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02 oktober 2014

Autoportrait : Bernard Voglet (Atelier de l'Arbre d'Or)

Bernard Voglet
La ville de Namur vue depuis la citadelle Illustratie | SPW
Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Marseille (MuCEM)
Rudy Ricciotti
Phare de l'île Harbour, au large de Saint-Quay-Portrieux, en Bretagne
Moulins de Beez Illustratie | Atelier de l'Arbre d'Or
Bastogne War Museum (vue aérienne) Illustratie | Atelier de l'Arbre d'Or
Eco-quartier à Cuesmes (Mons) Illustratie | Atelier de l'Arbre d'Or
Les 4 architectes associés de l'Atelier de l'Arbre d'Or : (de gauche à droite) Etienne Frankart, Bernard Voglet, Cédric Poncelet et Jean-Pierre Wargnies

À l'occasion de la première belge du film The Competition organisée à Namur le 5 novembre 2014, Architectura a demandé aux architectes participant à la table ronde de jouer le jeu de l'autoportrait. Ainsi, chacun pourra mieux connaître les différentes personnalités belges qui, comme Jean Nouvel ou Zaha Hadid, passent des nuits blanches dans l'espoir de remporter des concours. Nous entamons la série par le 'régional de l'étape', Bernard Voglet, architecte associé et administrateur du bureau namurois Atelier de l'Arbre d'Or, au sein duquel il est responsable Etudes et Projets.

Sa vision de l’architecture

 

Parmi les projets que vous avez réalisés, quels sont ceux qui vous procurent le plus de fierté, et pourquoi ?

« Au nom du bureau, il me semble que le projet réalisé le plus emblématique reste la restauration et réaffectation des Moulins de la Meuse (ou Moulins de Beez) en cabinet ministériel et archives régionales.

À titre plus personnel, je retiens la création du récent Bastogne War Museum qui fut sans doute un challenge d’équipe dans un budget étriqué, en étant au service de la scénographie et du site. »

  

Pour quel projet en cours ou en préparation avez-vous des attentes élevées ?

« Nous travaillons, depuis de nombreuses années, sur des nouveaux quartiers de vie, à Bouge, Erpent, Vedrin et Cuesmes. Nous sommes impatients de les voir sortir de terre, si pour certains cela fait près de 10 ans que nous revoyons nos copies, au gré des demandes et attentes des administrations et promoteurs, il faudra certainement encore le même délai pour les voir vivre… Nous construisons des images qui ne seront espaces de vie qu’une fois adoptés par leurs habitants. Comment, aujourd’hui, oser une image arrêtée ?... »   

 

Quel projet d’un autre architecte belge est selon vous un coup dans le mille ?

« Je ne saurais faire de choix, j’aimerais habiter les maisons de certains, travailler dans les bureaux d’autres, me balader dans leurs espaces construits, organisés, ou tout simplement, non construits. La réponse donnée à un programme est subjective, certains parleront de poésie, de réponse juste dans l’espace préexistant, quels qu’en soient les mots, je parlerai d’émotions, de surprises, de questionnements. »     

 

Quels architectes étrangers sont pour vous une grande source d’inspiration ?

« Ici encore, ma réponse ne peut qu’être sommaire, par mon manque de culture architecturale, mais également par la diversité des réalisations faites au sein d’un même bureau, qui m’apparaissent, en toute modestie, selon les cas, pertinentes ou non. Certains architectes régulièrement médiatisés tels que Herzog et de Meuron, Zaha Hadid, Rudy Ricciotti me surprennent depuis de nombreuses années. »    

 

Quels projets récents construits à l’étranger considérez-vous comme particulièrement réussis ?

« Je vous renvoie aux réponses précédentes, nous sommes noyés d’images d’architectures, j’avoue que pour la plupart des projets, je ne les connais que par ces images. Néanmoins, je pense que la visite du Musée de la Méditerranée à Marseille ne devrait pas me laisser insensible. »

 

Quel jeune architecte belge vous impressionne le plus pour le moment ?

« J’ai eu l’occasion de confronter nos réflexions, lors d’un concours, pour la transformation et l’agrandissement d’une école, à la proposition du bureau LRArchitectes, sans les connaitre personnellement, je trouve que la justesse de leurs propos est souvent pertinente, mais il y en a beaucoup d’autres. »

 

Quels aspects du métier d’architecte trouvez-vous passionnants ? Inciteriez-vous vos enfants à vous suivre dans cette voie ?

« Ce qui me passionne dans mon métier, c’est les rencontres, le travail en équipe pluridisciplinaire, la confrontation de nos réponses aux partenaires de la construction, aux maîtres de l’ouvrage.

