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08 januari 2020 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : Le clos des Hirondelles a encore de beaux jours devant lui

En Flandre, le 'stop à l'urbanisation' est prévu pour 2040. Mais l'étalement urbain est nettement plus présent qu'en Wallonie... Illustratie | Marc Sourbron – Vlaanderen vanuit de lucht
Dans le Brabant wallon. Illustratie | Google

En plus de ses autoroutes visibles depuis la Lune, la Belgique se distingue par un autre particularisme qui pose question : son territoire morcelé par des voies de communication, importantes ou pas, le long desquelles les maisons 4 façades poussent comme des champignons.

 

Très présent en Wallonie, où l'espace est encore disponible à profusion, le phénomène complexe de l’étalement urbain est expliqué par une multitude de facteurs. L'histoire y est pour beaucoup (les ouvriers que la bourgeoisie voulait autrefois maintenir hors des villes) ainsi que la volonté des jeunes familles de bénéficier de son propre espace vert à moindre frais (une maison avec jardin est hors de prix à Bruxelles). Un phénomène que certains politiques ont longtemps feint d'ignorer, mais les temps changent.

L'heure est désormais à l'économie de moyens. On le comprendra aisément : alimenter en gaz une zone affichant une densité de 300 habitants par km² est évidemment plus facile que d'alimenter trois pelés et un tondu au clos des Hirondelles, au beau milieu de la campagne brabançonne. Pour ne rien arranger, chacun d'eux se sera empressé de faire construire sur sa petite parcelle une maison quatre façades et de recouvrir les 10 ares de terres autrefois arables d'un funeste gazon ceinturé d'une horrible clôture verte.

On l'aura compris, tout cela a un coût. Pas pour les propriétaires (après tout, cela ne regarde qu'eux), mais surtout pour la collectivité. Qui pour payer les routes que trois pelés vont emprunter pour aller travailler à Bruxelles chaque jour ? Qui aussi pour payer les émissions de CO2 de leurs pérégrinations quotidiennes jusqu'à leur lieu de travail ? Qui pour payer l'extension du réseau de gaz jusqu'à ce clos ? Ou qui, encore dans un registre énergétique connexe à celui du gaz, pour payer le prix de l'extension du réseau électrique jusqu'à ce petit paradis ? 

Tout cela est évidemment très éloigné des considérations collectives et souligne deux choses : primo, la vision à court terme de ces heureux nouveaux propriétaires et deuxio, l'inconséquence des politiques qui ont laissé faire pendant des années. On nous annonce en Wallonie qu'au niveau politique, la fin de la récréation a été sonnée et qu'un terme va être mis à l'étalement urbain. L'échéance ? 2050... Largement de quoi transformer ce qui reste du territoire wallon en vaste clos des Hirondelles.