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10 februari 2020 | MICHEL CHARLIER

Un bel exemple de traduction de contraintes en opportunités

Illustratie | M. Avaert
Illustratie | M. Avaert
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A Walhain, Urbali – Bureau d’études/Architecture/Urbanisme a conçu la construction de 33 logements, d’un immeuble mixte, des abords et des voiries pour le compte de trois opérateurs publics du Brabant Wallon. Le bureau d’architectes a dû jongler avec plusieurs éléments contraignants : budget serré, performances énergétiques à atteindre, insertion dans l’environnement bâti et… demandes distinctes des maîtres d’ouvrage.

 

Ce projet de construction d’un ensemble de logements a été mené en partenariat entre la Société de Logement de Service Public Notre Maison, la commune de Walhain et le CPAS de Walhain, propriétaire du terrain. L’architecte en charge de la conception du projet, Sylvie Agneessens, a dû faire face dès le départ à une situation particulière : « Les deux maîtres de l’ouvrage présentaient des demandes distinctes et assez diversifiées, dont notamment de proposer des logements pour seniors - avec l’objectif de tendre vers les fonctions habituellement proposées par une résidence services - et pour familles, en intégrant à ce programme un caractère intergénérationnel et de mixité sociale. » L’idée d’une nouvelle place de village signifiante était également émise.

Contraintes versus opportunités

« Etant donné qu’il s’agissait d’un projet soumis à subsidiation de la Wallonie, la contrainte d’un budget serré, portant tant sur les logements que sur les équipements et les voiries, allait être prééminente dans la conception », se souvient Sylvie Agneessens. Les performances énergétiques devaient également être meilleures que les normes en vigueur (K<35 et Ew<60 pour les logements publics), tout en cadrant dans ce budget serré.

Autre contrainte, il s’agissait de s’insérer dans un site de taille restreinte, qui était cependant idéalement localisé dans la commune. Sylvie Agneessens : « La volonté était de construire un nouveau cœur de village, vu comme un trait d’union entre deux pôles existants : le centre administratif et commerçant dans le bas du village et les équipements sportifs et sociaux dans le haut du village, à la limite du plateau agricole. »

Ces contraintes ont été prises en compte comme des opportunités de diversités, d’évolutivité

et d’inclusion par l’architecte.

5 ensembles autour d’une place

Le projet est organisé en 5 ensembles de constructions autour d'un large espace vert. La composition urbaine, construite selon l’axe d’un ancien chemin vicinal, traverse le site et est reliée à d'autres voies périphériques existantes.

Pour Notre Maison, la diversité de logements est totale : maisons et appartements, appartements familiaux et pour seniors, à vendre ou à louer, adapté ou non aux PMR. La commune de Walhain, quant à elle, propose un petit nombre de maisons et d’appartements à la vente ainsi qu’un immeuble mixte au rez-de-chaussée duquel on trouvera un espace commercial, trois bureaux médicaux et un centre communautaire.

Repenser l’espace public

« Dans la volonté de recréer l’ambiance d’un cœur de village », explique Sylvie Agneessens, « l’espace public a été pensé et composé afin de privilégier l’humain et le ‘vivre ensemble’ : une voirie résidentielle, un renforcement du maillage des cheminements en ‘mode doux’, des poches de parking discrètes et excentrées, un espace public central dégagé, essentiellement vert et perméable, une amélioration de la diversité biologique par une végétation structurante, choisie de manière limitative parmi quelques essences indigènes et mellifères. » Au centre de l’espace vert se trouve une zone de jeux pour enfants, un potager communautaire et une piste de pétanque. « L’objectif est de venir renforcer la diversité des usages et soutenir le lien social en multipliant les possibilités de rencontre. »

Volumétrie et matériaux utilisés

Par souci d’intégration au contexte bâti existant, les gabarits et volumétrie restent dans la droite ligne du logement traditionnel rural. Par contre, les façades ont été conçues de manière plus  contemporaine. « La maîtrise d’un budget serré a mené à des choix sobres et raisonnés en matière d’esthétique », précise l’architecte. « Nous nous sommes donc limités à deux matériaux de parement, déclinés en deux tonalités uniquement : rouge foncé pour la brique et blanc cassé ou rouge pour l’enduit, en référence au cadre bâti dominant à Walhain. Grâce au choix de deux teintes de joints de parement, une sobre diversité est introduite dans les développés des façades des ensembles. De la même façon, la limitation volontaire à trois types de dimensions de baies, exprimant la fonction de l’espace correspondant, a permis une composition des façades reflétant le même esprit qui est porteuse d’unité pour le quartier. »

Compacité et apport de lumière

La compacité des logements a été étudiée, afin de se rapprocher d’un optimum économique en termes de coût de construction par logement, sans omettre les nécessaires espaces de rangement individuels et collectifs, ni les locaux techniques. Cette compacité ne se fait pas au détriment de l’apport de lumière. Sylvie Agneessens : « Le détail d’allège opalines et fixes des baies verticales allant jusqu’au sol est une réponse économique dans le premier sens du terme, permettant d’optimiser l’apport de lumière, l’intimité des espaces, la sécurité et le coût de réalisation. Quant aux cages d’escaliers des logements multiples, elles sont ouvertes sur l’espace public. La répétition de leur habillage/garde-corps en bois indigène laissé naturel, couvrant d’un seul geste la moitié des vastes ouvertures de ces façades est un rappel discret des passages charretiers des nombreux bâtiments agricoles traditionnels de la région. »

Energie et eaux de pluie

En matière de bilan énergétique des logements, le mode de construction et le choix des techniques, bien que traditionnels (doubles murs isolés, chauffage gaz principalement, ventilation mécanique contrôlée), ont été poussés au plus loin de ce que permettait le budget. Les maisons destinées à la vente disposent d’une pompe à chaleur pour leur chauffage et l’eau chaude sanitaire ainsi que d’une citerne d’eau pluviale avec réutilisation domestique.

La dimension environnementale de la gestion des eaux de pluie a été quant à elle étudiée avec un soin particulier, étant donné le contexte d’aléas d’inondation de la rivière en contrebas direct du projet. Sur base d’une étude hydrogéologique, l’auteur de projet a conçu un double système de gestion des eaux de pluie : rétention et infiltration des eaux de toitures par le coffre des voiries et infiltration des eaux de ruissellement des voiries dans l’espace vert central n’ayant subi aucun remaniement de niveau. Des noues d’infiltration paysagères ‘de sécurité’ complètent le dispositif de manière peu coûteuse et discrètes, quoique structurantes pour le paysage.

GERELATEERDE DOSSIERS