Doorzoek volledige site
08 oktober 2019 | MICHEL CHARLIER

A Versailles-Chantiers, un seul architecte par type de bâtiment

Illustratie | Elisabeth de Portzamparc
Illustratie | Ville de Versailles
A gauche, la gare ferroviaire. Au centre, la gare routière et les immeubles de bureaux et commerces. A droite, les immeubles de logement et le jardin. Illustratie | Visualisation : Christian de Portzamparc
Le nouveau passage pour les bus. Illustratie | Ville de Versailles
Les accès aux quais, rénovés. Illustratie | Ville de Versailles
La gare routière. Illustratie | Ville de Versailles
Le jardin et le banc. Illustratie | Michel Desvigne
Zoom sur le banc conçu par l'architecte belge Inessa Hansch. Illustratie | Michel Desvigne
Illustratie | Christian de Portzamparc
Illustratie | Christian de Portzamparc
Les immeubles de logements. Illustratie | Elisabeth de Portzamparc
Illustratie | Elisabeth de Portzamparc
Toitures vertes. Illustratie | Elisabeth de Portzamparc

Jean-Marie Duthilleul pour le pôle multimodal, Christian de Portzamparc pour les immeubles de bureaux et les commerces (Îlot Est), Elisabeth de Portzamparc pour ceux de logements (Îlot Ouest), Patrick Bouchain pour un siège social d’entreprise et Michel Desvigne pour les espaces verts, voici les architectes de renom qui ont travaillé sur le projet du quartier des Chantiers et de la gare à Versailles, en banlieue parisienne.

 

A Versailles, le quartier des Chantiers a subi depuis 2013 une véritable transfiguration. Celle-ci s’est traduite par une transformation radicale de la gare et une requalification complète du quartier, désormais aéré, végétalisé et multimodal. La réflexion urbanistique a démarré dès 2001. Le plan d’alors prévoyait une immense dalle de béton, un centre commercial et 17 000 m2 et un complexe cinématographique d’envergure. La crainte de cannibalisme, notamment par rapport aux commerces de proximité et au patrimoine, la destruction d’étangs historiques et de parcelles boisées, ainsi que les risques de grosses dépenses budgétaires ont ramené le projet à des proportions plus restreintes. Il faut dire que François de Mazières, élu maire de la ville en 2008, est l’ancien président de la Cité de l’architecture et du patrimoine… Le nouveau projet, inauguré le 1er octobre dernier, aura coûté +/- 20 millions € (au lieu des 47 millions du projet précédent).

Un jardin et un banc de 93 m de long

Le projet se singularise notamment par le fait que la conception des différents types de bâtiments et d’espaces a été confiée à un architecte chaque fois différent. Michel Desvigne a été le premier à concrétiser sa réflexion, avec un jardin public – le Jardin des Etangs Gobert - créé dans un ancien réservoir d’eau du château de Versailles, dans lequel la végétation s’était développée spontanément. Le sol marécageux a été asséché et d’importants travaux d’assainissement ont été nécessaires. L’architecte belge Inessa Hansch, dont le travail s’oriente régulièrement vers le mobilier urbain a conçu un banc ondulé formant une boucle de 93 m de long au centre du jardin, afin de renforcer l’idée de clairière.

Nouvelle gare routière et bus en site propre

Quelque 60 000 voyageurs transitent quotidiennement par la gare de Versailles. Elle a été rénovée et s’est vue enrichie d’une toute nouvelle gare routière, dont l’objectif est de faciliter l’accès à Versailles pour tous les habitants de la région et d’offrir une place à toutes les mobilités utilisées par les Yvelinois.

Pour que les bus, en site propre, puissent circuler de manière fluide et moins polluante, l’architecte Jean-Marie Duthilleul a choisi de les faire passer entre deux autres anciens réservoirs d’eau du château, un bassin long et un autre carré. Un fameux défi puisqu’il a fallu concevoir la route sous une canalisation d’assainissement existante, ce qui explique l’importance du tablier du pont.  

Un bâtiment en bois dans une structure en métal

Les abribus de la gare routière sont recouvertes de toitures végétalisées. Un lien naturel se fait dès lors avec les façades toutes proches du siège social de Nature et Découvertes. L’architecte Patrick Bouchain, qui avoue n’avoir conçu jusqu’alors qu’un seul siège social, a dû faire preuve d’ingéniosité pour satisfaire le maître d’ouvrage. La ville de Versailles souhaitait en effet conserver l’ancien hall en métal de la Sernam, une société de transport de bagages et de colis appartenant à la SNCF jusqu’en 2005 puis privatisée et tombée en faillite en 2012. Le souci tenait en deux mots : réglementation incendie. Celle-ci interdisait de placer une structure métallique à l’intérieur d’un bâtiment sans qu’elle soit protégée du feu. Patrick Bouchain a donc décidé de construire le siège social, en bois, complètement… à l’intérieur de la structure.

Conceptions en couple, mais séparées…

La revitalisation du quartier passait inévitablement par la construction d’immeubles de bureaux, de commerces et de logements. Elisabeth et Christian de Portzamparc se sont partagé la tâche pour les maîtres d’ouvrage Unibail-Rodamco,  Nexity et ville de Versailles.

L’Îlot Ouest, conçu par Elisabeth, compte 21 200 m2 de logements privés, de logements sociaux familiaux et étudiants, accompagnés par une résidence pour les seniors, des crèches et des stationnements souterrains. « Les volumes et les matériaux ont été spécialement choisis afin de rendre hommage à la nature environnante et de maintenir les caractéristiques immobilières versaillaises : de grandes baies vitrées pour accentuer au mieux la luminosité, des briques parfaitement mises en exergue par cette même luminosité, et un parement de bois qui apporte une légèreté au métal », explique l’architecte. « Des séquences végétales et florales viennent adoucir l’ensemble de la construction notamment grâce à un jardin aménagé en son centre et souligner les terrasses plein ciel. » Un adoucissement dû également à la brique rouge, aux extrémités de façades arrondies et aux « balcons qui dansent, afin d’alléger la sévérité de la brique », comme l’explique l’architecte.

L’Îlot Est, conçu par Christian, est composé de deux bâtiments distincts. Les deux halls d’un des bâtiments, situés face à la gare, sont reliés par une rue intérieure, une liaison douce avec un jeu de doubles hauteurs, qui permet la gestion du dénivelé du terrain et, par conséquent, la différence des deux niveaux d’accès. L’architecte voulant éviter aux bâtiments un aspect massif, il les a divisés en trois strates : un socle ouvert et commercial largement vitré et ouvert partiellement sur le jardin intérieur à travers les halls ; un corps intermédiaire de 2 niveaux – un ruban perforé - qui s’aligne sur le niveau de la corniche supérieure de la gare Versailles-Chantiers ; un attique vitré et rythmé par une série de brise-soleils (poteaux) évasés, coiffé d’une sur-toiture qui marque la découpe du ciel. Enfin les façades différentes sur la voirie et en cœur d’îlot permettent de donner une identité à chaque espace et s’inscrire au mieux dans un langage architectural Versaillais. La façade de la partie médiane est en brique blanche, dont la couleur rappelle celle de la gare… et tranche avec la couleur rouge aux toitures vertes de l’ensemble des immeubles de logements.

 

GERELATEERDE DOSSIERS