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15 december 2021 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : Merci qui ? Merci Vladimir !

Illustratie | Creative Commons - kremlin.ru

Je le concède volontiers : de tous les titres utilisés jusqu'ici dans cette rubrique Archi-Militant, celui-ci est sans doute l'un des plus énigmatiques. Et pourtant, il résume à lui seul la mainmise actuelle de la Russie sur le secteur de la construction. J'écris 'actuelle' car j'ose faire le pari que notre dépendance aux énergies fossiles s'effacera un jour pour céder à la place à des technologies (vraiment) neutres en CO2.

 

Vous le savez, le gaz naturel russe compose désormais une partie significative de nos consommations domestiques et industrielles primaires. Car, pour fabriquer du verre plat ou des briques, il faut des molécules de gaz. Et pas qu'un peu... Demandez à Saint-Gobain, à AGC ou à Wienerberger ce qu'ils en pensent. Mieux encore : posez la question aux syndicats qui savent très bien que le sort actuel de dizaines de milliers de travailleurs dépend en grosse partie du bon vouloir du 'Tsar du gaz' (comme le surnommaient il y a quelques semaines, non sans malice, nos confrères du journal Le Monde). Face à ce chantage, que faire ? Se passer de fenêtres ? Fonctionner avec des briques crues ? Difficile à concevoir... Convertir complètement les fours à l'énergie électrique en tablant sur le nucléaire ? En Belgique, c'est mort depuis que l'on a décidé que cette filière n'était définitivement plus ressuscitable.

Reste peut-être la piste de l'hydrogène. Considérée par d'aucuns comme une chimère, cette énergie bien adaptée aux process industriels nécessitant une montée en température élevée et constante présente le gros avantage de pouvoir être produite par électrolyse plutôt qu’à partir d’énergies fossiles, et pouvoir dès lors fonctionner à partir de sources intermittentes comme l'éolien. En bon producteur d'acier, l'Allemagne y croit dur comme fer. La France commence aussi à s'y intéresser. Quant à la Belgique, elle a déjà franchi le cap avec ArcelorMittal qui a décidé de convertir son aciérie de Gand à l'hydrogène, partiellement certes, car le gaz y restera présent. Mais il faut un début à tout. Du côté wallon, encore peu de choses à relever, si ce n’est que l’appel à projets lancé autour du H2 par le ministre Henry a provoqué un engouement sans précédent puisque de nombreux acteurs tels AGC, John Cockerill ou encore Carmeuse se sont manifestés.

Pour l’instant, au sud du pays, tout cela n’est qu’au stade de projet, mais à en croire Renaud Dachouffe, chargé de développement de projets au sein du cluster TWEED, cela augure déjà, au moins, d’une prise de conscience. Reste aux secteurs verrier et briquetier à marcher aussi rapidement que possible dans les traces de ce premier bon exemple gantois, de faire enfin un peu la nique à ce cher Vladimir, et d'enfin transformer cette menace sur le secteur de la construction en belle opportunité sur les plans géopolitique, environnemental et économique. Rien que ça. Merci qui ? Merci Vladimir !