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23 november 2015 | YASMINE DEPRET

L’opportunité du BIM pour les architectes (UPA-BUA) – partie 1

The building’s lifecycle and its stakeholders, in The Belgian Guide to Building Information Modelling, ADEB-VBA 2015 Illustratie | François Denis

Ce 18 novembre, l’UPA a permis à quelques professionnels d'intervenir à l’Architects House de Bruxelles lors d'une soirée consacrée aux enjeux du BIM. Tous ont apporté leur contribution pour démontrer une fois de plus l’intérêt de cette nouvelle méthode de collaboration et donner quelques pistes pour une implémentation au sein des plus petites structures. Voici en résumé quelques points clés des différentes interventions.

BIM manifest for Belgium

Le lancement récent du guide de bonnes pratiques du BIM en Belgique par  les associations professionnelles représentatives ADEB-VBA, G30, ORI, SECO et IFMA, a été mentionné en guise d’introduction. L’ADEB rappelle à cette occasion que le BIM n’est pas une nouvelle mode mais un changement de paradigme supporté par une nouvelle façon de penser et de faire. Les bénéfices de l’utilisation du BIM sont ressentis par tous les intervenants du processus constructif. La combinaison de ces bénéfices assure en outre au maître d’ouvrage un meilleur bâtiment à prix réduit. Le guide BIM pour l’industrie belge vise à permettre à un « BIM process manager » d’élaborer un protocole BIM spécifique au projet.

 

Les fondamentaux du processus BIM

Didier Hoffman (ASSAR Architects), auteur de formations Revit disponibles en ligne et sur DVD, a ensuite rappelé brièvement ce qu’est le BIM : une méthode de travail qui permet de gérer les bâtiments tout au long de leur cycle de vie. Du point de vue du dessin, cela consiste essentiellement à ajouter au CAD des bases de données qui seront utilisables à toutes les phases, de la conception à la démolition. Les informations sont centralisées dans le modèle et le logiciel se charge de produire les différentes vues du projet. Les objets 3D utilisés, paramétriques et intelligents, pourront être progressivement affinés au long de la conception.

Classiquement, la coordination des différentes spécialités se fait au moment du chantier, ce qui génère des coûts importants liés aux erreurs de conception. Avec le processus BIM, les modifications se font en amont et cela coûte bien moins cher. De plus, sur le coût global d’un bâtiment, environ un quart concerne la construction et une très grande part concerne l’entretien. Dans cette optique, les logiciels de gestion de patrimoine peuvent désormais intégrer directement les données issues du BIM.

La maquette numérique est une réplique virtuelle du bâtiment réalisé : On ne peut donc prétendre faire véritablement du BIM qu’à partir du moment où tous les intervenants y contribuent. Chacun va en effet apporter au modèle son input de spécialiste (spécifications, études thermiques, planning, visualisation, etc.). Il faudra néanmoins encore prendre en compte certains problèmes de coordination, concernant par exemple l’échange de données ou la maintenance du modèle. La nécessaire normalisation des procédures devrait idéalement faire l’objet d’une réflexion au sein d’un groupe de travail au niveau national.

Les processus vont différer selon l’usage qui est visé : On parlera de 4D si la notion de temps est intégrée au modèle, de 5D si on y intègre les coûts, de 6D pour les analyses et de 7D pour la gestion du patrimoine. Il en ressort qu’une adoption progressive de la méthode est conseillée, à partir de la simple modélisation 3D, et en progressant par paliers vers une complexité croissante.

 

Adoption dans les petites structures

Vincent Martin, architecte (BIMplan) s’est penché sur la problématique de l’implémentation du processus BIM au sein de petites structures. Il estime que le BIM représente en moyenne :

  • Un investissement d’environ 10 000 euros par personne ;
  • La contrainte psychologique de laisser de côté tout ce qui a déjà été fait ;
  • Une formation qu’il faut pouvoir suivre.

Il apparaît pour les petits projets qu’il n’est souvent pas nécessaire de recourir à des intervenants externes : Tous les outils sont disponibles pour pouvoir réaliser soi-même des études telles que la gestion des fluides ou l’extraction des quantités, pour ne citer que cela. Les composants intègrent toute l’information nécessaire (prix, coefficients thermiques, volume, poids, etc.), mais il est vrai que certains de ces paramètres sont encore en cours de normalisation.

Du point de vue de l’organisation du bureau d’architecte, des initiatives privées émergent (en France notamment) pour lier le BIM aux solutions d’office management existantes. On constate qu’il y a une logique de simplification à l’œuvre, mais en pratique, il faudra quand même apprendre à maîtriser le processus. Il est à nouveau conseillé de se former progressivement et avec des étapes claires : pour une utilisation purement graphique, puis pour utilisation en phase permis, puis en phase de soumission, etc. La soumission avec le BIM, requérant un niveau de détail plus élevé, pourra en effet être implémentée dans un second temps.

Florian Campion, architecte et formateur Revit chez Tase, a encore précisé que la maquette 3D permet de convaincre et de communiquer efficacement autour du projet. Elle permet également de visualiser les phases de construction (existant / neuf / à démolir / démoli) et conserve de la sorte l’historique du bâtiment. En utilisant les phases dans le logiciel, on travaille directement sur le modèle existant, sans les duplications souvent sources d’erreurs. Le scan 3D (nuage de points) est une option qu’il faut envisager en cas d’intervention sur un bâtiment existant, car il permet de gagner beaucoup de temps sur la phase relevé. La visualisation ainsi obtenue peut règlementairement être acceptée en phase permis, même s’il reste conseillé de s’en assurer.

 

À suivre dès la semaine prochaine…