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12 november 2019 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : Il y a les gens que l'on entend et ceux que l'on écoute

A gauche, un immeuble traditionnel et énergivore au possible. A droite, un immeuble à énergie positive. Illustratie | Johan Debière

En matière d'urgence climatique, il y a les gens que l'on entend. Et il y en a quelques autres que l'on écoute vraiment. Les architectes acquis à la cause de la lutte contre le changement climatique et de la biodiversité sont de ceux-là. Et, ils sont plus nombreux qu’on ne le pense.

 

En matière d'urgence climatique, il y a les gens que l'on entend. Et il y en a quelques autres que l'on écoute vraiment. La classe politique et les experts de tout poil que l'on entend depuis plus de dix ans nous expliquer que nous devons faire quelque chose pour la planète sont de cette première catégorie. A force de les entendre chaque jour, depuis tant d'années, nous seriner la même chanson sur la nécessité de faire quelque chose contre le réchauffement climatique, l'urgence, dans leur bouche, s'est considérablement affadie. Et puis il y a les autres, que l'on entend rarement et qui sont pourtant légitimes quand il s'agit de parler de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous voulons parler des architectes acquis à la cause. Ils sont aux commandes quand il s'agit de construire des maisons, des immeubles de bureaux, des bâtiments collectifs. Et ils sont les interlocuteurs privilégiés des gens qui vont y vivre.

Modularité, récupération et recyclage

C'est parce qu'ils défendent vraiment le point de vue des personnes dont ils construisent l'abri qu'ils savent mieux que personne parler de la nécessité de bien isoler les bâtiments, de jouer sur la modularité et sur la récupération et le recyclage. En fonction des régions et des secteurs (habitat, bâtiments tertiaires...), les bâtiments représentent en moyenne près de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Et quand on sait que la majorité des bâtiments de Bruxelles sont peu ou mal isolés, on se dit qu'il y vraiment beaucoup de pain sur la planche. Le constat est le même avec les matériaux de construction mobilisés pour une construction... détruite dix ans plus tard parce qu’elle ne correspond plus aux besoins de ses occupants. Pourquoi diable ses concepteurs ne se sont-ils pas posé la question de la modularité en amont ? Et pourquoi devraient-ils jeter des matériaux qu’ils auraient pu faire recycler ou, mieux encore, réutiliser ? Ces questions, les architectes auxquels nous pensons se les posent.

Changement climatique et biodiversité, même combat

Le constat de l’urgence climatique autant que celle de la sauvegarde de la biodiversité, c'est celui qu'on fait les architectes anglais à l'origine du mouvement 'Architects Declare'. Un mouvement qui s'est depuis étendu à d'autres pays comme l'Australie et que l'on voit se développer un peu partout, y compris en Belgique (lire l'article à ce sujet). Et c'est tant mieux, car il est plus que temps que ces gens terre-à-terre que sont les architectes déclarent ce qu'ils peuvent faire à leur niveau pour lutter contre le réchauffement climatique, en construisant mieux, en pensant des bâtiments à énergie positive, en réfléchissant en terme de cycle de vie et de réaffectation. De réchauffement climatique, mais aussi de la protection de la biodiversité. Parce que, non, les deux combats ne sont pas dissociables. A quoi bon vivre dans un monde où le réchauffement et la montée des océans sont contenus et les terres émergées préservées si l'on n'y trouve plus rien d'autre que l'espèce humaine ?