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24 november 2021 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : La tête dans le guidon

Illustratie | Florian Stoellinger - ABB

En début de semaine, une simple dépêche Belga a fait état de la décision de nos voisins d’outre-Manche d’imposer l’installation d’une borne de recharge dans toute nouvelle construction. Et l’information a été reprise par toute la presse belge qui s’est ébahie de cette propension à aller de l’avant.

Il faut dire que la chose s’impose. Au Royaume-Uni, les ventes de voitures thermiques s’arrêteront en 2030. La démarche initiée par le gouvernement de Boris Johnson entend soutenir l’installation de près de 140 000 nouvelles bornes par an, ce qui n’est pas rien. Dans le contexte d’un paysage énergétique toujours plus tendu et d’un risque de blackout qui n’épargne plus beaucoup de pays, cette avancée est donc plus qu’utile : elle est salutaire. La technologie des bornes évolue de plus en plus vers des systèmes où les flux d’électricité peuvent désormais passer des bâtiments vers les véhicules, mais aussi des véhicules vers les bâtiments. C’est ce que l’on appelle la technologie V2G ou Vehicle to Grid. Dans ce contexte, la voiture peut certainement sauver la mise de nos voisins pour l’équilibre énergétique du pays. Et pas que du point de vue de la mobilité.

Quid dans notre pays, en plein débat sur la sortie du nucléaire alors? La Flandre n’a-t-elle pas annoncé dans un premier temps vouloir interdire les véhicules thermiques en 2029 et Bruxelles en 2030 (pour le diesel) et 2035 (pour l’essence) ? Rendons à César ce qui lui revient : la Flandre a bel et bien doublé l’annonce de la fin du thermique d’une obligation d’équiper les nouvelles constructions de bornes de recharge. L’obligation vaut même pour les bâtiments résidentiels équipés d’un parking d’au moins deux places de parking. Mais, au contraire des Anglais, la Flandre n’en a pas fait étalage. Bravo donc à nos voisins du nord du pays. Et à Bruxelles ? Rien de tel. On peut toutefois trouver à notre capitale l’excuse du manque d’espace : il n’est pas toujours simple de faire placer une borne dans des endroits où l’espace manque même pour parquer sa petite voiture. En Wallonie par contre, quelle excuse puis-je trouver à nos politiques pour expliquer cette non-décision par rapport à l’électrique ? En Wallonie, l’espace ne manque pas. Les nouvelles constructions non plus. Ne parlons même pas des rénovations qui pullulent. Bref, j’ai beau me retourner le ciboulot, je ne vois aucune circonstance atténuante.

Alors quoi ? Nos politiques auraient-ils une idée en tête ? Un plan secret pour faire sortir de terre 100 000 ou même 10 000 bornes comme par magie ? Je ne le pense pas. Sans doute s’acharnent-ils à essayer de trouver une solution à un problème qui leur est arrivé trois, six voire douze ans plus tôt. Que voulez-vous ? Quand on dirige une région la tête dans le guidon, qu’on ne s’étonne pas de se fracasser la tête dans le mur à très grande vitesse, surtout quand le vélo est électrique...