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15 mei 2019 | RIK NEVEN

K. Borret : « Nous devons promouvoir la construction circulaire comme nous avons encouragé la construction passive »

Illustratie | Jonathan Ortegat

A l'cccasion de l'inauguration du Circular Retrofit Lab de la VUB à Bruxelles, le Bouwmeester Kristiaan Borret a plaidé pour que l'on encourage la construction circulaire comme on l'avait fait à l'époque pour la construction passive. « Le changement ne se produira réellement que si la circularité est également utilisée dans les projets de construction en cours. Pour ce faire, il appartient aux pouvoirs publics de soutenir autant que possible la construction circulaire et de démontrer, sur la base de bonnes pratiques, la valeur ajoutée de la circularité dans la construction. »

 

Avant l’ouverture du Circular Retrofit Lab, un débat a été mené dans cette direction par Waldo Galle, de la VUB. Kristiaan Borret en a été l'un des membres les plus actifs. Il a également appelé, lors de la récente journée d'inspiration de l'Ordre des Architectes flamands, à boycotter les concours dans lesquels les honoraires des architectes sont trop faibles. Il a désormais pris clairement position pour confier à Bruxelles un rôle de pionnier dans la construction circulaire.

Kristiaan Borret a commencé son discours avec deux chiffres clés pour Bruxelles : 10 000 et 2. Le premier correspond au nombre de nouveaux habitants à Bruxelles chaque année. Le second est un nombre de degrés, celui du réchauffement climatique, en partie dû à la croissance démographique et qui seront plus prononcés dans les villes que dans les zones rurales. « C'est pourquoi il devient nécessaire de prendre des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique et de nous adapter en tant que ville aux conséquences de ce phrénomène. L'une des voies à suivre à cet égard est sans aucun doute celle de davantage de construction circulaire. »

Des stimulants financiers et des projets pilotes

Et, selon Kristiaan Borret, le fait qu’une ville soit capable de provoquer un tel changement est prouvé par l’introduction réussie de la construction passive à Bruxelles il y a environ 10 ans. « La construction passive était elle aussi relativement nouvelle à l'époque et, comme on le dit maintenant de la construction circulaire, on pensait qu'elle entraînerait une augmentation du prix de la construction. Mais, en encourageant fortement la construction passive, notamment grâce à un système de subventions innovant et aux bonnes pratiques, celle-ci est devenue assez rapidement monnaie courante et on a compris que le prix supplémentaire d'une construction passive était négligeable en regard des gains énergétiques qu'elle procurait. Au début, seuls quelques 'utilisateurs précoces' ont commencé à la mettre en œuvre, puis la construction passive a été rapidement adoptée par une grande partie du secteur de la construction, et a même fini par devenir une obligation légale dans la capitale. Une telle façon de faire doit également être possible avec la construction circulaire. »

« A l'heure actuelle, dans les grands projets de construction, on pense automatiquement en terme de démolition s'il existe encore des bâtiments sur le site. De telles habitudes devraient être abandonnées. »


Kristiaan Borret fait remarquer que, pour les projets de rénovation, la philosophie circulaire est désormais prise en compte par de nombreux maîtres d'ouvrage. « C’est nettement moins le cas avec les nouvelles constructions, et on devrait investir davantage dans ce segment. Comment pouvez-vous, lorsque vous construisez un nouveau bâtiment, anticiper ses ajustements futurs ? Et comment vous assurer que les matériaux sont utilisés de manière à pouvoir être facilement désassemblés à un stade ultérieur ? On y pense encore trop peu. »

Pour que la construction circulaire puisse s'imposer, il ne faut pas sous-estimer l'impact du prix. « Il va sans dire que la construction circulaire coûte moins cher en bout de processus, mais cela ne suffit pourtant pas pour convaincre de nombreux constructeurs d’y investir. Chacun préfère vivre dans une maison flexible et adaptable ou dans une maison économe en énergie. Mais, s'il n'en perçoit pas imméditament les avantages financiers, voudra-t-il payer environ 10% de plus pour cela ? C’est la raison pour laquelle il est important que Bruxelles donne le bon exemple et soutienne financièrement, dès le début, les projets pilotes et les meilleures pratiques, afin que la construction circulaire puisse également imprégner le secteur de la construction  générale. »

Une autre façon de penser

Mais il ne s'agit pas uniquement d’incitants financiers. Construire circulaire implique en premier lieu une autre façon de penser. « A l'heure actuelle, dans les grands projets de construction, on pense automatiquement en terme de démolition s'il existe encore des bâtiments sur le site. De telles habitudes devraient être abandonnées. Au contraire, il devrait être automatique de remettre en question la démolition, de voir ce qui peut encore être sauvé et amélioré. »

Principe directeur 

On l'a compris, Kristiaan Borret croit fortement aux principes de la construction circulaire. Mais il estime néanmoins que la circularité ne doit pas être mise en avant en tant que seul principe directeur. « Chaque cas concret doit être considéré sous différents angles. Ce qui est bon pour l'un peut être préjudiciable à l'autre. Prenez par exemple le projet de démolition de quelques bâtiments du siège de KBC, près du canal, afin de construire des habitations. Du point de vue du développement urbain, la démolition est recommandée car elle offre la possibilité de réorganiser les nouveaux volumes construits et d’étendre la rue située à l'arrière jusqu’au canal, où un nouveau parc sera aménagé. Cela profite à la qualité de vie de ce quartier. Cela ne semble pas être la bonne décision d’un point de vue circulaire, mais bien de celui de la planification urbaine. Dans chaque cas concret, vous devez aborder la situation sous différents angles d'approche mais aucune méthode ne peut être considérée comme la seule à employer. »