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26 februari 2019 | FILIP VAN DER ELST

« D’abord limiter l’utilisation des matériaux avant de penser à leur réutilisation »

Illustratie | © KUBUS
Illustratie | © VIBE

Dans la foulée de Batibouw, architectura.be a organisé une table ronde en ses bureaux, consacrée à la construction circulaire. Les matériaux ne représentent qu’un des aspects de cette construction circulaire. La manière de concevoir et de construire est beaucoup plus cruciale. C’est ce que tous les participants à cette table ronde ont affirmé. On a également souligné que le recyclage n'était qu'une étape ultime.

 

 « Trop souvent, la discussion est réduite au recyclage. Dommage, car le recyclage n’est que l’étape ultime », déclare Mieke Vandenbroucke (VIBE). « En réalité, la construction circulaire revient à essayer de résoudre les erreurs du passé, tout en évitant de les refaire », ajoute Tom Rommens (Gyproc).

Une partie infime, mais pourtant nécessaire

Kristof Debrabandere (Plateforme C2C) voit les matériaux comme une partie ‘infime mais pourtant nécessaire’ de la construction circulaire. « Il est vrai que l’utilisation de matériaux n’est pas le seul critère, mais c’est une exigence importante. Vous pouvez appliquer de beaux concepts, mais pour les réaliser, vous avez toujours besoin de matériaux. S'ils ne sont pas conçus de manière circulaire, vous avez un problème. Une roue dentée n'est qu'un petit élément d’un vélo, mais sans elle, le vélo ne pourra pas rouler. »

« On ne peut pas faire l’économie des matériaux dans la construction, mais il est surtout important de faire le bon choix au plus haut niveau », complète Mieke Vandenbroucke. « Limiter l'utilisation de matériaux est la première étape. Ce n’est qu’alors qu’il est possible d’envisager une réutilisation. »

Selon Ken De Cooman (BC Architects & Studies), l’architecte a un rôle important à jouer. « Pour les architectes, le premier point à prendre en compte devrait être : ‘est-il nécessaire de construire quelque chose ?’ Bien sûr, nous n’avons pas toujours ce pouvoir de décision. Mais même dans ce cas, il appartient à l’architecte de réduire éventuellement le programme et, dans la mesure du possible, de réaliser des gains d’efficacité. Le ‘profit de la non-construction’ est essentiel. » Ken De Cooman estime également que l’architecture, du moins dans le secteur public, va dans la bonne direction. « Dans les concours de conception, nous voyons apparaître de plus en plus souvent des concepts tels que celui de la construction flexible. »

L’importance relative du lieu

A côté de la question de l'utilisation des matériaux, celle du lieu où l’on construit est également importante. Les avis autour de la table divergent cependant sur le fait de savoir s’il était judicieux de construire de façon circulaire au mauvais endroit. « Un lieu en lui-même n'est pas automatiquement bon ou mauvais. Le contexte joue un rôle important », déclare Ken De Cooman.

Mieke Vandenbroucke attache une grande importance à la localisation. « L’énergie est aussi, en réalité, une forme d’utilisation de matériaux. Vous devez également prendre en compte les aspects tels que le transport, les installations, les égouts, etc. Une vision globale de la durabilité profite davantage d’une approche la plus holistique possible. Nous ne pouvons pas nous concentrer sur un aspect partiel et minime. »"

« Les concepts de circularité et de durabilité ne peuvent être dissociés », déclare Kristof Debrabandere. « Du point de vue de la durabilité, une villa 4 façades située entre deux noyaux de village ne devrait même pas être rénovée. Il vaut mieux démolir cette maison et parier sur la densification urbaine. »

 

Passeport de matériaux

Lorsqu’on parle de matériaux, la numérisation et le BIM sont également abordés. Sont-ils une condition sine qua non de la construction circulaire ? « Un modèle BIM est bien entendu un bon outil », déclare Stefan Eerlingen (KUBUS Belgium). « Un modèle auquel toutes les informations sont liées et qui est toujours disponible offre une énorme valeur ajoutée. Chez KUBUS, nous avons développé un lien avec la base de données de matériaux internationale Madaster. Le BIM aide ainsi à la création d'un modèle IFC, prêt pour réaliser un passeport de matériaux et un indicateur de circularité chez Madaster. Les matériaux de construction intelligents dans ARCHICAD garantissent des données correctes et une représentation graphique correcte de tous les éléments. »