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30 juni 2020 | MICHEL CHARLIER

Light On, un bâtiment atypique pour un client particulier

Illustratie | Louis De Waele
L’exiguïté de la parcelle et l’étroitesse de la rue ont rendu le chantier complexe. Illustratie | Louis De Waele
A l’avant, la façade en porte-à-faux est munie de zinc perforé. Illustratie | Louis De Waele
Les circulations, les services et les techniques étant installés dans le noyau central, les espaces de travail sont bien exposés à la lumière naturelle. Illustratie | Louis De Waele
WeWork veut proposer des espaces de coworking haut de gamme. Illustratie | Louis De Waele

Rue du Commerce 31, Bruxelles… Adieu bâtiment dense, peu lumineux et bourré d’amiante, bonjour Light On ! Le tout nouvel immeuble de bureaux, occupé par la société WeWork, leader mondial d’espaces de coworking technologique et haut de gamme, a été baptisé ainsi en raison de son important apport de lumière à l’intérieur du bâtiment. Et aussi, sans doute, parce que ses façades avant et arrière en zinc rouge attirent le regard.

 

Le bâtiment racheté par le promoteur Eaglestone ne correspondait à aucun standard actuel des espaces de bureaux. De plus, toute la parcelle était construite (réduisant l’espace extérieur), la hauteur des niveaux était insuffisante, les façades étaient peu performantes et contenaient de l’amiante. Autant de raisons qui ont poussé le propriétaire à envisager la destruction complète (y compris les fondations) de l’immeuble et la conception d’un nouveau bâtiment. Une conception confiée au bureau Art & Build Architect et une construction réalisée par les Entreprises Louis De Waele.

Les caractéristiques

« L’objectif était de reconstruire un bâtiment de superficie équivalente tout en libérant un espace de jardin en intérieur d’îlot, en alignant le gabarit et les niveaux avec le bâtiment voisin pour, le cas échéant, permettre une mutualisation des bâtiments, et créer une terrasse et une troisième façade au-dessus des immeubles plus bas », explique Patrick Israël, architecte et directeur de projet chez Art & Build. « Il s’agissait également d’offrir des espaces de qualité, lumineux  et permettant une grande flexibilité d’aménagement quel que soit le futur occupant ».

« Sur un nouveau radier, nous avons reconstruit une structure complète traditionnelle composée de deux sous-sol et de 7 étages en plus du rez-de-chaussée », précise Jonathan Schmit, gestionnaire de chantier chez Louis De Waele. « Il s’agit d’une structure en poutres-colonnes avec noyau central en prémurs et voiles en béton jusqu’au 3e étage, puis en silico-calcaire pour les étages supérieurs. »

Lumière et zinc rouge

La profondeur du bâtiment a permis d’implanter au centre tous les espaces de circulation, de service ou les équipements techniques. « Cela a permis d’offrir la totalité des espaces de travail en premier jour pour la lumière naturelle », explique Patrick Israël. « Le système de façade a été étudié pour offrir un maximum de lumière dans les bureaux et favoriser les vues, surtout sur la rue du Commerce qui est très étroite. Le choix du nom synthétise parfaitement les objectifs du projet : Light On pour la lumière et la transparence dans les espaces qui sont créés, Light On pour la connectivité que les espaces peuvent offrir. »

Une des particularités du bâtiment réside dans ses murs-rideaux avant et arrière. Jonathan Schmit : « A l’arrière, la façade est recouverte en partie de cassettes en zinc Pigmento® rouge terre, un produit assez récent et inédit de VM Zinc, fixées sur des panneaux de bois avec isolant. » Un choix notamment lié à la volonté de limiter l’apport de chaleur en été. « A l’avant, sur le porte-à-faux d’1,5m, on a posé du zinc perforé de la même marque, dont la perforation n’est pas constante mais évolutive. »

Plusieurs défis

Outre l’exiguïté des lieux rendant quasi impossible le forage de pieux et le stockage des matériaux, la construction a dû été réalisée à flux tendu durant tout le chantier. La raison tient en grande partie au locataire des lieux, WeWork, qui est venu avec des contraintes très particulières, liées notamment à la densité des personnes dans le bâtiment. « Nous en étions déjà au 2e étage dans le gros-œuvre lorsque ces demandes sont arrivées », se souvient Jonathan Schmit. « Nous avons dû doubler les groupes de ventilation et, par conséquent, toutes les trémies et les passages de gaines, et augmenter la puissance de la pompe à chaleur. Nous avons également agrandi toutes les portes des cages d’escalier afin de garantir des chemins d’évacuation sécurisés et répondant aux normes. »

BIM, Lean Planning et collaboration

Travaillant pour deux clients différents, le gros-œuvre devait être complètement terminé pour pouvoir commencer les parachèvements. Pari tenu puisque le gros-œuvre a été livré début juillet 2019, l’aménagement locatif a commencé en août (sur une superficie de plus de 6000 m²) et le bâtiment a été livré le 19 décembre 2019. Un bel exploit, permis par l’utilisation d’un Lean Planning et du Bim (modélisation Revit).

Une excellente collaboration entre les intervenants était également nécessaire. Patrick Israël : « Le projet a été repensé totalement en cours de chantier avec des échéances très serrées qui ne prenaient en compte que des contraintes contractuelles financières sans tenir compte des contraintes de logique de construction. Au final, avec la collaboration de tous, nous avons pu atteindre les objectifs souhaités. »