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09 december 2019 | MICHEL CHARLIER

Compas : 129 logements et une crèche pour redynamiser Anderlecht

Illustratie | © Yvan Glavie
Illustratie | © Yvan Glavie
Illustratie | © Yvan Glavie
Illustratie | © Yvan Glavie
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Illustratie | © Yvan Glavie

Situé à Anderlecht, le projet Compas est le résultat d’un partenariat  entre citydev.brussels et la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), qui unissent leurs forces pour développer davantage de projets de logements publics mixtes et répondre ainsi au défi démographique bruxellois. Ce projet, conçu par les bureaux DDS+, Atlante et Eole, redynamisera le quartier Heyvaert grâce à 129 nouveaux logements et une nouvelle crèche qui accueillera 49 enfants. Il a été inauguré le 4 décembre dernier.

 

Le projet compte 69 logements conventionnés à usage locatif, 60 logements sociaux à usage acquisitif, une crèche communale pouvant accueillir 49 enfants, des parkings et des aménagements urbains et paysagers. Les cinq bâtiments qui le composent sont entièrement passifs et s’articulent autour d’un espace paysager et de deux nouvelles voiries publiques qui permettront de créer des connexions à travers l’îlot, créant ainsi des lieux de vie et de rencontre agréables et à dimension humaine. 

 

Un site aux contraintes et au rôle particuliers

« Le projet tire parti des contraintes du site, du permis de lotir et des orientations urbanistiques développées lors du contrat de quartier Lemmens dans le cadre de la politique de revalorisation de l’image du quartier », expliquent les architectes en charge du projet chez DDS+. « Ces trois éléments constituent les lignes directrices dans la conception de la volumétrie et de l’architecture. »

Yves Lemmens, directeur général de la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SKRB), va dans le même sens : « Ce projet est l'une des premières amorces du parc de la Senette, qui s’inscrit dans une ambition plus large de développement durable. Ce projet participe à désenclaver le quartier en créant des liaisons avec le reste d’Anderlecht et le Pentagone et des lieux de rencontre pour les habitants ».

 

Séquences urbaines et identité paysagère

Selon les architectes de DDS+, « chacun des bâtiments développe une identité propre, par son implantation et son orientation. » Toutefois, la volonté architecturale était d’assurer une cohérence au nouveau quartier, notamment par une architecture contemporaine avec un choix de matériaux en nombre limité et aux usages appropriés. « Les constructions sont conçues en parfaite adéquation avec les espaces paysagers qu’elles génèrent. Le but est de créer des séquences urbaines aux ambiances variées, qui appellent à la découverte progressive et conduisent à la convivialité du nouveau quartier. La philosophie des aménagements paysagers vise à la création d’espaces qui répondent aux différents usagers de l’espace public et du futur  développement immobilier, tout en intégrant et en démultipliant les opportunités de développement de la biodiversité, en symbiose avec le contexte urbain. Ce sont donc le parcours et les perceptions du piéton qui ont, au départ, guidé notre conception. »

 

Matériaux et aménagements pour inscrire au mieux le projet dans le quartier

Le rez-de-chaussée est traité en soubassement de briques foncées : il accompagne l’ensemble des bâtiments et assure la cohésion du projet. Ce socle est ponctué d’éléments en bois qui servent de marquage pour les lieux de convivialité tels que les entrées des immeubles, les locaux vélos... « Sur la rue du Compas, le manque de cohérence urbanistique du quartier existant nous a conduit à réintégrer le rythme du parcellaire bruxellois au travers d’un jeu d’avancées et de reculs dans la volumétrie », affirment les architectes. « Ces marquages verticaux s’expriment également par une différenciation dans l’utilisation des matériaux de façade, brique et enduit clairs. Les terrasses sont reliées par des bandeaux en béton qui instaurent l’horizontalité dans la verticalité et créent un lien visuel entre les différents volumes. »

 

Gestion des espaces publics

L’architecture des autres bâtiments dialogue avec les espaces publics. Ceux-ci ont été conçus comme des placettes plutôt que des voiries, où seuls les modes de déplacements doux sont envisagés. Les circulations sont hiérarchisées entre privé et public et les structures de compositions permettent des usages polyvalents et la gestion des eaux de surface comme potentiel variable paysagère urbaine. Les séjours des immeubles attenants sont tournés vers l’espace public afin de compléter l’animation, notamment en période nocturne, et d’assurer le contrôle social par les habitants. Une prairie convertible en potagers collectifs assure la connexion entre le jardin collectif privatif et le clos de la Petite Senne. Sur ce dernier, le lit comblé de la rivière se matérialise sous forme de rivière verte par l’emploi des pavés aux joints engazonnés.

 

Un mix entre logements et crèche

Le projet offre de multiples typologies de logements au sein de chacun des immeubles. Partout, les cuisines sont connectées aux terrasses et aux séjours, et facilement adaptables en cuisines ouvertes. « Dans la rue du Compas, les logements du rez-de-chaussée sont surélevés afin de garantir une certaine intimité. Ailleurs, ce sont les aménagements paysagers qui jouent ce rôle protecteur. Aux étages, les séjours sont orientés sur les façades qui bénéficient du meilleur ensoleillement. » En réponse à la volonté de renforcer le logement au sein du quartier, la crèche devient un des moteurs de l’aspect attractif du projet. Des dispositifs architecturaux et énergétiques ont été mis en place pour faciliter son éventuelle reconversion vers d’autres activités susceptibles d’apporter un service attractif pour les habitants (centre médical, etc.)

 

Energie et environnement

Selon les architectes, « l’ensemble des logements répond aux critères PEB2015 comme définis dans le CSC du marché. Une collaboration avait été mise en place avec le bureau 3E pour l’optimalisation des performances énergétiques du projet. Une première réflexion a été portée sur la morphologie et l’organisation interne des bâtiments afin d’améliorer l’accès au soleil, l’éclairement diffus et la qualité de vie des habitants. Le choix de matériaux clairs renforce ces dispositifs. » Pour atteindre les performances énergétiques passives, le projet propose de coupler une cogénération gaz. En outre, des panneaux solaires thermiques équipent les appartements acquisitifs disposant de toiture jardin. Des panneaux photovoltaïques alimentent les
réseaux des espaces communs. Le choix des matériaux est porté sur la préfabrication, la modularité, la performance environnementale et l’impact santé.

Benjamin Cadranel, administrateur général de citydev.brussels, conclut : « Ce projet est un bel exemple de mixité fonctionnelle et sociale et il démontre également que les partenariats entre acteurs publics permettent de recréer une attractivité résidentielle, nécessaire à certains quartiers en Région bruxelloise tout en proposant une densification raisonnée ».