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20 augustus 2019 | MICHEL CHARLIER

A Namur et à Huy, deux téléphériques tout en Contraste

Le nouveau téléphérique de Huy Illustratie | Contraste Architecture
Le nouveau téléphérique de Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés
Huy Illustratie | Contraste Architecture
Huy Illustratie | Contraste Architecture
Huy Illustratie | Contraste Architecture
Huy Illustratie | Contraste Architecture
Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés
Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés
Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés
Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés
Namur Illustratie | Contraste Architecture + Pierre Maes & Associés

Parmi ses nombreux projets, le bureau wanzois Contraste Architecture a été chargé de la conception de deux téléphériques et de leurs gares amont et aval. Les permis d’urbanisme ont été introduits, tant à Huy qu’à Namur. Deux projets similaires, deux conceptions qui se ressemblent par certains aspects, mais deux cadres et des implications sur l’espace existant très différents.

 

A Huy, le nouveau téléphérique reliera le Fort (station amont) et l’Esplanade Batta (station aval). A Namur, il fera le lien entre la Citadelle (station amont) et le centre-ville (station aval) et Contraste est ici associé avec le bureau d’architecture Pierre Maes & Associés. Les coûts des travaux s’élèvent respectivement à 5 500 000 € et 6 340 400 € TVAC.

L’un existait, l’autre non

A Huy, un téléphérique existait déjà auparavant, mais était hors d’usage depuis un accident d’hélicoptère survenu en 2012. Une des missions du marché de service passé par la Ville était donc d’expertiser les dégâts et de mener une étude complète pour la rénovation et la modernisation du téléphérique, un patrimoine architectural populaire et cher aux Hutois. Ces deux missions ont été réalisées par Contraste en collaboration avec trois bureaux d’études français : E.R.I.C (Etudes et Réalisations d’Installations à Câbles), Transcable-Halec (filiale du Bureau Veritas) et V.L.M.

Le téléphérique de Namur, lui, n’existait pas. Depuis longtemps, la Ville souhaitait faciliter l’accès à la Citadelle aux Namurois, un accès rendu complexe par un important dénivelé mais aussi par la Sambre et la Meuse. Elle a donc conclu un contrat de concession pour une durée de 30 ans portant sur la conception, la réalisation, la maintenance et l’exploitation d’un système de transport par câble aérien.

Le résumé de chaque projet

A Huy, le projet s’inscrit donc dans le cadre plus large de la réhabilitation et de la mise en conformité des installations techniques inhérentes au téléphérique (câbles, pylônes, cabines,…). « De manière générale, les gabarits et volumétries ne seront que très peu modifiés », explique Sébastien Deckmyn, architecte associé chez Contraste. « Le projet consiste surtout en la rénovation de l’enveloppe des stations, datant de leur création dans les années ’50, afin de moderniser et de valoriser leur image touristique. Les interventions porteront principalement sur la mise en œuvre d’un crépi sur isolant chargé de gommer, de lisser les divers redents et décrochés perceptibles sur les façades existantes et d’unifier les divers matériaux et parements. » Quant aux ‘entrées’ et ‘sorties’ du téléphérique, elles seront symbolisées par des portiques en porte-à-faux en polycarbonate translucide de teinte blanche munis d’un rétro-éclairage. Une accessibilité PMR sera également intégrée aux divers réaménagements.

A Namur, le projet prévoit d’abord la démolition de la crèche communale située Place Maurice Servais et la construction, à sa place, de la station aval du téléphérique. En amont, la construction de la station se doublera d’un aménagement des abords de l’esplanade. La ligne câblée aérienne survolera la Sambre et le site Terra Nova, ce qui nécessitera un déboisement. La gare amont s’implantera près de la Route Merveilleuse, à proximité du Pavillon belge de l’exposition universelle de Milan. La forme particulière du projet résulte d’une recherche approfondie afin d’apporter la meilleure intégration vis-à-vis du pavillon.

Tant à Namur qu’à Huy, les stations seront organisées autour de la fonction téléphérique (accueil, hall d’attente, quais d’embarquement…) mais elles seront assorties d’une fonction annexe : atelier en aval et restaurant en amont pour Huy… et l’inverse à Namur.

Les travaux dans les stations aval

L’architecture de toutes les stations est volontairement contemporaine.

