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03 juni 2019 | MICHEL CHARLIER

La première école belge avec une structure bois-paille-argile

Illustratie | Collège Notre-Dame de Bon Secours
Illustratie | Collège Notre-Dame de Bon Secours
Illustratie | Collège Notre-Dame de Bon Secours
Illustratie | AAIA
Illustratie | Collège Notre-Dame de Bon Secours

Le Collège Notre-Dame de Bon Secours de Binche a véritablement fait œuvre de pionnier en matière de bâtiments scolaires en faisant construire 3 nouveaux bâtiments avec une structure bois-paille-terre. Une réflexion écocitoyenne, une vision d’avenir impulsée par l’équipe de direction et partagée tant par les enseignants que par les élèves.

 

Au Collège, dans le parc arboré du site Le Pavillon, se trouvaient d’anciens pavillons préfabriqués datant des années ’50, accueillant les élèves du 3e degré secondaire. Des pavillons vieillissants dans lesquels le bruit et la chaleur étaient régulièrement insoutenables. La direction de l’école a donc décidé de les remplacer par trois nouveaux bâtiments, accueillant 8 classes dans le premier, 3 classes et des sanitaires dans le deuxième et enfin 2 classes, des labos et des sanitaires dans le troisième, pour une superficie totale de 1 100 m2.

Qui veut se lancer dans un projet innovant ?

Le bureau d’architecture bruxellois ALTER Atelier d’Architecture et d’Ingénierie (AAIA) a conçu le projet sur base de la demande du maître d’ouvrage. Les bureaux d’étude Eureca et A+ Concept ont travaillé sur le projet, réalisé par l’entreprise générale De Graeve. Un projet dont le coût total s’élève à 1 500 000 € HTVA. Mais un projet qui n’a pas été simple à mettre en œuvre… Teresa Maggiordomo, directrice de l’établissement : « Nous étions la première école de Belgique à souhaiter ce mode de construction et nous n’avions donc pas d’expériences, d’autres cas sur lesquels nous baser. Lorsque nous avons lancé le marché public, une seule entreprise générale a remis une offre, qui était de plus beaucoup trop chère. Nous avons donc dû démarcher nous-mêmes d’autres entreprises générales, pour leur expliquer le projet. Cela a permis de recevoir différentes propositions et de démarrer le projet. »

Des murs en ossature bois isolés en ballots de paille

Le chantier du premier bâtiment commence début 2017 et se termine quelques mois plus tard. Les sols et la toiture des bâtiments sont en liège. Le système constructif – des murs en ossature bois isolés en ballots de paille – est mis en œuvre par l’entreprise PailleTech, de Franière.

« La paille est utilisée comme isolant et c’est la structure bois qui assure la stabilité », explique Julien Lefrancq, administrateur et directeur commercial chez PailleTech. « La paille est également le support d’enduit et elle est donc recouverte directement de 5 cm d’enduit d’argile (100KG/m2), ce qui permet d’éviter les membrane freine vapeur et, en atelier, de déjà pouvoir intégrer dans cette épaisseur les gaines électriques. L’enduit assure donc l’inertie thermique, une bonne acoustique, la régulation hygrométrique et l’étanchéité à l’air de la paroi ainsi que l’espace nécessaire à l’intégration en atelier des tubes et blochets électriques. »

Un bâtiment au bilan CO2 négatif

 « Ce système constructif permet de réaliser des bâtiments avec un bilan ‘dioxyde de carbone’ négatif », continue Julien Lefrancq. « Étant donné leur origine végétale, ces matériaux sont des fixateurs de CO2, non polluants et non générateurs de déchets gênants. Le soin apporté à leur mise en œuvre permet une grande longévité aux bâtiments et, si l’on décide de les démolir, ils sont presque totalement compostables. Contrairement à la maison conventionnelle où une énorme quantité d’énergie est nécessaire à la fabrication des matériaux – pour la cuisson des briques ou la fabrication du ciment – , à leur mise en œuvre et à leur transport, la maison positive de Paille-Tech évite de gaspiller toutes ces énergies dites grises, notamment grâce à un approvisionnement via des filières aussi courtes que possible. »

Une finition en enduit d'argile

Les murs et les toitures sont construits en atelier puis amenés sur chantier. Les toitures sont finies et déjà munies d’un parement bois. Quant aux murs, ils sont terminés sur le chantier avec un enduit d’argile au fort pouvoir de régulation hygrométrique et excellent isolant acoustique, qui les dote d’une inertie thermique et ne nécessite ni peinture ni, par la suite, de travaux d’entretien (tout au plus un lavage).

En matière d’isolation thermique, les trois bâtiments scolaires peuvent se prévaloir d’un coefficient K de 29 et d’un niveau de performance énergétique globale Ew respectif de 60, 55 et 52, ce qui a permis au Collège binchois de recevoir le ‘Prix Bas carbone’ dans le cadre des Green Solutions Awards 2018.