Gerkan. L’association SOM+ASSAR sprl remporte le concours.
  • 2004 : L’OTAN et le gouvernement belge signent le 08 décembre 2004 un accord par lequel la Belgique s’engage à assurer le management de la construction du nouveau siège devant accueillir quelque 4.500 personnes
  • 2004 : Signature du contrat d’architecture
  • 2007 : Début des démolitions des casernes du Quartier Roi Albert 1er, site du nouveau siège de l’OTAN
  • 2008 : Fin des démolitions des casernes du Quartier Roi Albert 1er
  • 2010 : Début du chantier en octobre 2010
  • 2016 : Fin du chantier du nouveau siège de l’OTAN
  • 2017 : Transfert de l’immeuble par la Belgique à l’OTAN