A Huy, la réorganisation intérieure de la station aval porte sur la création d’une cage d’ascenseur, d’un WC au rez-de-chaussée et la reconfiguration des espaces existants en vue de mettre à disposition du personnel un vestiaire et un réfectoire au 1er étage. Le hall d’attente, actuellement ouvert sur l’extérieur, sera refermé par la création d’un sas vitré au niveau de l’escalier menant au quai d’embarquement. Sébastien Deckmyn : « La simplification volumétrique se traduira également par la démolition de la véranda, obsolète, située sur la toiture de l’atelier, qui permettra également de jouir d’une plus grande terrasse orientée plein sud. » L’organisation spatiale des abords se traduira par le choix de revêtements de sol (dalle béton, dalles engazonnées, pavés de béton, pelouse) adaptés à l’usage et par l’implémentation d’éléments structurants (bandes enherbées, modulation des pavés, haies,…) destinés à guider intuitivement les usagers vers l’entrée principale. Par ailleurs, afin de contenir les sollicitations structurelles des câbles du téléphérique sur les infrastructures existantes, des tirants émergeront de la partie supérieure du bâtiment et plongeront vers un plot en béton armé architecturé fermement ancré dans le sol au moyen de pieux.

A Namur, où les travaux seront assurés par l’AM POMA - Franki – La Belle Montagne, la station aval a été conçue comme un volume s’intégrant au bâti construit existant, tout en délimitant l’espace d’une place urbaine en pleine requalification. Fabrizio Tengattini, architecte associé chez Contraste : « L’architecture ‘massive’, adossée au bâti existant, se décompose progressivement pour offrir, en façade arrière des espaces de repos et de vues vers la Citadelle. La volumétrie se veut anguleuse et franche en réponse aux lignes fortes données par le cadre bâti existant. Concernant la zone destinée au téléphérique, le bâtiment se déploiera, en façade arrière, par trois volumes aux lignes dynamiques intégrant la machinerie au volume bâti. L’arrivée des télécabines sera intégrée au bâtiment, ce qui permettra davantage de discrétion urbanistique quant à la présence d’un téléphérique en centre urbain. Cette façon de faire permettra également de dissimuler le pilier principal moins gracieux et d’ainsi cacher la machinerie. » Quant aux revêtements de sol, on mettra en œuvre des pavés de pierre calcaire de teinte grise pour le pourtour du restaurant, les deux terrasses et les aménagements de la place Maurice Servais, mais aussi des éléments linéaires préfabriqués en béton de teinte naturelle qui serviront de marches et/ou de bancs pour les aménagements le long du Quai de Sambre.

Les travaux dans les stations amont

A Huy, la réorganisation de la station amont portera essentiellement sur la création d’un volume intérieur intégrant la cage d’ascenseur, les sanitaires au rez-de-chaussée et un rangement au 1er étage. Un vestiaire et un réfectoire pour le personnel sont prévus au niveau de la salle des machines. En outre, la vétusté de la pergola du restaurant, en façade sud, nécessite une intervention plus franche, un nouveau complexe de toiture plate y sera donc créé. Contrairement à l’aval, seul le cheminement d’accès au hall d’entrée sera ici rénové afin d’assurer de manière plus explicite la bonne guidance des usagers.

A Namur, la forme simple du volume créé permet de ne pas surcharger l’espace public. Le bâtiment, qui se présentera sur un seul niveau, sera composé de fonctions très spécifiques au fonctionnement du téléphérique (poste de commande, guichets, atelier, locaux d’alimentation électrique, espace d’attente extérieur avec auvents…).

Zoom sur les façades et les toitures (Huy)

Les quatre gares conçues par Contraste se singularisent par leurs façades.

Dans la station aval de Huy, les façades seront intégralement crépies, à l’exception des parements en moellons qui seront, pour la plupart, conservés afin de maintenir une certaine diversité dans les diverses élévations. La majorité des percements existants seront également conservés. De manière ponctuelle, certaines ouvertures existantes seront néanmoins modifiées de manière à soit renforcer le parti architectural, soit à mieux répondre à la réorganisation intérieure. « Le choix du crépi de façade de teinte blanche sur isolant a été dicté par ses nombreux atouts », explique Sébastien Deckmyn. « Le premier est bien évidemment sa similitude avec le cimentage blanc existant. Cela permet de faire évoluer techniquement et énergétiquement les infrastructures existantes sans en bouleverser l’aspect de manière importante. La teinte blanche permet en outre de maintenir les contrastes entre les différentes facettes, en misant davantage sur les expositions solaires, les ombres portées,…  Le deuxième atout est sa légèreté et sa technique de mise en œuvre non intrusive qui permet de préserver et de pérenniser les infrastructures existantes, tout en gardant le cap d’une optimisation budgétaire des interventions. Le troisième atout est sa technique de mise en œuvre, particulièrement bien adaptée pour le ‘lissage’ de parements présentant de multiples redents et aspérités. Enfin, le quatrième atout est énergétique, le nouveau complexe isolant permettant de répondre aisément à la réglementation PEB en vigueur. » Ce ‘lissage’ sera assorti, d’une part, de la redéfinition de l’entrée principale - désormais nichée dans un retrait de façades flanqués de panneaux de fibrociment de teinte gris foncé -, et, d’autre part, de la rehausse de ± 1,20 m du volume secondaire (côté nord), de manière à intégrer la nouvelle gaine d’ascenseur. Du côté droit du volume principal, les dépassants de toiture seront arasés dans l’alignement du crépi, de manière à améliorer la verticalité du volume, et ainsi lui donner un dynamisme plus prononcé. En façade est, une arête horizontale, formée par une surépaisseur plus importante de crépi (+ 10 cm), cassera adroitement le caractère monolithique de la salle des machines.

