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02 december 2015 | YASMINE DEPRET

L’opportunité du BIM pour les architectes (UPA-BUA) – partie 2

Impact des modifications au projet en fonction de l'avancement et de la méthode employée. Illustratie | Thomas Vandenbergh

Ce 18 novembre, l’UPA avait réuni quelques professionnels à l’Architects House de Bruxelles pour une soirée autour des enjeux du BIM. Tous ont apporté leur contribution pour démontrer une fois de plus l’intérêt de cette nouvelle méthode de collaboration et donner quelques pistes pour son implémentation. Voici donc la suite de notre résumé des interventions.

Le logiciel Autodesk Revit

Martin Brochier, ir-architecte, consultant chez Tase, a fait un tour d’horizon des compléments indispensables au logiciel Revit : Dynamo pour la modélisation paramétrique, IESVE pour l’analyse des performances, ou encore C3A pour les métrés et les cahiers des charges. La codification du cahier des charges-type CCTB2022 de la Région Wallonne a été adoptée chez Tase, mais d’autres systèmes de classification existent. Par exemple, Cuneco – centre danois pour la productivité en construction – a produit une classification spécifique au BIM, dans l’objectif d’une standardisation au niveau européen. On l’utilise actuellement avec le plugin Spine.

 

Le BIM dans une entreprise de construction internationale

Thomas Vandenbergh, dr-ingénieur structure, superviseur BIM chez Besix, a insisté sur le fait que le BIM est une obligation pour maintenir la compétitivité  des entreprises. En tant que coordinateur,  il est impératif de savoir rédiger un protocole BIM. Pour les architectes, la valeur ajoutée résidera dans l’aide à la gestion des informations BIM. Une entreprise générale rencontre en effet beaucoup de problèmes de synthèse qui lui coûtent plus cher que des prestations d’architecte. Par ailleurs, on a aujourd’hui six fois plus de chances de remporter une soumission avec le BIM qu’avec le CAD, qui ne garantit pas la constructibilité d’un projet à plus de 43% (contre 98% avec le BIM). Enfin, la quantité d’information à gérer au stade de la réception est énorme, et il est nécessaire de développer l’usage du numérique sur chantier.

 

L’enseignement et la normalisation

Abdelkader Boutemadja, architecte, professeur à l’ULG et membre du Conseil des Architectes Européens, a introduit la directive européenne 2014/24/UE, qui pousse à la mise en place des moyens de la numérisation dans le secteur de la construction, ainsi que les travaux de normalisation en cours, particulièrement au sein du comité technique européen CEN/TC 442, ou encore au niveau international avec le comité technique ISO/TC59/SC13 (Pour exemple, la norme ISO 16739 vise le format d’échange IFC).

Sur le plan de la formation des jeunes architectes, une intégration de la technologie BIM à l’atelier de projet reste à mettre en place. Les arguments sont nombreux car le BIM permet de dépasser l’aspect purement visuel de la modélisation pour introduire un processus d’élaboration progressive du projet et de collaboration, ce qui peut favoriser l’apprentissage de l’architecture telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

 

Les architectes face au BIM

Léo Van Broeck, ir-architecte, professeur à la KU Leuven et président de la FAB, a conclu la soirée sur les enjeux et les défis de l’adoption du BIM par les architectes : Le développement du BIM est en effet l’occasion de s’interroger sur le montant minimum des honoraires exigibles si l’on tient compte de la surcharge de travail et de l’investissement à effectuer. Il n’est pas raisonnable de penser pouvoir s’appuyer sur les compétences des stagiaires pour implémenter le BIM, alors que des professionnels d’expérience doivent encore être formés. La possibilité de pouvoir employer sous contrat de travail des collaborateurs spécialisés doit être envisagée, et il faut aussi penser à mutualiser les moyens. Le BIM devient en effet la seule méthode à même de répondre aux nombreux défis qui attendent les architectes, notamment en matière de gestion du cycle de vie des bâtiments, de production de solutions hautement qualitatives, d’analyses de performances ou, plus généralement, de collaboration, d’intégration et d’optimisation des différentes expertises.