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17 juni 2019

Bruxelles présente sa 'stratégie rénovation' pour les 30 prochaines années

Illustratie | Xavier Claes
Illustratie | Cabinet Ministre Céline Frémault
Illustratie | Cabinet Ministre Céline Frémault

La Belgique doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35% d’ici 2030. Alors que le secteur résidentiel et les bureaux représentent 74% de la consommation énergétique de la Région bruxelloise, alors que 85% des 573.276 logements bruxellois ont été construits avant les années '60 et  alors que 30% des bâtiments ne sont pas isolés du tout dans la capitale, la stratégie rénovation bruxelloise entend pourtant réaliser cet immense potentiel de rénovation. Une volonté clairement affichée, des moyens importants mis en œuvre, des actions afin de modifier les comportements... dans le but d'obtenir des résultats avérés, échelonnés entre 2030 et 2050. Du travail en perspective pour tous les professionnels de la construction !

 

« La lutte contre le réchauffement climatique et la politique énergétique à Bruxelles a été menée de manière intégrée, ambitieuse, capable d’amorcer le tournant indispensable de la transition énergétique. En cinq ans, ce parcours a été jalonné de moments importants, tous participant à l’élaboration d’une vision à long terme de notre avenir énergétique capable d’atteindre l’objectif d’une société bas carbone en 2050. » explique Céline Frémault, la Ministre bruxelloise de l’Environnement et de l’Energie.

Le PNEC et ses nombreuses mesures à mettre en œuvre

Le PNEC (Plan National Energie Climat) 2030, adopté par les entités régionales et fédérale en décembre dernier, définit un double cap pour la Région de Bruxelles-Capitale. Pour répondre à ses engagements, Bruxelles devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 32% (par rapport à 1990) d’ici 2030. Ces émissions devront être réduites de minimum 80% à l’horizon 2050 visant ainsi de faire de Bruxelles une ville bas-carbone. Dans ce cadre, le PNEC consiste en une compilation des mesures que chacune des entités propose de mettre en œuvre afin de lui permettre d’atteindre ses objectifs. La stratégie rénovation bruxelloise est appelée à en devenir une des mesures phares et entend accélérer et amplifier une transition énergétique d’ores et déjà engagée.

Des actions ont été prises pour combattre les changements climatiques : réforme des primes énergie pour encourager les travaux. Les moyens sont concentrés sur l’audit et les travaux d’isolation et de chauffage aux bénéfices de tous (ménages, entreprises, collectivités et pouvoirs publics) ; création d’un programme d’équipement des toitures publiques régionales et communales de panneaux solaires photovoltaïques (SolarClick) ; renforcement du programme d’aide à l’efficacité énergétique pour les bâtiments publics (NRClick) ; mise en place d’un programme de soutien et d’accompagnement des entreprises en matière énergétique (Pack entreprise) ; adoption d’outils de soutien au déploiement des énergies solaires à Bruxelles dont le mécanisme des certificats verts, la réalisation et mise à disposition libre et gratuite de contrats-types, renforcement du prêt vert bruxellois, mise en ligne de la cartographie solaire bruxelloise... La Région de Bruxelles-Capitale a jeté les bases solides d’une transition énergétique qu’elle veut ambitieuse et efficace, capable de répondre à l’enjeu climatique auquel nous faisons face.

Déjà bien, mais il faut aller plus loin !

S’inscrivant dans la dynamique qu’il a engagé, le Gouvernement bruxellois veut aller encore plus loin. Fin de l’année 2018, à la demande de la Ministre de l’Environnement et de l’Energie, Bruxelles Environnement a réalisé une large consultation des acteurs des secteurs de la construction, de l’économie, du logement, du social, de l’énergie et du patrimoine. Cette consultation avait pour objectif de leur présenter le projet de stratégie régionale et d’ajuster ce dernier en fonction des commentaires formulés. Une fois le projet adapté pour tenir compte au mieux des réalités sociales, économiques et techniques bruxelloises, la Région de Bruxelles-Capitale a adopté sa stratégie de réduction de l’impact environnemental du bâti existant aux horizons 2030-2050. 34 fiches-actions, une feuille de route établie pour que chacun puisse réduire durablement sa facture énergétique et son impact sur l’environnement. Une stratégie pour faire de Bruxelles une ville bas-carbone en 2050.

Adoptée par le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale le 25 avril 2019, la stratégie rénovation bruxelloise fixe un objectif de consommation de 100kWh/m²/an en énergie primaire en moyenne pour les bâtiments résidentiels à l’horizon 2050, soit un niveau moyen de performance équivalent à un PEB C+ pour l’ensemble du parc. Concrètement, cela se traduira par l’établissement obligatoire d’un certificat PEB pour tous les logements. Cette étape préliminaire devrait être mise en oeuvre au plus tard en 2025. Ce certificat servira de base à l’établissement d’une feuille de route « personnalisée » propre à chaque bâtiment et tenant compte de ses particularités. Ce certificat « nouvelle génération » listera les mesures prioritaires (mais non obligatoires) qui devront être prises afin de permettre au bâtiment d’améliorer sa performance énergétique et d’atteindre, à terme, le plus haut niveau de performance atteignable.

De manière pratique, sur base des recommandations du certificat PEB devenu obligatoire, les propriétaires de logements devront réaliser au maximum tous les cinq ans une des interventions préconisées. Isolation de la toiture, des murs, des sols, remplacement des fenêtres ou encore du système de chauffage, équipement du bâtiment de capacités de production d’énergie renouvelables… Autant de mesures qui pourront être réalisées pour permettre à chacun de prendre part à la transition énergétique. A chaque balise temporelle fixée par la législation, les propriétaires devront justifier de la bonne exécution des travaux.

En fonction de la typologie des bâtiments

Le niveau de performance minimum à atteindre en 2050 sera fixé en fonction de la typologie du bâtiment, l’objectif étant de réaliser pleinement le potentiel d’économie du bâtiment au plus tard en 2050. Pour les logements collectifs, les obligations seront imposées à l’échelle de l’appartement et de l’immeuble. La toiture, les façades et autres parties communes seront abordées au travers d’un rapport obligatoire spécifiquement développé à cet effet, qui se fondera sur toutes les recommandations émises par les certificats PEB au sujet des parties communes. La copropriété sera responsable de la mise en oeuvre des recommandations portant sur les parties communes.

Pour le secteur tertiaire enfin, la stratégie de rénovation bruxelloise prévoit la mise en place d’un système équivalent à celui du secteur résidentiel avec un objectif plus stricte. L’objectif est de faire tendre le secteur tertiaire vers des bâtiments neutres en énergie d’ici 2050.