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04 februari 2015

L'esplanade des Guillemins à Liège, une ode au béton

Illustratie | Serge Brison
Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | Dethier Architecture

La place des Guillemins a été finalement achevée en 2014, plus de 10 ans après l'attribution du projet par appel d'offres à Dethier Architecture, en association avec Ney & Partners, l’Atelier 4D et l’Agence TER. Cette réalisation témoigne non seulement de la prise en compte des nombreuses et très hétéroclites questions posées par ce type d’aménagement mais également d’une vision urbanistique globale.

 En effet, les architectes ont d’emblée conçu cet espace comme un point de départ pour des aménagements ultérieurs destinés à revaloriser l’ensemble du quartier.

 

Une longue histoire

C’est en 1999 que l’architecte urbaniste Claude Strebelle dépose un schéma directeur pour le remodelage du quartier autour de la gare des Guillemins dont le projet avait, trois ans plus tôt, été confié à Santiago Calatrava. Ce document, qui trace les grandes lignes de l’évolution du site depuis la colline de Cointe jusqu’aux bords de Meuse, s’est notamment concrétisé par un appel d’offres international pour la conception d’une place devant les nouvelles installations ferroviaires, appel que le bureau Dethier Architecture, en association avec Ney & Partners, l’Atelier 4D et l’Agence TER, a remporté en 2003.  Il a donc fallu plus de dix ans, le dépôt de trois permis d’urbanisme, de nombreuses phases de conciliation entre les différents intervenants (EuroliegeTVG, TEC, Ville de Liège, SRWT …) ainsi que de sévères réajustements budgétaires pour faire aboutir le projet.

 

Indissociable de la gare

Située entre la rue des Guillemins, la rue Bovy et la jonction des rues de Serbie et de Sclessin, la place définit une forme triangulaire ouverte en direction de la Meuse. Ses développements formels, en particulier le calcul des gabarits et le placement des matériaux, tendent à lui conférer une unité qui renforce sa présence urbanistique et son rôle d’élément de cohésion envers son environnement. Cette préoccupation se traduit notamment par la définition d’une trame parallèle à celle de la gare, visible dans la disposition des joints de calepinage des revêtements de sol. Les traditionnels pavés des trottoirs s’alternent avec les dalles de béton et s’atténuent dans un dégradé jusqu’au centre de la place, reprenant ainsi les différences de niveaux. Les zones pavées permettent un accès plus facile aux divers impétrants situés sous le revêtement.

 

Lieu de rencontres et carrefour multimodal

Sur le plan fonctionnel, l’Esplanade a été voulue comme un espace polyvalent et flexible. En plus d’assurer la fonction de lieu de rassemblement, le site se présente surtout comme un carrefour de circulations multimodales avec toutes les conditions contemporaines d’efficacité et de sécurité. Les différents moyens de transport (train, vélo, bus, tram) qui connaissent ici des fréquences élevées s’y trouvent connectés et intégrés dans des séquences cohérentes et fluides. Il est également question de confort. L’emploi des grandes dalles de sol facilitent le passage des nombreux usagers munis de valises. Réalisées en béton désactivé, elles ont été préfabriquées en atelier pour assurer une finition et une homogénéité de surface de haute gamme.

 

Jeux d'eau et aménagements verts

Les architectes ont traité avec un soin particulier l’ensemble des circulations piétonnes structurées par l’implantation du végétal et la présence de trois bassins, animés de vagues. Un parterre de jets aléatoires ajoute une dimension supplémentaire à la convivialité du lieu. Etudié en collaboration avec le paysagiste Gilles Clément, les aménagements verts comprennent des pelouses plantées de rosiers, des prunus, des magnolias kobus, des sophora du Japon, ainsi que de nombreux espaces plantés de bambous (550 sujets répartis dans 31 zones distinctes).

 

Eclairage

Une attention particulière a été portée à l’éclairage, principalement basé sur la technologie LED, utilisée pour la première fois dans un projet de telle ampleur à Liège. Les signaux ponctuant les deux extrémités de la place (le rond-point et le carrefour rue de Serbie/rue de Sclessin) ont été étudiés en collaboration avec l’artiste bruxellois Jean Glibert. Les mâts d’éclairage routier très bas ainsi que la disposition des sources lumineuses au sol créent une animation visuelle qualitative, à dimension résolument humaine. Mais surtout, ils favorisent l’intégration des différentes expressions architecturales en présence, et en particulier la gare de Calatrava qu’ils participent, sans effet ostentatoire, à mettre en valeur en la raccrochant à son contexte.

 

Note : Cet article est l'introduction d'un dossier de 28 pages publié par Febelcem et entièrement consacré à l'Esplanade des Guillemins. A télécharger ici.