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26 februari 2019 | FILIP VAN DER ELST

« La construction circulaire et le climat font partie intégrante de la même histoire »

Dans la foulée de Batibouw, architectura.be a organisé une table ronde en ses bureaux, consacrée à la construction circulaire. Que celle-ci soit une priorité et que le gouvernement doive promouvoir et encourager le principe ne fait aucun doute pour les participants à cette table ronde. Beaucoup d'idées ont été émises, depuis l'ajustement du revenu cadastral jusqu’à une taxe sur le CO2. Il est évident que la construction circulaire et le problème climatique sont liés. Et que la construction circulaire est un moyen et non un objectif.

Tout le monde autour de la table est d’accord : le gouvernement doit encourager l'utilisation de matériaux recyclés et circulaires et pénaliser financièrement les projets ou les matériaux non conformes aux principes circulaires. Mais comment cela est-il censé se passer? « Intervenir sur le revenu cadastral est une bonne méthode qui peut avoir des effets immédiats », déclare Koen Sneiders (Derbigum). « L'idée de réduire le taux de TVA sur les matériaux à base de contenu recyclé a également été suggérée, mais ces discussions se sont rapidement enlisées. »

 

Taxe CO2

Ken De Cooman (BC Architects & Studies) voit plus grand : « Je plaide pour une taxe CO2 introduite au niveau européen. Les matériaux contenant des éléments recyclés obtiennent de meilleurs résultats. Associé à une taxe sur les matières premières, ce recyclage les rendrait encore moins chers. »

La construction ne risque-t-elle pas alors de devenir plus chère ? « Peut-être que oui », reconnaît De Cooman. « Mais les jeunes qui manifestent chaque semaine pour le respect du climat attendent des actions concrètes. Nous devons évoluer vers de vastes changements sociaux systémiques, qui doivent être mis en œuvre par étapes. "

 

Pour la plupart des intervenants, la circularité s'inscrit pleinement dans les objectifs concernant le changement climatique. « La construction circulaire est un moyen et non un objectif. L'objectif le plus important est de réduire les émissions de CO2 et d'améliorer le climat », déclare Kris Blykers (bureau d’architecture a-tract). « La construction circulaire et la durabilité sont inextricablement liées. Les matériaux et le climat font partie intégrante de la même histoire », remarque Kristof Debrabandere (Plateforme C2C).

 

Labels

Les labels, tels que le C2C, représentent une autre question cruciale. S'agit-il d'outils pratiques pour promouvoir la construction circulaire? Ken De Cooman avoue ne pas y attacher énormément d’attention. « Il existe des matériaux de construction sans label qui sont pourtant durables. Un label peut présupposer une échelle supra-locale et industrielle, alors que les solutions circulaires les plus radicales sont locales et contextuelles. » Kristof Debrabandere, de la plateforme qui délivre les certifications C2C Basic, Bronze, Silver, Gold et Platinum, n’y voit aucun problème. « Bien sûr, il existe des produits sans label qui sont également durables. Nous ne prétendons pas que les produits sans label sont, par définition, mauvais. Cela en dit seulement un peu plus sur le matériau en question. Le label C2C est comme un phare : il indique la direction à suivre. »

Kris Blykers (A-Tract) a une remarque à faire sur les labels. « Les gens sont-ils suffisamment conscients de ce que ce label signifie réellement ? Un tel label crée automatiquement de grandes attentes en matière de circularité, alors que ce n'est pas toujours le cas. »

Selon Tom Rommens (Gyproc), un label est toujours un moyen de communication. « Et ce moyen peut être très sérieux… ou très trompeur. À mon avis, le label C2C est un moyen de communication bien-fondé : il indique qu'en tant qu'entreprise, vous adhérez à la philosophie de la construction circulaire et que vous faites des efforts pour que vos opérations soient conformes à cette philosophie. »