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08 juni 2020 | MICHEL CHARLIER

Autoportrait : Olivier Barré (MODULO architects)

L’institut supérieur industriel ECAM (Bruxelles) Illustratie | Lieven Van Landschoot
Le futur Institut Roi Albert 2 (extérieur) Illustratie | MODULO Architects - GAF
Le futur Institut Roi Albert 2 (intérieur) Illustratie | MODULO Architects - GAF
Les partenaires du bureau MODULO architects. De gauche à droite : Gijs Deknopper (ir.-arch. - administrateur), Pierre Spruytte (arch. - administrateur), José-Frédéric Baeyens (ir.-arch.), Olivier Barré (arch.) et Lieven Van Landschoot (ir.-arch.). Illustratie | MODULO Architects

Entré en tant que stagiaire chez MODULO architects, Olivier Barré est aujourd’hui l’un des senior partners de ce bureau bruxellois. Fondé il y a exactement 20 ans, MODULO architects est un bureau d’étude pluridisciplinaire composé actuellement d’une vingtaine d’architectes et d’ingénieurs. Sans rechercher l’originalité formelle à tout prix, MODULO privilégie l’architecture franche, contemporaine et durable, dans un objectif à la fois pragmatique et exprimant les enjeux de manière résolument consciente.

 

Sa vision de l’architecture

Parmi les projets que vous avez réalisés, quels sont ceux qui vous procurent le plus de fierté, et pourquoi ?

Je n’aime pas spécialement me retourner sur le passé. Le plus beau projet sera toujours celui que l’on fera demain. J’avoue cependant une petite faiblesse pour un projet datant déjà de quelques années : l’institut supérieur industriel ECAM à Bruxelles. Ce projet a en effet été l’un des premiers à nous permettre d’exprimer notre approche projet basée sur le pragmatisme et l’expression résolument consciente des enjeux. Au bilan, l’ECAM offre à mon sens un très joli équilibre entre outil performant, inscription durable, expression dépourvue de compromis mou et, sans doute le plus important, maîtrise du budget.

Pour quel projet en cours ou en préparation avez-vous des attentes élevées ?

Ayant personnellement longtemps hésité entre la médecine et l’architecture, j’avoue porter un intérêt tout particulier aux projets hospitaliers. Le futur centre du cancer, l’Institut Roi Albert 2, pour le compte des Cliniques Universitaires Saint-Luc de Bruxelles (en association avec notre partenaire néerlandais GAF) fait partie de ces projets qui me tiennent tout particulièrement à cœur.

Pour celui-ci l’institution bruxelloise a en effet suivi notre ambitieuse et résolument novatrice approche des soins hospitaliers d’oncologie. Le nouveau centre du cancer ne sera ainsi plus pensé dans une vision de bâtiment-machine, comme cela se fait depuis toujours, mais s’inscrira autour d’un levier nettement plus puissant : l’Homme.

Quel projet d’un autre architecte belge est selon vous une belle réussite ?

La bibliothèque De Krook à Gand, œuvre du bureau Coussée & Goris architecten (associé à l’agence espagnole RCR Arquitectes) : le projet s’inscrit dans une démarche fonctionnelle particulièrement maîtrisée et dote la ville d’une pièce d’articulation urbaine plus qu’intéressante. Du beau travail sans l’ombre d’un doute. 

Quels architectes étrangers sont pour vous une grande source d’inspiration ?

L’aphorisme « Form Follows Function » de Louis Sullivan fonde depuis longtemps ma philosophie de l’architecture. Et même si l’on doit avouer que, ces dix dernières décennies, la production de ce célèbre confrère américain s’est faite discrète, l’approche qu’il a mis en place à l’époque de l'école de Chicago n’est rien d’autre … qu’essentielle.

Quels projets récents construits à l’étranger considérez-vous comme particulièrement réussis ?

