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12 januari 2021 | MICHEL CHARLIER

Une passerelle conçue et réalisée en Wallonie installée en Flandre

L’acier Corten a permis à la passerelle de se fondre immédiatement et naturellement dans le paysage. Illustratie | Sammy de Rycke
Vu l’étroitesse des chemins bordant la rivière, il n’a pas été simple d’installer la passerelle, assemblée en atelier et amenée sur place en un seul élément. Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux
Le Tragelweg, chemin situé le long de la rivière, a été restauré et sera muni d’un mécanisme ne permettant l’accès qu’aux véhicules agricoles, aux piétons et aux cyclistes. Illustratie | De Vlaamse Waterweg nv + Natuur en Bos Vlaamse overheid
Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux
Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux
Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux
Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux
Illustratie | Servais Engineering Architectural - Christophe Peigneux

Le Roerdompbrug – la Passerelle du Butor –, élégante construction en acier Corten, est la seule à permettre la traversée du Kalkenvaart, un ancien bras de l’Escaut situé dans la réserve naturelle des Kalkense Meersen. Elle s’inscrit dans le Plan Sigma, visant à fournir une protection contre les inondations de l’Escaut et de ses affluents. Deux entreprises francophones - le bureau d’études et d’architecture Servais Engineering Architectural et les Ateliers de chaudronnerie Melens-Dejardin - ont joué un rôle essentiel dans ce projet.

 

La réserve naturelle des Kalkense Meersen est traversée par de nombreux sentiers de promenade, mais elle était malheureusement coupée en deux par la rivière Kalkenvaart. Le franchissement du cours d’eau et l’aménagement des abords étaient donc plus que nécessaires. 

Plan Sigma

Les Kalkense Meersen entrent en compte dans le Plan Sigma, un programme de gestion des inondations et de l’écosystème le long de l’Escaut créé en 1976. Les deux organismes flamands chargés de mettre en place et d’assurer le suivi de ce programme sont Vlaamse Waterweg nv (coordination et  gestion des eaux) et l’agence Natuur en Bos (protection de l’écosystème). 

Un concours Design & Build

Pour la passerelle à construire au-dessus du Kalkenvaart, dans un contexte économique très serré, Natuur en Bos a opté pour un processus Design &  Build. Afin de poser un choix objectif, des représentants des communes voisines et des organismes gestionnaires du Plan Sigma ont été interrogés. Ils ont jugé les projets sur base de divers critères : conception, durabilité, adéquation à l’environnement, technicité... C’est une offre venue de Wallonie, remise par le bureau Servais Engineering Architectural (SEA) en association avec les Ateliers Melens-Dejardin, qui a remporté le concours. On trouvait également dans l’équipe de conception le professeur Arthur De Roover (UGent).

La conception

« La conception de cette passerelle, d’une portée de 25 m pour une largeur utile de 3 m, est basée sur un principe où chaque élément possède un rôle structurel », explique Vincent Servais, fondateur et gérant de SEA. « L’ouvrage est léger, fonctionnel et minimaliste. Il ne comporte aucun élément secondaire. L’arc porteur est stabilisé transversalement par la tôle, pliée et découpée, qui fait office de garde-corps. Cette optimisation nous a permis de fournir un ouvrage à un prix concurrentiel. » Et de donner à l’ouvrage une esthétique particulière. 

« Le design de ce projet unique, conçu sur mesure pour ce concours, était inspiré de celui d’une autre passerelle, de moitié moins grande, que nous avions réalisée à On (Jemelle) il y a une dizaine d’années », précise Gérard Dejardin, gérant des Ateliers Melens-Dejardin. 

Acier Corten

Le projet se caractérise par l’emploi de l’acier Corten, auto-patinable, qui ne doit être ni peint ni entretenu et qui permet à la passerelle de se fondre parfaitement dans le paysage. Mais il a aussi des contraintes. Gérard Dejardin : « L’acier Corten n’est disponible que sous forme de tôles planes, mais il n’existe pas de profils adaptés ni de poutrelles ni de tubes. Nous avons donc dû tout découper hors tôle. Heureusement, les tôles sont disponibles dans  une large gamme d’épaisseurs. »

Expérience et expertise

Les Ateliers Melens-Dejardin et le bureau SEA ont l’habitude de travailler ensemble. L’atelier de chaudronnerie, créé en 1932, est notamment certifié pour la ferronnerie et la construction de structures porteuses métalliques :      « Nous collaborons fréquemment à des projets audacieux : escaliers métalliques monumentaux, clochers d’église en inox, toitures en acier… aux formes inhabituelles et aux dimensions hors normes. Nous avons également une longue expertise dans le domaine artistique, ayant réalisé d’imposantes pièces pour Bernar Venet ou Arne Quinze, ce qui nous a permis d’être connus à  l’étranger. »

Timing et installation

Le travail en atelier a pris un peu moins d’une demi-année – préparation, réalisation, assemblage, contrôle des soudures à pleine pénétration par un organisme certifié – et a représenté un peu plus de 800 h de travail, selon Gérard Dejardin. La structure de 11 tonnes a été installée le 6 octobre dernier par Melens-Dejardin sous l’oeil attentif du maître d’ouvrage. Les premiers piétons et cyclistes à l’avoir traversée ont déjà manifesté leur contentement, notamment sur les réseaux sociaux. Et la passerelle est rapidement devenue un lieu incontournable pour les photographes.

 

GERELATEERDE DOSSIERS