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04 juni 2019 | FILIP VAN DER ELST

L'architecte choisit la façade, mais il n'est pas tout seul...

De nouveaux matériaux innovants pour les façades apparaissent régulièrement. Mais sont-ils pour autant utilisés dans de nouveaux projets? Architectes, maîtres d'ouvrage et entrepreneurs ont chacun un rôle à jouer quant à ce choix. Mais tous ne sont pas nécessairement conscients des possibilités existantes... Cela ressort clairement de la table ronde sur ce thème organisée par architectura.

Dans de nombreux grands projets, tout commence par le cahier des charges. Mais à quel point est-il difficile d'inclure des matériaux innovants dans ce cahier ? Roeland Mondelaers (Kingspan Insulation): « Cela dépend du type de projet. Dans un projet de logement social par exemple, il est difficile de prescrire du matériel innovant, mais des projets prestigieux y sont davantage ouverts. Le bâtiment Herman Teirlinck à Bruxelles en est un parfait exemple. » Dirk Driesmans (Q-BUS Architectenbureau) ajoute : « Les gouvernements ont une fonction d'exemple en termes de performance énergétique et de durabilité, de sorte que les nouveaux matériaux performants dans ce domaine bénéficient de davantage d'opportunités. » 

Hubert Bijnens (AROgroup-architectuur) : « Je connais peu de maîtres d'ouvrage ou de collèges échevinaux qui se soucient du matériau utilisé pour l'enveloppe d'un bâtiment. Mais si vous amenez intelligemment cette question et si la solution est financièrement abordable, des possibilités s'ouvriront. Il est important de le répéter, un produit innovant n'est pas toujours nécessairement plus cher. » 

Le dernier mot à l'architecte ? 

Généralement, l’architecte a le dernier mot en ce qui concerne le choix des façades. Peter Cornoedus (PCP Architects) : « Parfois, vous devez vous imposer en tant qu'architecte. Mais si un type de matériau est obligatoirement lié au type de bâtiment, le choix se réduit inévitablement. » 

Pour Dirk Driesmans, le pouvoir de l'architecte est néanmoins relatif : « Si le client n'est pas convaincu du choix d'un matériau de façade, je vais d'abord lui expliquer en détail pourquoi je lui propose ce matériau. Mais si, malgré mes arguments, le client n'en veut toujours pas, cela n'a aucun sens de lui imposer un choix avec lequel il n'est pas d'accord. » En outre, l'architecte est parfois isolé, estime Roeland Mondelaers : « Dans la pratique, c'est souvent l'entrepreneur qui décide. Il signale qu'il dispose d'une alternative moins chère que celle proposée par l'architecte, ce qui séduit bien entendu le maître d'ouvrage. L'architecte se retrouve alors bien seul. » 

Les architectes sont-ils suffisamment au courant des évolutions dans le domaine des matériaux de façade ? Les opinions des membres de la table ronde varient à ce sujet. Dominique Coenegrachts (CPE) : « L'an dernier, j'ai livré de nombreux produits à une septantaine architectes. Parmi ces produits, se trouvait un carreau de céramique à double paroi qui existe depuis des années, mais dont de nombreux architectes n'avaient pourtant jamais entendu parler. » 

Selon Maarten Peeters (Groupe Vandersanden), quelque chose d'illogique parasite déjà la phase initiale. « En Belgique, l'entrepreneur avec l'offre la plus basse remporte le marché public. En conséquence, plusieurs grands entrepreneurs de classe 8 remettent des offres jusqu'à 8% moins chères que le prix réellement calculé, uniquement pour pouvoir remporter l'appel d'offre. Cela concerne souvent des projets de 30 à 40 millions €, où dès le départ, on sait que 2 à 3 millions € devront être compensés pendant le processus de construction. Il n’est donc pas surprenant que chaque article d’un texte de cahier des charges soit épluché à la recherche de ses failles et lacunes, ainsi que des possibilités de variantes de matériaux, évidemment moins chères. Aux Pays-Bas, ce n'est pas le plus bas soumissionnaire qui remporte le marché, mais un qui est dans la moyenne. C'est bien entendu une façon beaucoup plus saine de travailler. » 

Petits VS grands bureaux

Selon Roeland Mondelaers, il existe une grande différence entre les petits et les grands bureaux d'architectes. « Un architecte indépendant sans ou même avec un seul collaborateur n'a pas le temps de tout suivre. Mais dans les bureaux de 6 architectes ou plus, il y a généralement un spécialiste des questions spécifiques, qui suit de près les évolutions. » 

Les architectes réunis autour de la table confirment qu’il n’est pas toujours aisé d’être et de se tenir au courant de tout : « De nombreuses informations nous parviennent », explique Dirk Driesmans. « C’est pourquoi l'un de nos collaborateurs étudie l'information qui arrive chaque semaine. S'il découvre de nouveaux matériaux potentiellement intéressants, nous en discutons lors de notre réunion d'équipe hebdomadaire. Et nous invitons éventuellement la société à venir nous présenter le produit plus en détail. » 

Toujours selon Hubert Bijnens, de nombreux architectes n'ont pas les connaissances suffisantes. « Je vois toujours les mêmes 50 ou 60 architectes lors d'événements, alors que le Limbourg en compte en principe 900... A en juger par l'architecture dans nos villes, beaucoup d'architectes laissent les autres partenaires de la construction mener la barque. Et en même temps, les fabricants doivent comprendre que même les 50 architectes qui se montrent intéressés ne pourront pas nécessairement rapidement lancer une conception avec un matériau spécifique. » 

Formation nécessaire

« Le manque de connaissances est dû à la formation », affirme Peter Cornoedus. « Dans les cours d'architecture, on ne parle pratiquement pas de matériaux autres que les briques. On suppose que les futurs architectes continueront à se former par eux-mêmes. Ce ne serait donc pas mal si un groupe de fabricants se rendaient régulièrement dans les écoles d'architecture pour y présenter quelques produits importants et innovants. » Pour Caroline Christiaens (Tata Steel), cette proposition est intéressante, mais difficile à réaliser : « Nous avons déjà fait une proposition similaire à différents professeurs. Cela a débouché sur quelques formations ponctuelles, mais malheureusement pas sur une collaboration structurelle. » 

 

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