J’avoue ne pas être un grand fan de l’architecture ‘spectacle’, à savoir celle qui puise sa renommée dans sa démesure et les sommes astronomiques investies. J’ai en effet un besoin viscéral de ressentir que l’objet architectural résulte vraiment de la meilleure réponse à l’équation. Une chose généralement difficile à évaluer sans maîtrise complète du contexte. Cependant, indépendamment de toute analyse approfondie, je relève un ressenti très positif pour le projet phocéen du MUCEM de Rudy Ricciotti.

Quel jeune architecte belge vous impressionne le plus pour le moment ?

J’aime la fraîcheur juvénile et l’approche encore pleine de rêves de Philippe Samyn. Comme quoi la jeunesse est une notion toute relative…

Quels aspects du métier d’architecte trouvez-vous passionnants ? Inciteriez-vous les enfants d’aujourd’hui à suivre cette voie ?

Soyons clairs : le métier d’Architecte relève de la gageure et est pavé d’écueils de tous genres… mais, quand il n’est pas laid, il est quand même franchement magnifique. Il ne serait donc pas pour me déplaire que mes enfants choisissent de suivre cette même voie. Par contre, je serais nuancé quant à inviter tous les jeunes sur ce chemin. Il faut en effet y être adapté et préparé. S’il y a beaucoup d’appelés, il n’y aura que peu d’élus… et ces derniers ne seront même pas forcement les meilleurs. 

Car la principale compétence qu’impose le métier d’Architecte, et qui en fait d’ailleurs pour moi son plus grand intérêt, est cette obligation de multi-compétences. Choisir l’architecture aujourd’hui, c’est un peu comme opter pour une formation d’ingénieur-artiste-économiste-technicien-politicien-conseil-juriste. À ma connaissance, seules les compétences musicales et de dentisterie ne semblent pas jouer un rôle prépondérant dans notre métier.  

Quelle rencontre fut décisive pour votre épanouissement en tant qu’architecte ?

Sans la moindre hésitation : celle de mon épouse. Une femme formidable qui m’offre la sérénité indispensable à la gestion de ce métier passionnant, mais contraignant.

Vous reconnaissez-vous encore dans le jeune étudiant ambitieux que vous avez été ? Rêve et réalité se sont-ils rejoints ?

En partant du postulat que j’ai été un étudiant ambitieux (ce qui n’est pas tout à fait faux), je dois reconnaître une certaine discordance quant au bilan. Je ne dis pas que la réalité est moins belle que ne l’étaient mes attentes de jeune étudiant, mais il faut l’avouer : « On ne nous dit pas tout ! » 

 

Un peu de tout

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer ? Médecin

Où avez-vous suivi votre formation en architecture ? ISAVH et IUAT (ULB)

Chez qui avez-vous été stagiaire ? MODULO architects

Quel était le titre de votre travail de fin d’études ? Et de quoi parlait-il ? Gnothi seauton (Connais-toi toi-même). Un essai philosophique du métier d’Architecte. Avec du recul, un travail pas inintéressant du tout.

Votre livre d’architecture favori : c’est un choix trop cornélien…

Votre livre favori (hors architecture) : Le combat ordinaire, de Manu Larcenet.

Votre film préféré : Les tontons flingueurs.

Votre programme tv préféré : Je ne suis pas un grand adepte de programmes tv.

Votre musique favorite : Là, c’est l’éclectisme total…

Que faites-vous volontiers dans vos temps libres (si vous en avez) ? : Je suis un grand motivé de golf, un loisir heureusement peu chronophage.

La ville belge que vous préférez : Sans doute Bruxelles, par cœur plutôt que par raison.

La ville européenne que vous préférez : J’hésite entre Copenhague et Tallinn.

Dans quel pays auriez-vous voulu naître et grandir ?  Pourquoi pas l’Australie ?

Etes-vous sportif, actif ou passif ? Et si oui, quel sport ?  Je suis un sportif actif. Tout ce qui se joue avec un truc rond et qui roule…