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17 oktober 2019

A lire : Morandi à Gênes - Autopsie d'un pont

Illustratie | Editions Parenthèses

Gênes, 14 août 2018 : un des plus imposants viaducs autoroutiers de la péninsule s’effondre, faisant 43 morts et de nombreux blessés. L’événement est suffisamment rare pour susciter l’effroi. Il a en tout cas inspiré Cyrille Simonnet, qui, dans ce petit ouvrage, s'intéresse spécifiquement à la figure du pont, un objet si banal, si courant et pourtant d’une complexité mécanique subtile et exigeante.

 

Comment un tel ouvrage, même spectaculaire mais comparable à des milliers d’autres exemplaires, a-t-il pu se casser les jambes ainsi, alors qu’il entrait dans sa cinquante-cinquième année et passait pour un des chefs-d’œuvre de l’ingénierie italienne ? Conçu dans les années soixante par l’ingénieur Riccardo Morandi, le viaduc sur la Polcevera fut salué par les ingénieurs en son temps. Il appartenait déjà à une lignée que l’ingénieur établissait patiemment au long d’une vie de calculateur et de bâtisseur.
Minuscule fragment du vaste maillage autoroutier moderne, point de suture paysager et performance de génie civil, à la fois structure et sculpture, vecteur de circulation et objet statique en équilibre… le pont est souvent un défi pour qui le conçoit, alors qu’il est d’une normalité confondante pour qui l’emprunte. Qu’il s’écroule, et voilà notre confiance perdue, abimée par le risque catastrophique. À la croisée de deux exigences : servir et tenir, il franchit l’obstacle soudé à ses rives ou à ses piles. Il est au service du flux, il est à lui seul un minuscule fragment de territoire, un signe géographique aussi. Riccardo Morandi, grand artisan du béton armé précontraint, sert de fil rouge à cette sorte de mise en examen que propose ce texte.

Morandi à Gênes - Autopsie d'un pont, Editions Parenthèses, 128 p., format 17 × 24 cm, 19 €.