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14 december 2020

Un granito exceptionnel embellit le nouveau QG du bureau Binst Architects

Rez-de-chaussée / entrée Illustratie | © Binst Architects
La façade a été restaurée et a retrouvé son aspect d’origine. Les architectes ont conçu un ensemble d’éléments fins en acier laqué qui se superposent à la maçonnerie de briques rouges et en soulignent l’entrée principale et les baies du rez-de-chaussée. Illustratie | © Binst Architects
L’édifice compte quatre niveaux. À l’intérieur, chacun propose une atmosphère différente, apportée par les interventions architecturales diverses comme la mise en œuvre du sol en granito du rez-de-chaussée. Illustratie | © Binst Architects
Perspective isométrique Illustratie | © Binst Architects
Au 2e étage, dans les espaces de travail, la charpente historique de l’immeuble, de type Polonceau, a été restaurée. Illustratie | © Binst Architects
Près de 60 personnes travaillent au sein de Binst Architects. Avec 47 années d’expérience, l’équipe dirigée par Luc Binst affirme un nouveau tournant dans sa pratique matérialisée par le projet HQ Binst Architects. Illustratie | © Herman Desmet
Sol en terrazzo (détail) : cette réalisation, caractérisée par l’emploi de larges morceaux de marbre blanc, est unique en Belgique. Illustratie | © Binst Architects
Le sol en granito dialogue naturellement avec le bâti ancien. Les éléments historiques et nouveaux sont orchestrés pour former une harmonie visuelle. Illustratie | © Binst Architects
La cage d’escalier sculpturale se développe au fil des étages. À chaque niveau, vocabulaire contemporain et bâti historique se mêlent subtilement pour ne former qu’un. Illustratie | © Binst Architects

Dans sa livraison de juin dernier du magazine Regard sur le béton, FEBELCEM évoque les nouvelles installations du bureau Binst Architects à Anvers. Avec la volonté de traduire leur vision du métier, Luc Binst et son équipe ont fait le choix de réhabiliter un ancien bâtiment industriel situé dans le quartier Zuid d’Anvers, à deux pas de l’Escaut.

 

Le bâtiment choisi servait initialement d’entrepôt pour une firme d’importation de caoutchouc en provenance du Congo. Après plusieurs occupations en tant que restaurant, parking ou discothèque, l’édifice situé à la Luikstraat est finalement investi par le bureau Binst Architects. Il est situé dans un quartier culturel émergent, proche de musées emblématiques anversois, tels que le MuHKA, le FoMU ou le Musée des Beaux-Arts. Cette localisation concorde avec la volonté des architectes : inscrire leur travail dans une démarche singulière, multidisciplinaire et tournée vers de nouvelles pratiques qui répondent aux défis urbains et architecturaux de notre époque.

Une carte de visite grandeur nature

Les architectes ont ciblé des interventions stratégiques combinant des restaurations dans le respect de la tradition et des mises en œuvre de nouveaux éléments ou matériaux. Le résultat est le fruit d’un travail de rénovation intense basé sur la préservation et la maîtrise de l’ancien dans une approche contemporaine et inventive. Ainsi, à l’extérieur, plusieurs éléments en acier, dont un élégant balcon longiligne, complètent la façade historique. À l’intérieur, l’emploi de nouvelles colonnes cruciformes, la restauration de la charpente métallique de type Polonceau ou encore la réalisation d’un nouveau revêtement de sol en granito (parfois aussi appelé « terrazzo ») sont autant de gestes architecturaux qui caractérisent les lieux. Une nouvelle cage d’escaliers en acier laqué a également été installée. Avec ses élégants garde-corps, elle constitue à elle seule une sculpture qui se déroule au fil des étages. Le bâtiment historique est ainsi parsemé de créations architecturales contemporaines qui créent un sentiment d’unité à travers les niveaux. L’authenticité et l’innovation ont été les moteurs de ce projet à l’instar des ambitions du bureau de Luc Binst. Ainsi, pour les architectes, cette rénovation constitue une véritable carte de visite représentative de leur philosophie de travail.

Le choix du béton : hier, aujourd'hui et demain

La présence du béton dans le projet HQ Binst Architects est spectaculaire. En effet, les sols du rez-de-chaussée et du sous-sol sont revêtus d’une finition en granito noir et blanc. Le choix des teintes et des granulométries donne un effet à la fois sobre et remarquable, inscrit dans la tradition mais avec une proposition contemporaine. Encore une fois, le choix de ce matériau est à l’image de l’ADN du bureau de Luc Binst. Il fait honneur à une technique ancienne, résolument portée par un savoirfaire, tout en s’inscrivant dans une démarche actuelle motivée par la durabilité au sens large. En effet, le granito participe positivement à une réhabilitation réussie d’un ancien bâtiment, en plus d’offrir une pérennité propre à cette technique. En dehors du granito, le béton est souvent au cœur des projets du bureau Binst Architects. Que ce soit au niveau structurel pour les ouvrages d’ingénierie, au niveau esthétique pour la variété des formes, des couleurs et des textures ou pour son apport à la durabilité au sens large, le béton reste une option privilégiée pour le bureau pour se ré-inventer au fil des projets, ce qui est, à ses yeux, le plus important dans sa pratique.

