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30 juli 2013 | TIM JANSSENS

Des éléments en acier comme valeur ajoutée pour l’élargissement du viaduc de la Pède

Le viaduc de la Pède à Dilbeek est un véritable monument en Région bruxelloise. Cet imposant pont ferroviaire en béton frappe les esprits par ses travées en arc, qui marquent le paysage depuis plus de 80 ans déjà. Le viaduc fut récemment élargi dans le cadre du projet RER. Des poutres d’acier en porte-à-faux de chaque côté du viaduc soutiennent désormais les deux voies supplémentaires reliant Bruxelles-Midi à Lombeek Sainte-Catherine. “Ce projet est un exemple parfait de la valeur ajoutée que peut apporter la construction en acier à de grands travaux d’infrastructure,” souligne Rob Godden, Sr. Business Development Manager chez l’entrepreneur Iemants.

Ouvrage intemporel

Le temps qui passe semble ne pas avoir de prise sur certains ouvrages, malgré la vitesse du progrès technologique. Le célèbre viaduc de la Pède compte parmi ces ouvrages intemporels. Même après plus de 80 années de service, ce monument classé impose toujours le respect. Il doit certainement son rang à ses proportions impressionnantes. Le viaduc mesure 520 m de long, 28 m de haut et compte pas moins de 16 travées en arc. Quand il fut achevé en 1932, il comptait parmi les plus longs du pays. Le viaduc enjambe toute la vallée de la Pède et permet aux trains de la ligne 50A (Bruxelles-Denderleeuw) de franchir l’obstacle sans pâtir de la déclivité du terrain.  

Dernièrement, le viaduc de la Pède a subi une transformation importante. Avec le déploiement du Réseau Express Régional (RER), par lequel Infrabel et TUC Rail veulent améliorer l’accès à la capitale tout en démêlant le noeud de la mobilité au niveau local, ce sont 5 lignes vers Bruxelles qui sont mises à 4 voies. L’une d’entre elles est la ligne 150A, ce qui implique le doublement de la capacité du viaduc de la Pède.  

 

Porte-à-faux en acier

Elargir le viaduc de la Pède n’était pas chose facile. Son statut de monument classé imposait de garder la structure en arc et l’aspect général du pont. “Le viaduc ne pouvait donc pas disparaître derrière de nouvelles piles et fondations. L’architecte a donc opté pour des structures en acier qui partent des piles du pont plutôt que pour de nouvelles structures en béton le long du viaduc,” raconte Gerd Steemans, Sr. Project Manager chez l’entrepreneur Iemants, qui s’est chargé de la pose des éléments en acier. “Environ 10 000 tonnes d’acier ont été utilisées pour le chantier. De part et d’autre du pont ont été placées des consoles d’acier triangulaires.  Celles-ci portent les poutres caissons sur lesquelles reposent les nouvelles voies. Les tabliers sont arqués pour accentuer encore la structure en arcs du viaduc. Les piles en béton, dont les fondations ont été rénovées pour les rendre plus résistantes, servent à leur tour de support pour l’extension en acier.”

 

La valeur ajoutée de l’acier

Il est clair qu’une solution globale comme celle-ci (à la fois résistante et esthétique) n’aurait sans doute pas été possible sans l’utilisation d’acier. La façon réfléchie avec laquelle Iemants a pu élargir le viaduc de la Pède est selon Rob Godden une preuve des nombreuses possibilités qu’offre la construction en acier dans le cadre de projets d’infrastructure : “L’acier est en général beaucoup plus flexible que le béton, certainement dans le cas de constructions complexes ayant un grande portée. L’acier permet une plus grande inventivité, aussi bien dans l’adaptation de l’existant que pour de nouvelles constructions (par exemple en rendant la construction plus fine en utilisant de l’acier de haute qualité). S’il faut percer un trou dans un ouvrage en acier, cela ne pose aucun problème. S’il faut faire de même dans un ouvrage en béton, il s’agit alors de ne pas endommager l’armature. En fait, le seul avantage du béton est sa résistance naturelle au feu alors qu’il faut appliquer sur les constructions en acier une couche supplémentaire pour les protéger en cas d’incendie, bien que cela n’ait pas été d’application pour la rénovation du viaduc de la Pède. Etant donné que les éléments en acier reposent sur les piles existantes du pont, nous n’avons pas eu besoin de couler de nouvelles fondations, ce qui a permis de faire des économies. Les constructions en acier sont souvent aussi plus vite achevées que des ouvrages en béton et sont tout aussi durables si elles sont correctement entretenues. Je suis donc intimement convaincu que l’acier permet la réalisation de nombreuses solutions durables et intelligentes,” conclut Rob Godden.

 

 

Note : Cet article est paru précédemment en néerlandais dans Grond/Weg/Waterbouw.