Doorzoek volledige site
11 september 2017 | PHILIPPE SELKE

Réforme de l'Ordre : des architectes bruxellois font de la résistance

Illustratie | Pixabay

Alors que le Gouvernement planche sur une réforme de l'Ordre des architectes avec la volonté d'aboutir, trois membres francophones de la chambre bruxelloise de l’Ordre des Architectes ont organisé une enquête auprès des 1800 architectes bruxellois francophones et jettent un pavé dans la mare en publiant et commentant les résultats. Morceaux choisis.

 

Les architectes Vincent Dehon, Jasmine Kastaldi et Fabrizio Trobbiani, membres francophones de la chambre bruxelloise de l’Ordre des Architectes, ont donc organisé en leur nom personnel un sondage sur la population d’architectes bruxellois francophones, soit une population de 1800 personnes, durant une période de 10 jours, de fin mai à début juin 2017. 292 réponses complètes ont été enregistrées. 6 questions de fond ont été posées, suivies de 7 questions visant à s’assurer que la sociologie de l’échantillon des répondants est comparable à celle de la population sondée. La marge d'erreur est d'environ 5%.

 

Un Ordre national, régional ou communautaire ?

93 % des architectes sondés estiment que les ordres professionnels ont encore un avenir ! Ils sont néanmoins 71 % à souhaiter qu’ils se modernisent. Les sondés sont donc majoritairement favorables à une réforme du ou des Ordres. Les sondés qui pensent que les Ordres sont d’un autre temps ne représentent que 5 %. Si à peine la moitié des architectes (54 %) pensent que l’Ordre des architectes devrait rester national, 27 % tout de même pensent que l’Ordre devrait se scinder sur base régionale et … seulement 12 % des sondés pensent que l’Ordre doit se scinder sur base communautaire alors que c’est ce que prévoit le projet de réforme.

Quant à savoir comment leur futur Ordre devrait s’appeler, 30 % des sondés sont sans avis, 47 % souhaitent un Ordre des architectes Wallonie-Bruxelles et seulement 23 % sont favorables à l’intitulé actuel de leur Conseil Francophone et Germanophone. « L’on peut d’ailleurs se demander l’intérêt du projet de réforme actuel de donner autant d’importance à la dizaine d’architectes germanophones et si peu aux presque 2000 bruxellois si on y adjoint les architectes stagiaires. », s'interrogent les initiateurs de l'enquête.

 

Les missions de l'Ordre

Les architectes sondés sont très majoritairement (89 %) favorables à ce que l’Ordre ait une mission qui comprend la défense de la profession… À proportion marginale, seulement 2 % pensent que l’Ordre doit ou peu disparaître. Les sondés sont également convaincus à 87 % que l’Ordre doit être indépendant du pouvoir politique. Les architectes ne veulent pas d’un commissaire du gouvernement et à fortiori, d’un commissaire aux pouvoirs élargis comme le prévoit le projet de réforme. Afin d’éclairer les chiffres, 62 sondés ont laissé des commentaires. Ce qui revient le plus fréquemment est le souhait d’un Ordre plus actif sur le terrain de la défense de la profession.

 

La légitimité de l'AriB et de l'UWA remise en cause

22 % des sondés se disent membres d’une ou plusieurs associations. Parmi ces 22 %, un tiers se considère membre de l’Arib ou l’UWA (il est précisé que le sondage permettait ici plusieurs choix.). Soit, à peine 7 % des architectes sondés se déclarent membres d’une des deux associations régionales. « C’est pourtant elles qui se trouvaient à la table des négociations de la réforme de l’Ordre mais également du COBAT et du CODT… Leur légitimité à représenter la profession dans son ensemble pose à tout le moins questions », commentent les commanditaires du sondage.

Bref, tout cela fait plutôt désOrdre... 

Vous pouvez prendre connaissance de la totalité des résultats et des commentaires sur cette page.