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02 november 2021 | MICHEL CHARLIER

Volta III (Atelier 229) : quand les logements sociaux participent à la densification urbaine

Illustratie | Nicolas Da Silva
Illustratie | Nicolas Da Silva
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Illustratie | Nicolas Da Silva
Illustratie | Nicolas Da Silva
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Illustratie | Nicolas Da Silva

De plus en plus souvent, et c'est une bonne chose, les exigences des maîtres d'ouvrage en matière de conception de logements sociaux sont élevées en ce qui concerne les aspects durabilité, pérennité et confort des projets, tant en construction qu'en rénovation. Dernier exemple en date : Volta III, 24 logements sociaux regroupés en 2 bâtiments, conçus par l'Atelier 229 et Stekke+Fraas, un bel exemple de densification intelligente et délicate du tissu bruxellois, apportant une réponse très contextualisée aux problématiques de manque de logements et d'intégration urbaine.

 

Le site, en intérieur d’îlot, juste derrière le cimetière d'Ixelles, avait une qualité indéniable : quelques très beaux arbres, un arrière-plan très végétalisé (arbres en lisière de cimetière), une zone à la fois minérale et végétale. « L’implantation du projet a été pensée afin de respecter au mieux ce patrimoine végétal et en faire profiter tous les habitants », explique-on à l'Atelier 229. « L’imposition de diminuer l’emprise au sol par rapport au PPAS couplée avec la demande d’une démarche forte, d’un bâtiment remarquable, la volonté de respecter les qualités du site et la recherche de la création d’un environnement paysager de très haute qualité et sécurisant nous a conduit à proposer la réalisation de deux bâtiments », précise Marcos Alvarez, architecte associé. « La mise en place de deux ailes non jointives avec un jardin collectif qui s’étend vers le fond de la parcelle présente l’avantage - par rapport à l’implantation PPAS - de désenclaver cette zone arrière du terrain. Cette disposition permet également de limiter le nombre d’ascenseurs à un seul par bâtiment et la limitation à une seule entrée par bâtiment est également un 'plus' pour ce qui est des liens sociaux que nous souhaitons favoriser. »

Une accessibilité renforcée

Les logements s’organisent tous en simplex. Marcos Alvarez : « Cette volonté est à la fois motivée par le souci de permettre aux PMR un accès dans tous les logements et d’autre part elle fait suite à une réflexion sur l’opportunité de créer des duplex. En effet, la surface minimale prescrite d’un appartement 3 chambres étant de 85 m², le diviser en 2 plateaux le rendrait peu fonctionnel et engendrerait une perte de surface due à la trémie d’escalier et un coût supplémentaire. » Tous les logements sont traversants et répondent aux normes d’habitabilité définies par le RRU et par les dispositions techniques et fonctionnelles définies par la SLRB. 

Des défis urbanistiques et budgétaires

Dans ce projet, dont la construction effective a pris un peu plus d'un an (mars 2020 - juillet 2021) « le principal défi a été de réussir à implanter qualitativement et volumétriquement deux nouveaux bâtiments dans un intérieur d’îlot servant de jardin commun à des logements déjà existants », explique l’architecte. « S’harmoniser avec les gabarits existants, s’implanter de manière judicieuse et juste vis-à-vis des bâtiments existants et du programme des appartements ont été les points d’attention principaux au niveau architectural. » 

Mais la principale contrainte a été budgétaire car, pour construire ces 24 logements passifs de qualité avec des matériaux durables et pérennes, « nous avons dû être très créatifs afin de diminuer les coûts, par exemple en réduisant la surface des espaces communs ou en installant les locaux vélos et poubelles dans les sous-sols existants. » Avec ce budget limité, les architectes ont réussi à proposer des appartements confortables, énergétiquement très performants, avec des matériaux de qualité dans un environnement agréable. « Ces deux nouveaux immeubles et les appartements qui s’y trouvent n’ont que de social leur appellation. »

« Ce projet est un bel exemple de densification intelligente et délicate du tissu bruxellois », conclut Marcos Alvarez. « Tout en conservant des espaces verts généreux et en gardant des gabarits réduits, il apporte une réponse très contextualisée aux problématiques de manque de logements et d'intégration urbaine. »