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13 januari 2021 | MICHEL CHARLIER

Le fort impact de la crise sanitaire sur les architectes français

Réhabilitation d'une résidence étudiante à Amiens - Bertrand Delcoy et Augustin Faucheur architectes associés Illustratie | © photo : Sébastien Delahaye / source : Archicontemporaine.org

Plus de 3800 architectes - 3833 exactement - ont répondu à l'enquête lancée par l'Ordre des Architectes, l'UNSFA, le Syndicat de l’Architecture et la Mutuelle des architectes Français, avec le soutien du ministère de la Culture. Les résultats de cette enquête révèlent un fort impact de la crise sanitaire sur l’activité des agences en 2020.

 

« Les résultats de cette enquête révèlent un fort impact de la crise sanitaire sur l’activité des agences en 2020. Rares sont celles qui ne sont pas touchées par une baisse d’activité et de revenus, les plus petites agences subissant le choc le plus important. Pour 2021, la majorité des agences manque de visibilité et peu nombreuses sont celles qui comptent sur une activité soutenue dans les mois qui viennent. La crise aura permis l’émergence de besoins nécessitant l’apport des architectes, comme la transformation de nos lieux de soins et de travail, et l'envie d'habitat plus ouvert, plus sain et plus riche de fonctions et d’émotions. Le secteur de la maîtrise d’œuvre, et particulièrement de l’architecture, devrait alors pleinement profiter du rebond économique. »

L’analyse des résultats de cette enquête est concomitante avec la publication par l’Ordre des architectes de la quatrième édition d’Archigraphie, panorama à la fois démographique et économique de la profession d’architecte que le CNOA dresse tous les deux ans. 

L’enquête apporte des éclairages conjoncturels

Le chiffre d’affaires
La crise a eu un impact significatif sur le chiffre d’affaires des agences. 68% déclarent qu’elles finissent l’année en recul par rapport à 2019. Pour 12%, cette baisse sera supérieure à 50%. Les agences sont impactées de façon assez similaire quel que soit leur mode d’exercice ou leur taille.

L’activité
L’activité est en baisse en 2020, au même titre que les chiffres d’affaires. On note cependant une moindre baisse au niveau du suivi des chantiers et du suivi des études. Le démarrage de nouveaux chantiers est en baisse pour 66% des agences, et le démarrage de nouvelles études en baisse pour 61% des agences.
Dans ce contexte, les perspectives d’activité pour 2021 s’annoncent à la baisse pour 60% des agences. 39% prévoient des démarrages de chantiers stables ou en hausse. 49% estiment que le suivi des chantiers en cours ne va pas connaître de baisse.
Quant aux rentrées d’honoraires, seules 38% des agences les envisagent à la hausse (12%) ou stables (26%).
Il faut noter que les agences fortement impactées en 2020 ont une vision très pessimiste de 2021 : pour 79% d’entre elles, l’activité 2021 sera en baisse. Par contre, les agences qui ont connu une hausse d’activité en 2020 ne sont que 15% à entrevoir une baisse en 2021.

L’enquête offre une photographie de la santé financière des agences, interrogées sur l’état de leur trésorerie. Au global, 18% des agences déclarent ne pas avoir de trésorerie (29% des plus petites et 9% des plus grandes), 31% déclarent posséder 3 mois de trésorerie (24% des plus petites et 38% des plus grandes) et 25% déclarent posséder 6 mois ou plus de trésorerie (18% des plus petites et 35% des plus grandes).

Enfin, interrogées sur la santé des entreprises de travaux avec lesquelles elles travaillent, 86% des agences identifient des difficultés chez certaines, mais seulement 8% déclarent que plus d’une entreprise sur deux serait en difficulté.