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18 oktober 2019 | MICHEL CHARLIER

Une rénovation d’exception pour un immeuble d’exception

Illustratie | Nathalie Van Eygen
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Une combinaison de cheminées en marbre, de faux-plafonds et de techniques (câbles et tuyauteries) visibles, un bon résumé du travail de rénovation effectué. Illustratie | Nathalie Van Eygen
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Au 13 de la Rue des Poissonniers, dans le centre de Bruxelles, un bâtiment des années ’30 ayant gardé la plupart de ses caractéristiques et ses matériaux d’origine, a été tout récemment rénové. Cet immeuble a littéralement envoûté les architectes et tous ceux qui ont travaillé pendant environ deux ans à ce projet. Un travail minutieux qui a permis de rendre à cet écrin un extraordinaire éclat.

 

L’immeuble, occupé jusque dans les années ’80, était en très bon état, ses précédents occupants – une banque, une compagnie d’assurance et la Communauté/Région flamande – n’ayant ni abîmé ni rénové le bâtiment. Seul un remplacement de châssis aux étages avait été réalisé mais, heureusement, à l’identique. « Même la salle des coffres, datant d’avant-guerre, était encore en excellent état », se souvient Christian Sibilde, architecte chez DDS+, tombé totalement sous le charme du bâtiment. « La société Tribeca, active dans l’asset management et la gestion de portefeuilles, avait acheté ce bâtiment pour un groupe anglais. L’idée qui nous a été soumise était toute simple : il s’agissait de transformer un immeuble de bureaux en immeuble de bureaux. »

La magie du lieu, les éléments d’origine

Une fois passé la porte d’entrée de ce bâtiment des années ’30, la magie du lieu a fonctionné. Dans l’immeuble de 7 étages, tout était d’époque et quasiment dans l’état d’origine : parquets et marqueterie, murs, plafonds, luminaires, portes et serrures… « Au rez-de-chaussée, il y avait notamment du marbre belge rouge de Vinalmont, un matériau qu’on ne trouve quasiment plus, ainsi que du marbre blanc et du marbre noir », explique Christian Sibilde. « Tout le monde a immédiatement compris l’intérêt patrimonial de cet immeuble. »

« Notre bureau a une grande expertise en matière de rénovations, lourdes et/ou légères », continue l’architecte partenaire et cofondateur de DDS+. « Pour ce projet-ci, qui avoisinait les 4 000 m2 de superficie, nous devions réaliser à la fois une rénovation légère, mais aussi des travaux de restauration, hors des standards habituels. Nous nous trouvions donc face à un projet très spécifique, qui a d’ailleurs nécessité une présence et une intervention quotidienne des architectes. Dans ce cadre spécifique, nous avions fait appel à la disponibilité d’une plus petite équipe d’anciens collaborateurs, ADR Architectes, pour la partie exécution. »

Un locataire à grande densité de population

Le chantier s’est donc ‘limité’ à cette rénovation, aux techniques spéciales, au nettoyage des façades et aux grosses finitions. Il n’était au départ pas nécessaire d’introduire une demande de permis d’urbanisme car il ne s’agissait que d’une rénovation ne modifiant pas l’immeuble existant. Christian Sibilde : « Nous avons rapidement disposé du permis d’environnement et nous avons donc pu commencer directement les travaux. Nous avons cependant dû, par la suite, disposer d’un permis d’urbanisme pour pouvoir construire un second escalier de secours. Un seul escalier n’était pas suffisant étant donné la grande densité de population à prévoir dans les bureaux (+/- 6 m2/personne). » Le propriétaire avait en effet trouvé un locataire pour l’ensemble du bâtiment, la société Spaces, appartenant au groupe Régus. Spaces est active dans la location de bureaux de luxe et d’espaces de coworking flexibles et confortables, ainsi que de salles de réunion créatives. L’immeuble Poissonniers, avec son intérieur de grande classe et rénové, lui convenait parfaitement. « Nous avons donc fait percer un escalier de secours entre le 2e et le 7e étage. Un escalier existait déjà entre le rez-de-chaussée et le 2e étage. La suite n’avait pas été construite mais l’espace utile avait néanmoins été laissé, ce qui a nettement facilité notre tâche. »

Garder l’ancien, tout en rénovant

Dans le cadre de la rénovation, il était bien entendu nécessaire de respecter les normes de conformité actuelles (notamment pour la ventilation) tout en préservant le confort, la qualité des espaces et les plafonds existants. « Les interventions devaient être les plus légères et les moins destructives possibles. Il n’a donc pas été question de réaliser des faux-plafonds standards cachant les moulures et les décorations d’origine. Le choix a également été fait de laisser les techniques visibles. Au sol, nous avons placé partout des parquets, ce qui n’est pas fréquent dans les immeubles de bureaux. Quelques-uns de ces parquets sont neufs mais, dans de nombreuses pièces, nous avons gardé les marqueteries d’origine ou les planchers en bois qui se trouvaient dessous et qui ont été nettoyés et cirés. » L’architecte estime le coût du projet à environ 1000€/m2, un coût similaire à celui d’une rénovation basique d’immeuble actuelle, alors que l’on est ici en présence d’une technicité des interventions beaucoup plus importante et spécifique.

Un esprit de bouwteam

Le travail de rénovation respectueux du bâtiment s’est doublé d’une parfaite collaboration entre les intervenants. Christian Sibilde : « Nous avons travaillé dans un véritable esprit de bouwteam avec l’entreprise Simonis. Celle-ci a également été très attentive au bâtiment et à ses éléments constitutifs. C’est ainsi que toutes les clenches et les serrures ont été soigneusement démontées et numérotées afin d’être replacées au bon endroit après rénovation. L’entreprise a également fait appel à des menuisiers spécialisés qui ont fabriqué des plinthes à l’identique, sur mesure. Elle a pratiqué de la même manière pour la rénovation de la ferronnerie de la porte d’entrée. Le travail est parfait, on ne voit aucune différence entre l’ancien et le nouveau. »

Christian Sibilde conclut : « Bien que ce bâtiment ne soit ni classé, ni inscrit sur une liste de sauvegarde du patrimoine, nous avons reçu les félicitations de l’administration bruxelloise en charge du Patrimoine à propos de la rénovation effectuée. » Une plume supplémentaire à mettre au chapeau des architectes, de l’entreprise générale et des différents corps de métier qui se sont succédé au 13 de la Rue des Poissonniers.