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03 september 2020 | WOUTER POLSPOEL

L'innovation dans la gestion de l'eau est cruciale pour notre avenir

Jean Berlamont, ingénieur et professeur émérite (KUL), a pris la parole lors de la célébration des 110 ans d'ecobeton water technologies. Illustratie | ecobeton water technologies

« L'innovation dans la gestion de l'eau est cruciale pour notre avenir ! » C'est ce qu'affirme Jean Berlamont, ingénieur de renommée internationale, spécialiste de l'eau, professeur émérite à la KULeuven et actuellement président du conseil scientifique consultatif d'ecobeton water technologies. Jean Berlamont a reçu tout récemment le célèbre prix européen de l'eau, la médaille Dunbar de l'EWA (European Water Association). Dans un discours prononcé lors de la célébration des 110 ans d'ecobeton water technologies, il a souligné la nécessité d'une adaptation de la réglementation en raison du changement climatique.

 

Selon les Nations Unies, la Commission européenne et l'UNESCO, il est clair que la demande globale d'eau dans les trente prochaines années dépassera l'offre actuelle de plus de 40% en raison de la combinaison de la croissance démographique croissante, du consumérisme et de l'urbanisation. La pénurie d'eau est déjà un problème dans 11% du territoire européen et devrait atteindre 30% d'ici 2030.

​​Les effets du changement climatique sur l'hydrologie »

« L'eau est un droit fondamental pour tous, et chaque goutte compte. Des impulsions importantes sont nécessaires si nous voulons soulager durablement notre planète et réaliser de réels gains environnementaux en eau », explique Jean Berlamont. « Il est fini le temps où l'assainissement consistait à poser des canalisations suffisamment grandes pour pouvoir évacuer les déchets et les eaux pluviales sans encombre et le plus rapidement possible, pour les rejeter dans les cours d'eau tant qu'ils étaient suffisamment dilués ou les transporter vers une station d'épuration, ce qui entraînait immédiatement la nécessité de créer des débordements d'égouts provoquant la pollution résiduelle des eaux de surface par ceux-ci. Les citernes d’eau de pluie étaient devenues un investissement inutile et le traitement décentralisé de l'eau consistait en des puits perdus où on attendait une purification par filtration à travers le fond ou par des fosses septiques, qui n'étaient pas meilleures que les puits perdus car elles étaient généralement sous dimensionnées. »

Jean Berlamont : « Il y a ensuite eu une prise de conscience environnementale et plus tard écologique : nous voulions récupérer des eaux de surface propres et l’associer à la biodiversité. » Cela s'est fait via un contrôle à la source (réduction des débits d'eau de pluie), via certains plans communaux de drainage des eaux pluviales (systèmes d'égouts séparés, qui élimine le problème des débordements inhérent à un système mixte, mais qui n'a pas donné lieu à une obligation de la part des pouvoirs publics, et enfin via une technologie en fin de canalisation, en réfléchissant à l'approche des débordements. 

​​​​​​Suite aux inondations de la fin des années 90 et du début des années 2000, la gestion des rivières a été ajustée : il y avait de la 'place pour l'eau', la restauration du lit hivernal des rivières, le rejet ralenti de débit dû à la construction de bassins de rétention, la limitation des rejets dû aux grandes surfaces pavées (rende le stockage obligatoire)

« A partir de 2010 est venue la reconnaissance du changement climatique en cours et des conséquences attendues sur l'hydrologie », reprend Jean Berlamont. « Au cours des 4 dernières années, le problème de la sécheresse est devenu de plus en plus aigu et nous avons donc été confrontés à la réalisation de modèles prévisionnels en raison de 4 étés secs consécutifs, non seulement chez nous mais dans une grande partie de l'Europe. Des besoins se sont fait sentir : le stockage et l'utilisation des eaux pluviales (moins de pression sur les eaux souterraines) ; la réutilisation des eaux usées, des eaux de process et des eaux grises ; le stockage de l'eau de pluie dans les nappes souterraines par infiltration au lieu d'un pompage sans merci (solution la moins chère) ; une économie du côté de la demande avec une irrigation au goutte à goutte ; des mesures d'accompagnement telles que l'amélioration de la qualité des sols et d'autres méthodes de culture. Il existe clairement une relation entre le fait d'éviter les pénuries d'eau en été et les inondations pendant les périodes d'orages violents en été. Les quantités d'eau de pluie disponibles doivent être redistribuées dans le temps et dans l'espace. Cela doit bien sûr se faire de manière coordonnée selon un plan global : le plan sécheresse. Plusieurs municipalités ont déjà un tel plan contre la sécheresse ou y travaillent. » 

Nécessité d'avoir un matériel nouveau

Toutes ces évolutions rapides ont conduit le secteur de l'assainissement et du traitement des eaux à petite échelle à évoluer vers la gestion de l'eau urbaine/communale. Il est vraiment nécessaire de trouver une solution mondiale aux inondations et à la sécheresse en ayant pour cela une approche holistique.

Pour Jean Berlamont, les évolutions récentes ont non seulement démontré la nécessité de nouveaux concepts/réglementations/modèles et stratégies adaptés, mais aussi de disposer d'un matériel différent et plus intelligent. Ecobeton water technologies a répondu à cela de manière intelligente et efficace, en utilisant les apports scientifiques et la collaboration avec, notamment, des centres de connaissances étrangers. On peut citer les citernes à eau de pluie, éventuellement combinés à des infiltrations, ou des stations d'épuration avec échantillonnage, surveillance et maintenance intégrés. Car l'utilisation de l'eau de pluie implique l'utilisation de séparateurs d'huile et d'hydrocarbures, de régulateurs de débit et de systèmes d'infiltration, sans oublier la gestion des plastiques. Dans tous ces domaines, ecobeton water technologies a privilégié le travail sur mesure et a décidé de se concentrer sur la fourniture d'un service plutôt que de simple produits.

Un régulateur de débit avec paroi de béton poreux

« En tant qu'ingénieur hydraulicien, je suis particulièrement charmé par le régulateur de débit avec parois de béton poreux », avoue Jean Berlamont. « Cette solution, aussi simple qu'intelligente, permet d'évacuer de petits débits, par exemple pour une exigence du gestionnaire des eaux de surface. Jusqu'à présent, c'était un gros problème : les tuyaux de compression sont obstrués et longs, pour un système Vortex il n'y a souvent pas assez de décroissance et ils ne fonctionnent pas pour de très faibles débits. La seule solution est une pompe volumétrique, mais la plupart des utilisateurs n'aiment pas cela en raison de possibles temps d'arrêt et de la consommation d'énergie. La paroi poreuse résout élégamment ce problème. »

 

 

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