Un projet peut, à la fois, être exemplaire pour les théoriciens de la dite Architecture, intégré pour les administrations, voire photogénique pour les revues d’architecture et être tout aussi incompris ou tout simplement inadapté pour ses utilisateurs. Je pense que l’architecte est d’abord là pour poser des questions, questionner le paysage, questionner la société. Les réponses sont multiples, éclectiques et induites dans le contexte préexistant. C’est avant tout ce questionnement plus que la réponse qui m’intéresse dans ce métier.

Pour ce qui est du choix des études de mes enfants, quoiqu’ils ne semblent pas me suivre dans mes élucubrations, au regard de la situation actuelle de la profession, je leur dirais que s’ils se lancent dans ces études, ils doivent être doublement passionnés, très patients et modestes, mais c’est sans doute le cas pour la plupart des métiers. »

 

Quelle rencontre fut décisive pour votre épanouissement en tant qu’architecte ?

« Elles ont été multiples, lors de mes études en humanités techniques, où j’ai croisé, pour la première fois, des architectes. Il y avait Monique Evrad, une des premières architectes féminines, diplômée de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Ensuite, je citerai Jean Koning, un des responsables d’atelier de l’ISAVH. Par la suite, je pourrais citer les architectes que j’ai croisés au début de mon parcours professionnel, dans le cadre de mes stages à l’Atelier de Genval ou au Grand-Duché de Luxembourg, ou encore les nombreux confrères que j’ai rencontrés dans le cadre de mes responsabilités, durant quelques années, au sein de l’Ordre des Architectes, mais les rencontres décisives sont sans aucun doute les quelques personnes qui habitent les espaces que j’ai osé imaginer avec elles. »

 

Vous reconnaissez-vous encore dans le jeune étudiant ambitieux que vous avez été ? Rêve et réalité se sont-ils rejoints ?

 « J’ai l’âge de mes artères,

Étudiant, de moins en moins,

Ambitieux : je pense ne jamais l’avoir été et espère ne jamais l’être.

Ne dit-on pas que la réalité dépasse souvent la fiction ? »

 

 

Un peu de tout

 

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer ?

« Bûcheron ou être la personne qui repeint le fléchage des circuits de GR (grande randonnée) »

Où avez-vous suivi votre formation en architecture ?

« À l’Institut Victor Horta (Bruxelles) »

Chez qui avez-vous été stagiaire ?

« À l’Atelier de Genval et au bureau Jegen et Gaul (Diekirch) »

Quel était le titre de votre travail de fin d’études ?

« 'La ruelle ténébreuse' ou quand l’environnement imaginaire d’un écrivain (Jean Ray) devient l’image de l’environnement d’un architecte. »

Votre livre d’architecture favori

« J’ai apprécié lire (il y a 30 ans) 'la dimension cachée' d’E.T. Hall et 'l’image de la cité' de K. Lynch, depuis, j’achète de grands livres d’images… »

Votre livre favori (hors architecture)

« Je lis actuellement 'La grotte Chauvet, l’art des origines' (cela faire sourire mon épouse car je lis très rarement). »

Votre film préféré

« 'La grande vadrouille' ou 'les bronzés font du ski', je peux m’endormir tout en connaissant la fin … »

Votre programme tv préféré

« 'Thalassa'  mais je finis toujours par m’endormir avant la fin. »

Votre musique favorite

« Le silence »

Que faites-vous volontiers dans vos temps libres (si vous en avez) ?

« Je perds mon temps dans mon jardin, dans les brocantes, fêtes de village, dans les bois et dans les restaurants. »

La ville belge que vous préférez

« Ce n’est certainement pas une métropole, mais à tout prendre, Namur reste une ville agréable à vivre où tout le monde se connait (ou presque). »

La ville européenne que vous préférez

« J’ai très peu voyagé et je m’émerveille facilement des villes que je découvre pour la première fois. Stockholm, Barcelone ou Lyon restent de bons souvenirs, Los Angeles ou San Francisco de moins bons. »

Dans quel pays auriez-vous voulu naître et grandir ?

« Idem que pour la réponse précédente, mais à tout prendre, je choisirais une côte sauvage, la Norvège, l’Irlande, l’Ecosse ou la Bretagne (indépendante). »

Êtes–vous sportif, actif ou passif ? Quel sport ?

« Sportif actif, le plus souvent possible, je randonne avec mon épouse et je tonds la pelouse.

Sportif passif, lorsque je regarde mes enfants faire du volley, de l’escrime ou du parapente. »

Votre site d’architecture favori ?

World-architects.com

D’autres sites Web que vous appréciez particulièrement ?

« Les sites d’agences immobilières, on ne sait jamais… »