Conversation avec Nico Tondat

Nino Tondat est un homme passionné et passionnant. Pour le projet HQ Binst Architects, son atelier a conçu et réalisé un revêtement en terrazzo unique en Belgique. Le temps d’une conversation, ce maître marbrier nous livre un aperçu avisé de la technique du granito, quelques conseils personnels, ainsi que sa vision du métier à l’heure où ce type de sol a le vent en poupe.

Brièvement, quelles sont les différentes étapes pour la mise en œuvre d’un sol en granito ?

Tout d’abord, j’aimerais préciser que les techniques peuvent varier d’un atelier à l’autre. Chacun a sa propre façon de faire. Pour ma part, la commande commence toujours par le dessin de la réalisation, les motifs éventuels et, bien sûr, les teintes et la granulométrie des différentes pierres qui seront utilisées. Nous réalisons souvent des échantillons sur mesure pour nous assurer de la parfaite concordance entre l’idée du maître de l’ouvrage et le résultat final. Nous pouvons ensuite intervenir sur chantier. Nous exécutons nous-mêmes la dalle en béton armé qui sera le support du revêtement en granito. Une fois que la dalle est durcie et sèche, nous installons les éventuels joints de dilatation et nous posons alors le granito. Il faut ensuite à nouveau attendre la prise de celui-ci. Ensuite, viennent les étapes de ponçage et de polissage qui révèlent le résultat final. Nous intervenons quatre fois minimum sur chaque chantier.

Il n’y a donc pas de chape entre la dalle en béton et le granito ?

Non, en effet, c’est une particularité de notre atelier. Par expérience, nous savons que c’est la meilleure façon pour ne prendre aucun risque de fissuration, car le béton de la dalle et celui du granito réagissent et se dilateront par la suite de la même manière. Il est primordial d’avoir une dalle bien plane afin d’éviter les différences d’épaisseur au niveau du revêtement et donc le risque de fissuration. Voilà la raison pour laquelle nous réalisons la dalle nous-mêmes afin d’être assurés de travailler dans des conditions optimales. Il est toujours possible d’intervenir sur une dalle existante mais, en général, la réalisation d’une chape sera nécessaire pour la remise à niveau avec, dans ce cas, des mouvements de dilatation différents et des risques de fissure plus grands.

Quelles sont les épaisseurs idéales du complexe d’un sol en granito ?

L’épaisseur de la dalle en béton armé répond aux prescriptions de l’étude de stabilité. Celle du granito varie en fonction de la granulométrie des pierres choisies. Si les granulats sont fins, on pourra mettre en œuvre une couche fine. Si on choisit des granulométries plus grandes, on sera forcé de travailler avec des couches plus importantes. L’épaisseur du revêtement varie entre 1 cm et 2,5 cm maximum. Au-delà, il y a un risque de fissuration lors de la prise du granito. À contrario, des couches trop fines sont aussi problématiques car elles demandent une plus grande proportion de ciment qui est l’élément qui donne la tension lors du durcissement de la couche.

Quels sont les autres facteurs qui peuvent influencer le résultat ?

La température et l’hygrométrie lors de la pose et du temps de prise. Nous devons nous adapter aux conditions atmosphériques. Par exemple, comme pour la réalisation d’une dalle en béton, nous pouvons retarder l’évaporation de l’eau avec la pose temporaire d’un film plastique. Le respect des surfaces maximales et des ratios longueur/largeur est également très important. Nous pouvons poser en une seule passe entre 20 et 25 m2 avec un ratio de 2/3. Au delà, il est nécessaire de poser des joints de dilatation soit en laiton, soit en inox ou encore sous forme de mosaïques. Il est évident que les joints de dilatation de la dalle en béton et du granito doivent se superposer. Un rapport correct entre la proportion de ciment et de granulats est aussi crucial. C’est notre expérience qui nous permet d’ajuster tous ces paramètres au cas par cas en fonction des conditions et du résultat demandé par le client.

Le granito est-il réservé aux bâtiments publics ?

Pas du tout ! Le granito est aussi idéal pour les maisons privées. Son esthétique, la liberté d’expression qu’il permet, sa facilité d’entretien et sa longévité sont des avantages identiques quelles que soient les dimensions du projet. Evidemment, plus la surface à couvrir est grande, meilleur est le prix au m2 . Je dirais qu’on peut obtenir un coût compétitif aux alentours des 100 m2 . Il y a différents facteurs qui déterminent le prix : la superficie, la complexité de la forme du sol et le niveau d’étage auquel se situe le chantier. Ce qui coûte le plus dans la réalisation d’un granito, c’est notre intervention technique.

Existe-t-il des prescriptions à l’usage des architectes pour décrire la technique ?

De plus en plus. Depuis une quinzaine d’années, on sent un vrai regain d’intérêt pour le granito grâce aux innombrables possibilités qu’il propose et à son caractère durable. Cependant, il faut dire que les ateliers qui ont fait perdurer la technique sont devenus peu nombreux. Notre atelier est une entreprise familiale qui a su conserver la qualité au fil des générations. Nous perpétuons les techniques traditionnelles mais nous expérimentons aussi de nouveaux produits mis sur le marché. Notre métier évolue et les prescriptions de mise en œuvre aussi. Pour nous, l’idéal est d’instaurer un dialogue avec l’architecte dès le début du projet. Nous pouvons ainsi compléter, ou parfois corriger, les prescriptions des cahiers des charges pour assurer à tous une réalisation sans encombres.

 

GERELATEERDE DOSSIERS