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04 maart 2020 | JOHAN DEBIÈRE

Archi-militant : Covid-19, le biomimétisme à la rescousse ?

Le concept protecteur de l'architecte Sun Dayong, paradoxalement inspiré du mammifère qui inspire sans doute le plus de crainte pour l'instant. Illustratie | Sun Dayong

C'est souvent dans l'adversité, et en se laissant guider par la nature, que l'on arrive à résoudre ses problèmes. Il en va ainsi en cette période d'incertitude sanitaire liée à la crise du Covid-19.

 

En Chine, l'architecte Sun Dayong a imaginé un concept de protection englobant la partie supérieure du corps. Dotée de technologies de désinfection aux UV, son concept Be a Bat Man consiste en un bouclier constitué de supports en fibre de carbone en forme d’ailes de chauve-souris. Le tout serait porté comme un sac à dos et un film en PVC parcouru de fils chauffants s'étendrait entre ces supports, telle la membrane d'une aile de chauve-souris, à mi-chemin entre la cabane portative et la coquille d'escargot (pour celles et ceux que la seule évocation du terme chauve-souris fait frémir). Ce petit mammifère vecteur de la transmission du virus -inoffensif par ailleurs en tant que tel et même utile à la biodiversité- s'emballe en effet littéralement à la levée du jour dans ses membranes alaires afin de passer une bonne... journée.

C’est en observant attentivement et avec intérêt les habitudes diurnes de la chauve-souris que Sun Dayong a pu retirer quelque chose de constructif de cet animal indirectement responsable de la propagation du funeste coronavirus. En procédant de la sorte, Sun Dayong a appliqué les préceptes du biomimétisme et en a sorti quelque chose qui remplacera peut-être rapidement les masques respiratoires dits masques respiratoires en... bec de canard (tiens, encore une référence au monde animal et à un élément factuel qui nous protège des agressions extérieures).

En réalité, en architecture et dans de nombreux autres secteurs, les emprunts à la nature sont nombreux. On aurait pu parler des bâtiments à climatisation passive inspirées des termitières. Ou encore du Swiss Re Headquarter de Londres dont la conception et la forme sont directement reposent sur l’observation de la corbeille de fleurs de Vénus (Euplectella), sorte d'éponge siliceuse marine d'eau profonde. Dans cet exercice d’inspiration puisée dans l’observation de la nature, Sun Dayong n’est donc pas seul. Nombre de ses collègues comme l’anglais Michael Pawlyn ou le français Manal Rachdi qui opère au sein de la structure parisienne Oxo Architects trouvent eux aussi dans l’observation de la nature nombre de solutions ingénieuses afin de nous permettre de mieux vivre.

La morale de cette histoire ? Elle est double: d’une part, tirez toujours parti des événements qui surviennent, même les plus malheureux. D’autre part, n’oubliez jamais que la nature est toujours de bon conseil.

 

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