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08 december 2021 | MICHEL CHARLIER

Habitat groupé à Saint-Servais (Specimen architects), lauréat du GPAW 2021 (Habitat collectif)

Habitat groupé Saint-Servais (Specimen architects) Illustratie | Nicolas Da Silva Lucas
Habitat groupé Saint-Servais (Specimen architects) Illustratie | Nicolas Da Silva Lucas
Habitat groupé Saint-Servais (Specimen architects) Illustratie | Nicolas Da Silva Lucas
Illustratie | Specimen architects

Quatre projets... Le bureau namurois Specimen architects avait remis quatre candidatures dans quatre catégories différentes pour le Grand Prix d'Architecture de Wallonie 2021. L'un d'entre eux, un projet d'habitat groupé à Saint-Servais, jouxtant leurs bureaux, a remporté le premier prix dans la catégorie 'Habitat collectif'. Cet habitat groupé a été conçu sur base d’un processus de co-création avec les habitants. Le bâtiment abrite des fonctions mixtes : logements, bureaux et une grande surface consacrée à des espaces communautaires partagés.

 

Le bâtiment s’implante sur une parcelle en retrait par rapport à la rue largement verdurisée. Elle accueillait auparavant un ancien hangar en intérieur d’îlot, qui était instable et menaçait de s’effondrer. Il a dû être déconstruit et le nouveau bâtiment s’implante dans les limites de l’ancien hangar. Un recul a été ménagé du côté mitoyen afin de permettre des prises de lumière et de vue et d’implémenter des panneaux photovoltaïques. Ce dégagement permet l’accès au différents logements et créée une zone extérieure aménagée en espace commun entre le mur mitoyen et la construction.

Variation et personnalisation des typologies de logements

L’immeuble se déploie sur trois niveaux et une toiture terrasse. Le rez-de-chaussée est conçu comme un socle alternant de grandes surfaces vitrées et des murs en briques qui permettent de jouer avec les perspectives et d’agrandir visuellement l’espace. Il abrite principalement les locaux professionnels et les parties communes qui s’ouvrent largement sur le jardin commun et sur la venelle mitoyenne.

Sur ce socle en béton, viennent se poser les logements, construits en CLT (crossed laminated timber). Il s’agit de logements en duplex conçus, au départ comme des modules équivalents, le projet s’est développé avec le concours de tous les habitants qui ont réellement pris part au processus de conception. Chaque famille a pu adapter les plans en inversant par exemple, les espaces jour et les espaces nuit, en intégrant ou non un balcon, on divisant les espaces de vie etc… Il en découle une variation dans les typologies de logements qui transparait dans le discours en façade. En effet, au niveau des ouvertures, une grammaire a été mise en place de manière à ce que la répartition des espaces intérieurs se lise en façade. Ainsi, les grandes fenêtres carrées indiquent la présence d’une chambre, les petites fenêtres carrées celle d’une salle de bains, les grandes baies vitrées distinguent les salles à manger, etc. La composition de façade s’en trouve enrichie et chaque unité propose une façon d’habiter l’espace qui est vraiment propre à l’usager.

La toiture plate est une terrasse dont les logements bénéficient et qui donne une vue panoramique sur la ville et qui est destinée à être aménagée en potager accessible via des boîtes en toiture et une volée d’escaliers. Tous les logements disposent non seulement de fonctions privatives (cuisine, chambres, séjour, terrasse en toiture et balcon) mais bénéficient, en plus, des fonctions communes qui permettent une grande modularité dans les usages et favorisent les échanges au sein de l’habitat groupé.

Distinguer les fonctions et partager ses espaces

L’équilibre entre sphère privée et espaces communs est respecté, l’articulation est évidente. Le fait que les logements soient situés aux étages permet de différencier clairement les fonctions. Cette distinction est perceptible aussi depuis l’extérieur. Un matériau plus minéral et résilient a été choisi pour le rez-de-chaussée qui jouxte les espaces semi-publics, alors que le bois brûlé a été choisi pour habiller le volume en bois des logements.

« Aujourd’hui, il est important de re-réfléchir la manière dont on habite (en ville) », précisent les architectes. « La philosophie est d’accepter de réduire la taille de son logement individuel en compensant avec des espaces partagés, ce qui permet non de s’offrir la liberté de disposer - ou non -de plus d’espace(s), d’économiser sur le fait que ces espaces, qu’on utilise moins souvent, ont un coût supporté par plusieurs copropriétaires, mais aussi, et c’est certainement le plus important, de créer du lien, de dynamiser les interaction, de créer un endroit favorisant les échanges, l’entraide, le partage.

La démarche primée

Le jury a aimé ce projet sous divers aspects. La démarche de l’habitat collectif, tout d'abord. L’intervention juste, cohérente et véritable de la notion de logements collectifs ensuite. Mais aussi la cohérence dans le choix des matériaux structurels, le fait que les logements soient très différents et adaptés aux habitants, la grande attention portée à la cohésion entre l’habitat, les espaces créés et l’aspect final. Enfin, le jury souligne l’implication importante des architectes dans le processus par rapport au processus complet de construction mais aussi de montage du projet (finances,…), soit le caractère très complet de la mission.