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20 mei 2020 | PHILIPPE SELKE

Un nouveau bâtiment médico-technique pour les Hôpitaux Iris Sud à Ixelles

Illustratie | ASSAR ARCHITECTS
Illustratie | ASSAR ARCHITECTS
Illustratie | ASSAR ARCHITECTS
Illustratie | ASSAR ARCHITECTS

A la fin de l’année passée, ASSAR a livré aux Hôpitaux Iris Sud à Ixelles un nouveau bâtiment médico-technique, dont les différents étages sont mis en service au rythme d’environ un tous les mois et demi. Il s’agit là de la phase 4 du développement de cet hôpital, qui prend place sur l’ancien parking réservé au personnel. Dès la conception, une attention particulière fut apportée à la modularité et aux possibilités d’évolution dans le temps du bâtiment.

 

Le nouveau bâtiment comptabilise +/-10.900 m² répartis sur 7 niveaux. Il abrite un parking souterrain pour le personnel (niveau -2), un étage dédié à la logistique (niv. -1), un hôpital de jour chirurgical équipé de 4 salles d’opération (niv. 0), une unité de soins intensifs de 9 postes (niv. +1), un bloc opératoire comptant 4 salles d’opération (niv. +2), ainsi qu’un service de stérilisation centrale (niv. +3). Le dernier étage (niv. +4) n’est pas encore affecté à ce jour. Dans l’intervalle, il pourra servir de réserve pour faciliter les prochains travaux de transformation et modernisation dans les bâtiments existants.

Conçu à partir de 2010 par Jean Massa et Guy Standaert, associés seniors d’ASSAR architectes, et David Bejaer, architecte gestionnaire du projet, le nouveau bâtiment fut construit sur une période de 5 ans. Implantée en intérieur d’îlot d’une zone urbaine, l’extension possède un gabarit étudié afin de créer une gradation entre l’hôpital adjacent et les habitations unifamiliales voisines. David Bejaer : « Nous avons aussi veillé à minimiser les nuisances par rapport aux bâtiments du CPAS et aux riverains. De même, les interactions entre le chantier et l’hôpital en activité ont été réduites au minimum, notamment en prévoyant les connections et percements le plus tard possible. » Le nouveau bâtiment a été raccordé à l’existant par deux passerelles, créant des connections variées et une gestion différenciée des flux.

L’intention des architectes était de créer une ambiance intemporelle. Ils l’ont fait en impliquant très en amont les utilisateurs et le personnel puis en traduisant leur état d’esprit en teintes, grâce à la psychologie des couleurs.

Liberté, flexibilité et modularité

Selon David Bejaer, qui a travaillé quasi exclusivement sur des projets hospitaliers depuis le début de sa carrière d’architecte il y a 16 ans, les hôpitaux connaissent des fréquences de rénovation de plus en plus élevées (tous les 5 à 10 ans). Il est donc primordial de concevoir la structure portante de manière à restreindre les contraintes techniques et permettre des aménagements variés. Dès la conception, les plateaux ont ici été prévus pour être aisément modifiables dans le temps. En fonction de l’utilisation actuelle des différents étages, les façades sont percées assez librement avec des fenêtres disposées suivant les besoins. Ces façades étant réalisées en structure poutres-poteaux avec remplissage en parpaings derrière un enduit sur isolant, l’hôpital pourra percer ultérieurement de nouvelles fenêtres sans trop de difficultés.

David Bejaer : « Outre les indispensables fonctions de pare-soleil et de filtre visuel, travailler avec des ventelles nous a libéré des interactions entre l’architecture extérieure et le programme intérieur. La « peau » extérieure en ventelles vient masquer la disposition fort disparate des ouvertures, et continuera à le faire pour d’éventuelles nouvelles ouvertures réalisées dans le futur. »

Intemporalité et intégration artistique

Quant à l’aménagement intérieur, il se caractérise par beaucoup de blanc et de gris clair ponctué par quelques touches de couleur et motifs de bois clair. L’intention des architectes était de créer une ambiance intemporelle. Ils l’ont fait en impliquant très en amont les utilisateurs et le personnel puis en traduisant leur état d’esprit en teintes, grâce à la psychologie des couleurs. Ainsi, la notion d’hygiène chère aux blocs opératoires a été traduite en bleu-mauve. L’ « espoir » exprimé par les utilisateurs des soins intensifs a été traduit en vert et la « qualité » a induit le jaune.

Au rez-de-chaussée, là où est installé l’hôpital chirurgical de jour dans lequel le maître d’ouvrage fonde de belles ambitions, ASSAR a travaillé avec une artiste. David Bejaer : « Quand nous avons construit le pavillon d’accueil, inauguré en 2010, nous avions collaboré avec Jeanet Honing pour les sols coulés du rez-de-chaussée et de la cafétéria. A l’époque déjà, nous avions l’idée de poursuivre ce partenariat artistique dans la future extension. Nous lui avons juste donné quelques lignes directrices et renseigné les couleurs déjà présélectionnées pour les autres matériaux. Jeanet Honing étant une artiste ouverte aux échanges, le concept final fut trouvé rapidement et approuvé avec autant de facilité par le client. » Cette œuvre au sol prolonge l’entrée du pavillon d’accueil jusqu’à l’intérieur même de l’hôpital de jour chirurgical et assure une cohérence esthétique pour les espaces accessibles au public et aux patients.

Après ce beau projet pour le site d’Etterbeek-Ixelles, les hôpitaux Iris Sud étudient maintenant le développement de leurs autres sites tandis que la cellule HealthCare d’ASSAR commence - entre autres choses- deux nouveaux projets à Ottignies, livre bientôt un tout nouvel hôpital à Liège… et développe son implantation à Paris via son antenne ASSAR-France.