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17 maart 2020 | PHILIPPE SELKE

BE-HERE : remarquable réhabilitation durable

Illustratie | Georges De Kinder
Illustratie | Georges De Kinder
Illustratie | Georges De Kinder
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Illustratie | Georges De Kinder
Illustratie | BESP

A Laeken, les anciens établissements Byrrh (construits en 1925) attestent du riche passé industriel de la région. Ce patrimoine architectural somptueux est l’œuvre de l’architecte parisien attitré de la société Violet, Anatole Laquerriere.  En 1961, la maison Violet est absorbée par Dubonnet-Cinzano. La boisson apéritive Byrrh est passée de mode ! En 1997, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale décide de classer la façade et la toiture du bâtiment. Dix ans plus tard, le CPAS de la Ville de Bruxelles fait l’acquisition du bâtiment Byrrh afin d’y développer un projet de pôle d’activités économiques urbaines, qui sera nommé BE-HERE.

 

Un dossier de candidature au FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) est introduit avec succès dans le cadre de la programmation « Objectif 2013 : investissons ensemble dans le développement urbain ». Au terme d’un concours d’architecture, ce sont les architectes, ingénieurs, et spécialistes du patrimoine de l’association désignée « BESP – Ozon – Studeo » (anciennement « JZH & Partners – Ozon architecture – N. Creplet ») qui se mettent au travail. Le résultat a été inauguré en mai 2019 et vaut le détour.

Economie circulaire et alimentation durable

Nicolas Creplet (Studeo) : « Ozon avait déjà une belle expérience similaire avec la rénovation de l’Atelier des Tanneurs dans le quartier des Marolles. Pour Be-Here, Ozon cherchait un partenaire pour assurer la restauration des parties classées de l’immeuble. Au fil des permis successifs, Studeo est devenu pilote du projet à la place d’Ozon. »

Le projet BE-HERE propose des espaces semi-industriels, de production, de vente, mais aussi des bureaux, avec des infrastructures communes fonctionnelles. Il s’adresse à des entreprises ciblées en priorité dans ou autour de la filière de l’alimentation durable et dont le business model intègre les principes de l’économie circulaire et ou des fonctionnalités mais aussi à des projets culturels, d’économie sociale, générateurs d’emplois. Le projet a aussi pour objectif de devenir un lieu de vie ouvert pour les habitants du quartier. Ceux-ci y trouveront en effet un marché bio.

Bâtiment hors-normes

Le bâtiment était sous-occupé depuis un certain temps. Après Byrrh, il fut utilisé un peu par Belgacom moyennant quelques transformations, puis par des collectifs d’artistes. Quelques occupations précaires ont précédé les travaux.

D’une superficie totale de 9000 m2, l’ensemble est composé de 3 grandes halles (dont une nettement plus large que les deux autres) avec verrière, autour desquelles on trouve des ateliers. Il faut s’imaginer qu’à l’époque, une voie de chemin de fer amenait directement les wagons-foudres à l’intérieur du bâtiment...

Pour les architectes, le défi principal de ce vaste chantier fut de préserver la légèreté des structures métalliques, aussi bien au niveau des verrières que des charpentes.

Charpentes métalliques

Les charpentes métalliques ont été restaurées par Metalor : redresser les fers pliés, remplacer les fers manquants, reboulonner, consolider les pieds en ajoutant des plats métalliques, … Du travail en partie artisanal que peu sont encore capables de réaliser de nos jours. Certains pieds, enforcés dans le sol, étaient complètement rouillés et ont été reconstitués. L’ensemble des pannes, sur lesquelles s’appuient les verrières pour transférer leur charge sur les charpentes métalliques, ont été remplacées.

Verrières

C’est la ferronnerie Dejeond qui, en sous-traitance de l’entrepreneur Galère, s’est chargée de refaire toutes les verrières, dans le respect à la fois du patrimoine et des normes actuelles. Anne Dejeond, gérante : « Les toitures étant classées, il y avait obligation de remplacer l’existant (de simples fers T et cornières) par de nouveaux profilés en acier, à l’aspect presqu’aussi mince que les anciens mais compatibles avec du double vitrage. Ce qui n’existe pas en standard... En concertation avec Galère, et grâce à la taille importante du chantier (chaque pan de la grande verrière fait 6,20 m, ou 2,5 m pour les petites verrières et ce sur une longueur d’environ 50 m), nous avons pu créer un profilé spécifique en acier, sur mesure pour ce bâtiment. »

Nicolas Creplet : « Les profilés servant de support au vitrage ont tous été remplacés pour une question d’étanchéité. Nous souhaitions une nouvelle toiture qui soit durable. Sans aller jusqu’à utiliser des profils à coupure thermique, en raison des budgets à respecter et du fait que l’espace couvert n’est pas chauffé. Le vrai problème était de concevoir des profilés en acier dont la géométrie permette le double vitrage tout en respectant l’aspect historique. »

Quant à la verrière surplombant la cour d’entrée, elle a été réalisée en simple vitrage, mais c’est sa structure pyramidale irrégulière à base triangulaire qui est remarquable. Son montage a d’ailleurs nécessité une technique spécifique, consistant à souder directement sur la charpente au fur et à mesure et trianguler pour obtenir la rigidité voulue.

Laissons le mot de la fin à Anne Dejeond : « Pour nous, c’est un beau chantier, comme on les aime. Nous faisons très rarement du standard. Et le résultat est à la hauteur des espérances de toutes les parties. »

 

Localisation : Laeken

Maître d’ouvrage : CPAS de la Ville de Bruxelles

Architectes : A.M. BESP – Ozon – Studeo

Entrepreneur général : Galère

Constructeur métallique charpente : Mecanor (Fleurus)

Constructeur métallique verrières : Ferronnerie Dejeond (Liège)