Le hall d’attente et les quais d’embarquement seront déposés sur un socle créé par l’atelier et le rez-de-chaussée du téléphérique. Cela se traduira par la coupure chromatique foncée réalisée par le bandeau vitré et le capotage des baies du hall d’attente. Enfin, la toiture principale, actuellement recouverte d’une étanchéité, sera complétée d’un substrat végétal, de manière à améliorer son aspect visuel notamment pour les passagers du téléphérique en provenance du fort.

« La démarche initiée sur la station aval sera répétée sur la station amont, par souci de cohérence dans l’approche architecturale globale », continue l’architecte de Contraste. « Le volume principal gardera son aspect initial. Néanmoins, les contreforts en moellons existants jouxtant les quais d’embarquement seront recouverts de crépi de teinte blanche et remis d’aplomb. Enfin, au niveau de la façade sud du restaurant, l’espace extérieur sera modernisé par la création d’une nouvelle toiture plate supportée par de nouvelles colonnettes, de teinte orange, positionnées aléatoirement, afin de donner un peu de peps à la devanture. »

Les menuiseries extérieures et les divers seuils et profils de finition seront de teinte gris foncé, afin de s’intégrer discrètement. Par ailleurs, les baies du hall d’attente et de l’atelier (station aval) et de la façade sud du restaurant (station amont) seront reliées par des capots métalliques de teinte identique aux châssis de manière à renforcer l’effet « bandeau vitré ». En outre, au niveau des baies des quais d’embarquement, de la salle des machines (station aval), de la façade nord du restaurant, les châssis seront devancés par un maillage métallique de teinte blanche (métal déployé ou tôle micro-perforée) qui, en première lecture, permettra de maintenir une enveloppe continue, unitaire, monochrome, et en seconde lecture, une certaine transparence au travers du maillage.

Zoom sur les façades et les toitures (Namur)

Pour la station aval, un parement en briques de teinte rouge-brun non nuancée habillera l’ensemble du volume bâti, en cohérence avec la chromatique du bâti avoisinant. Un bardage léger en panneaux métalliques nervurés thermolaqués de teinte ‘or’ sera utilisé pour identifier l’accès vers le téléphérique et couvrir le volume entourant la machinerie de l’étage. Ce bardage sera micro-perforé à certains endroits afin de permettre une transparence dynamique et esthétique, mais également de rappeler le bardage utilisé pour la station amont. De manière générale, un jeu subtil de lumières, de reflets, de transparence de forme, donnera une identité propre au bâti développé, muni de menuiseries extérieures de teinte gris clair.

Un pli dans la façade au niveau du rez-de-chaussée oriente le cheminement vers un escalier et un ascenseur qui permettront de desservir la plate-forme de départ et d’arrivée des télécabines. Cette liaison verticale sera intégrée au bâtiment.

La forme simple du volume créé pour la station amont est issue de la morphologie particulière du pavillon proche du projet et permettra de ne pas surcharger l’espace public. De manière à dissimuler au mieux les fonctions techniques du bâtiment et à créer une unité d’ensemble, un claustra métallique microperforé laqué en jaune or se développera autour du bâtiment et se prolongera face au pavillon. Ce bardage métallique permettra une transparence tout en laissant deviner les bâtiments situés à l’arrière. « Ce matériau est facile d’entretien, durable et résistant », précise Fabrizio Tengattini. « En effet, le laquage résiste bien au temps et aux dégradations éventuelles. Ce matériau de couleur chaude et lumineux nous semble apporter un bon répondant au bardage en bois employé pour le pavillon. Les auvents permettront d’animer la station amont au bardage linaire et de créer des espaces d’attente et de protection aux intempéries. » Les matériaux utilisés seront les suivants : bardage en fibrociment de teinte gris moyen pour le bâtiment, bardage ajouré en acier laqué couleur or pour les claustras, structure en acier galvanisé et sous-toiture en effet miroir pour les trois auvents, menuiseries extérieures de teinte gris clair ou de teinte jaune or pour se dissimuler dans le bardage.