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13 oktober 2020

Le coronavirus changera-t-il l’architecture, et comment ?

Illustratie | Miki

Dans quels espaces souhaitons-nous vivre et travailler ? Le coronavirus limitant notre liberté de mouvement depuis des mois déjà, nous sommes d’autant plus conscients des forces et faiblesses de nos environnements de vie et de travail. Dans le magazine en vue The New Yorker, Kyle Chayka a publié une intéressante contribution sur la manière dont il pense que le coronavirus va changer l’architecture.

 

Selon Chayka, ce n’est pas la première fois que maladie et architecture se croisent. Le modernisme du Bauhaus est ainsi pour Chayka une conséquence de la peur de la tuberculose qui sévissait au début du 20e siècle. Il s’agissait de se débarrasser des espaces sombres et recoins poussiéreux propices à la prolifération des bactéries. Les murs blancs, sols nus et surfaces “cliniques” ne font pas pour rien penser aux hôpitaux.

Cette tendance s’est poursuivie selon Chayka dans le minimalisme de notre siècle, avec ses espaces ouverts et  épurés et ce alors qu’il s’agit actuellement justement d’éviter des espaces trop ouverts sans barrières. Rester confiné chez soi pendant des mois a fait surgir chez l’auteur l’envie de murs et de recoins sombres. Chayka a ainsi discuté avec un architecte d’intérieur qui vit avec son épouse et leurs deux enfants dans un loft à New York, où le manque d’espaces fermés a rapidement créé des problèmes, étant donné les nombreux appels vidéo et cours en ligne. « Le manque d’intimité et de pièces fermées est plus difficile à supporter quand les cafés et commerces ne permettent plus de s’échapper », selon Chayka. Les architectes d’intérieur en question conçoivent dans leurs nouveaux projets aussi davantage d’espaces fermés au lieu de laisser les différentes fonctions se mélanger, avec également une attention plus grande pour l’espace extérieur.

Toujours selon Chayka, les espaces épurés et anonymes du minimalisme contemporain ont fait leur temps, parce que nos espaces personnels doivent aujourd’hui être enrichissants, être emplis d’objets qui nous rappellent que le monde extérieur n’a pas disparu et que nous pourrons retrouver rapidement la normalité.

Quant aux aménagements de bureaux, le coronavirus pourrait donner le coup de grâce aux plateaux paysagers. Il ne faut pas non plus négliger l’influence du virus sur l’espace public, et ce pas tellement en matière d’équipements publics comme les parcs et les plaines de jeu, mais plutôt en ce qui concerne notre environnement proche, comme le trottoir devant notre porte, que nous avons tous foulé plus que jamais ces derniers mois. Cela d‘autant plus que la vie sociale en ville se construit autour d’établissements que nous évitons comme les cafés et les restaurants. Enfin, Chayka pense aussi que la densité urbaine – avec de plus en plus d’appartement de petite taille – doit être remise en question.

Vous pouvez lire ici l’article complet dans The New Yorker. 

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