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04 juni 2015 | PHILIPPE SELKE

Clerkenwell Design Week : oeuvre spectaculaire en bois feuillus américains

Illustratie | Petr Krejci Photography
Illustratie | Petr Krejci Photography

Cette scénographie de plus de de trois mètres de haut célèbre le travail du bois et de l'artisanat. En l’espace de trois mois deux des plus brillants jeunes talents du Royaume-Uni, Sebastian Cox et l’artiste Laura Ellen Bacon ont élaboré cette structure en bois feuillus américains, qui a été exposée fin mai pendant la Clerkenwell Design Week (CDW) sous l’arche d’entrée de l’ancien prieuré de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à Londres.

Appelée la "Réserve Invisible du Bonheur", cette scénographie spectaculaire fabriquée à la main en érable et merisier américain, se compose d'un impressionnant châssis cintré dans lequel ont été tissés des rubans de bois, qui ont été façonné à la main pour créer un tourbillon de formes qui ressemble un peu à une chevelure.

« En tant que sculptrice, j'ai apprécié le niveau de raffinement que l’on peut obtenir avec ces bois au niveau des formes » dit Laura Ellen Bacon. « Cette oeuvre est le fruit d’une véritable collaboration : Sebastian et moi avons véritablement fusionné nos deux approches au niveau de la forme et de la fonction, pour acquérir une nouvelle tonalité à partir de la fusion de nos deux approches ».  Sebastian Cox était à l’initiative du projet et animé par son intérêt grandissant pour l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), il a soumis son idée à l'AHEC. Cox est surtout connu pour la fabrication de meubles faits à la main à partir de bois locaux provenant des forêts du Royaume-Uni avant de s’intéresser au travail précurseur de l'AHEC dans le domaine de l’ACV. Il a demandé à Laura Ellen Bacon, dont il a toujours admiré les sculptures poétiques en osier si elle accepterait de participer à ce projet.  L'American Hardwood Export Council (AHEC) a soutenu le projet pour permettre à ces deux jeunes talents d’expérimenter ces deux essences, largement sous-utilisées et démontrer leur potentiel créatif.

 

Un travail d'ébénisterie remarquable

Fabriqué à partir de bois de merisier et d'érable, cette structure en bois de 2,8 mètres de haut et 4,4 mètres de long comprend deux sections autoporteuses séparées l’une de l’autre et en forme d’ellipse à chaque extrémité. Pour obtenir ces courbes, il a fallu un remarquable travail d’ébénisterie à grande échelle. D’abord les sections de merisier ont été étuvées à une température très élevée pendant deux heures avant d’être cintrées à façon sur des moules sur mesure. Des serre-joints ont maintenues chaque longueur de merisier pour que, une fois refroidie, elle adopte exactement la courbe recherchée. « Ces formes d’ellipses sont créés à partir de 14 sections courbes différentes parce que nous n’aurions jamais pu la fabriquer d’un seul tenant » explique Cox. L’assemblage de ces grands arcs cintrés se fait avec des entures à sifflets tandis que les rayons horizontaux qui deviennent ensuite des rubans s’encastrent dans les arcs avec 380 joints en tenons et mortaises. Un système ingénieux a été mis au point pour trancher en formes de rubans des sections de bois massifs. Ces derniers ont ensuite été assouplies dans la Tamise qui longe l'atelier de Sebastian Cox à Woolwich. Ces lanières de bois sont ensuite tressées manuellement dans la puissante armature en bois massif. Et pourtant l’équipe a travaillé avec des qualités de sciages relativement moyens qui comportent des noeuds et des caractéristiques naturelles. Cela donne au merisier notamment, un aspect plus clair et rustique qui change complétement son aspect des finitions sombres que l’on employait traditionnellement pour le mobilier en merisier.

 

Un impact carbone inférieur à celui d'un iPhone 6

Derrière cette création libre et abstraite se cache une démarche scientifique rigoureuse. En effet l'AHEC investi depuis plusieurs années maintenant pour faire établir un Profil Environnemental Produit (PEP) de chacune de ces scénographies, par les experts indépendants du cabinet thinkstep (anciennement PE International) à partir de l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) que ces derniers ont modélisé à partir des données environnementales collectées à travers toute la filière. La durabilité de la Réserve Invisible du Bonheur a également était établie, en utilisant les dernières techniques de modélisation de l’ACV.

Après avoir fait des recherches l’équipe de création s’est fixée comme objectif de produire moins d’émissions carbone dans la fabrication de cette structure en bois de 2,8 mètres de haut et 4,4 mètres de long que pour fabriquer un iPhone 6 d’Apple. « Chaque étape dans le processus de fabrication a été examiné pour aboutir à un impact final de 36 kg de CO² ce qui est bien inférieur au 110 kg d’un iPhone 6 ». Sebastian Cox ajoute, « Nous pouvons également utiliser les données de l'AHEC et du US Forest Service pour calculer dans quel délai le volume de bois utilisé sera remplacé dans les forêts des États-Unis grâce à la régénération naturelle. Par exemple le volume de bois utilisé pour cette scénographie est régénéré en seulement 13 secondes ! Je crois que les designers devraient prendre davantage conscience de la méthode ACV et nous devrions plus nous impliqués dans la mesure de l'impact environnemental des objets que nous concevons et fabriquons. De même, les gens devraient être en mesure de connaître le véritable impact environnemental des choses qu'ils achètent ou possèdent dans leur maison. Des projets comme celui-ci démontrent l'importance de méthodes comme l’ACV ».

GERELATEERDE DOSSIERS