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05 maart 2019 | CATHERINE DE WOLF

Design from & for reuse

Illustratie | Vlaanderen Circulair
Illustratie | Vlaanderen Circulair

Juste avant de lancer l’initiative Green Deal Circulair Bouwen, je rencontre l’ingénieur Roos Servaes, l’architecte Elke Meex, ainsi que la juriste Brigitte Mouligneau de la société publique flamande de traitement des déchets (OVAM). R. Servaes travaille entre autres sur l'intégration de l’économie circulaire dans TOTEM, un outil permettant de calculer l'impact environnemental des bâtiments. E. Meex est titulaire d'un doctorat sur le soutien aux architectes pour l'évaluation environnementale dès le début de la phase de conception. B. Mouligneau est une gestionnaire de la transition pour « Vlaanderen Circulair ».

 

Vlaanderen circulair est une source d'inspiration pour l'économie circulaire en Flandre. Comment définissez-vous celle-ci ?

Nous voulons prolonger la durée de vie des bâtiments, promouvoir un meilleur entretien et une meilleure utilisation, stimuler le réemploi ainsi qu’un recyclage de haute qualité grâce à de nouveaux modèles économiques. La consommation d’énergie du bâti suscite beaucoup d’intérêt, ce qui résulte en beaucoup de nouvelles constructions et de rénovations. Notre préoccupation est alors : qu'en est-il des matériaux ? Vous entendez souvent des phrases types telles que "En Flandre, nous recyclons 90% de nos matériaux de construction en volume." Mais souvent, cela revient à du « downcycling » : nous démolissons tout pour le mettre dans une route par exemple. La valeur du composant a été perdue. Une grande partie de l'impact environnemental des matériaux de construction provient de la production du composant. Par exemple, toute l'énergie nécessaire à la fabrication d'une brique est perdue si nous la broyons pour la recycler comme nous le faisons aujourd'hui. Nous voulons qu'une brique puisse rester une brique. La Flandre a toujours occupé une position de leader en Europe en matière de recyclage, mais nous devons maintenant oser agir de manière beaucoup plus ambitieuse. L'OVAM a publié pour cela 24 directives pour une conception permettant le changement de manière circulaire.

 

Vous développez TOTEM, un outil d'analyse du cycle de vie. Comment intégrer le réemploi des matériaux sur plusieurs cycles de vie de plusieurs bâtiments ?

Nous suivons les discussions autour des normes EN15804 et PEF : le "module D" sert à quantifier le potentiel de réemploi, de recyclage et de récupération d'énergie. Dans la pratique, ce n'est pas évident de chiffrer tout ça. Lors d'une rénovation, vous pouvez aujourd’hui indiquer dans l’outil TOTEM que certains matériaux sont réutilisés in situ, de sorte que l'ensemble du processus préliminaire de récupération, de production et de transport sur le site ne soit pas inclus. De plus, nous allons désigner des éléments avec connexions réversibles dans l'outil pour que les utilisateurs sachent qu'une analyse sur un seul cycle de vie ne suffit pas. L'intention est donc non seulement de promouvoir le « design from reuse », mais aussi le « design for reuse ». TOTEM est utilisé dans toute la Belgique et est lié aux fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) de la base de données nationale. Avec VITO et KULeuven, nous avons également indiqué au niveau européen qu'il fallait passer de 7 à 17 indicateurs pour donner une image plus large de l'impact environnemental des matériaux de construction, même si cela va parfois à l’encontre des nombreux lobbys.

 

Quels conseils avez-vous pour développer une économie circulaire dans le secteur de la construction ?

Le partenariat est la clé : architectes, constructeurs, développeurs de projets, entrepreneurs, producteurs de matériaux, chercheurs, villes et municipalités, gouvernements et, bien sûr, le secteur financier doivent être réunis. La numérisation du secteur de la construction avec le BIM a également beaucoup de potentiel pour faciliter la communication entre ces acteurs.

 

Vous trouverez des exemples de projets sous “Doeners" sur le site de Vlaanderen Circulair.