Doorzoek volledige site
09 oktober 2019 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : Bientôt tous BOB ?

Projets Open Building dans le quartier Buiksloterham, Amsterdam Illustratie | WAX

Le BOB (Bespoke Open Building ou, en français, l’habitat ouvert et sur-mesure), c'est un peu comme le monstre du Loch Ness. On en parle beaucoup, mais on le voit en fin de compte encore assez peu, en Belgique en tout cas. Et beaucoup parmi les architectes s'en félicitent au motif que le BOB serait de nature à hypothéquer l'empreinte qu'ils entendent laisser sur leur construction. Pour ces puristes, il n'est pas heureux de voir juxtaposés des espaces de vie dissemblables au motif que cela "nuit à la lisibilité des œuvres architecturales".

 

Au-delà de l'importance de la lisibilité d'une œuvre architecturale et des questions de principe que l'on est en droit de se poser à ce sujet, il faut reconnaître que le BOB apporte des réponses à des questions fondamentales comme la préservation d'un espace vital dans un environnement de plus en plus dense, mais aussi la circularité des constructions. En effet, l'autre particularité du BOB est paradoxalement de permettre une plus grande modularité des unités constituant un ensemble architectural. Après son occupation, une unité de vie réservée à un couple sans enfant pourrait en effet par exemple être scindée avec une autre unité et se muer en un vaste appartement adapté aux besoins d'une famille nombreuse. Résultat: avec le BOB, on ne doit plus détruire ce qu'on a construit. Il suffit de réaménager.

 

Nos voisins hollandais – qui savent mieux que personne ce que promiscuité veut dire – ne s'y trompent pas. Outre-Moerdijk, ils ont été parmi les premiers à aborder cette thématique. Ce 15 octobre, l'architecte amstellodamois Marc Koehler abordera d'ailleurs cette thématique qui lui tient particulièrement à cœur à l'occasion d'une rencontre rassemblant des architectes qui ont pour la plupart décidé de faire des coups de canif dans l'homogénéité de leurs oeuvres architecturales au profit du bien-être des occupants, de la préservation de leur intimité et de leurs besoins personnels. Car c'est à ces conditions que l'on réussira à faire cohabiter dans de bonnes conditions et sur des portions de terrain de plus en plus réduites des occupants aux histoires, aux envies et aux vécus totalement différents. Sur ce plan au moins, faisons confiance à nos voisins bataves, munissons-nous de notre Van Dale et inscrivons-nous sans tarder à la conférence du 15 octobre à Amsterdam.